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ÉconomieFrance

Budget : le cri d'alarme des producteurs de vin pour une fiscalité allégée

latribune.fr

Publié le 22 octobre 2024 à 16:15 - Mis à jour le 22 octobre 2024 à 22:17

« On ne sera plus propriétaire de nos terres parce qu'on n'y arrivera plus », a dénoncé ce mardi Thiébault Huber, président de la Confédération nationale des appellations d'origine contrôlée.

« On ne sera plus propriétaire de nos terres parce qu'on n'y arrivera plus », a dénoncé ce mardi Thiébault Huber, président de la Confédération nationale des appellations d'origine contrôlée.

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Les vignes deviennent un « cadeau empoisonné » pour les enfants de viticulteurs qui « vont s'endetter pendant 40 ans » afin de régler les frais liés à la transmission familiale et ne pourront investir, a alerté ce mardi un représentant de la filière viticole française.

« On est en train de perdre des joyaux » que seuls des investisseurs financiers ou des grands groupes ont les moyens de reprendre, a affirmé lors d'une conférence de presse Jérôme Bauer, président de la Confédération nationale des appellations d'origine contrôlée (Cnaoc). Les deux difficultés pointées : la valeur des vignes qui s'envole et une fiscalité sur les transmissions qui empêche la nouvelle génération de prendre la suite, affirme-t-il.

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Résultat, la transmission des parcelles de raisin devient un « cadeau empoisonné » pour les enfants de viticulteurs. Ces derniers « vont s'endetter pendant 40 ans » afin de régler les frais liés à la transmission familiale et ne pourront investir, a explicité Jérôme Bauer.

Remplacés par des grands groupes ?

« On ne sera plus propriétaire de nos terres parce qu'on n'y arrivera plus », a renchéri Thiébault Huber, pour la Bourgogne, où un « groupe de luxe » - en l'occurrence LVMH - vient d'acheter 1,3 hectare pour 15,5 millions d'euros. « Souvent on entend "c'est des problèmes de riches" », mais « ça a détruit des familles », a soulevé Thiébault Huber.

« Ce qu'on veut, c'est transmettre à nos enfants, installer des jeunes, continuer à faire vivre une histoire », a plaidé Maxime Toubart, du SGV Champagne, lançant un « appel du cœur vers les parlementaires », tout en reconnaissant que l'évaluation du coût de la mesure restait à faire.

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Pour illustrer le problème, le syndicat général des vignerons (SGV) de la Champagne a donné cet exemple : à l'heure actuelle en Champagne, un hectare vaut autour d'un million d'euros. Pour le racheter à son parent, un enfant doit verser 150.000 euros à l'Etat, contre 50.000 avec la mesure défendue par la profession.

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Comme le principal syndicat agricole FNSEA, les organisations viticoles demandent un élargissement aux terres agricoles du « pacte Dutreil ». Pour rappel, ce dernier est un dispositif qui allège fortement la fiscalité des transmissions d'entreprises familiales. En échange, précisent-elles, les repreneurs s'engageront à ne pas vendre les parcelles avant au moins 15 ans.

Faire face au dérèglement du climat

Outre la transmission des exploitations, la filière du vin français doit faire face à un autre défi de taille : une météo capricieuse, avec l'apparition de gel de printemps, de plus en plus souvent de grêle et de grosses pluies. « De manière générale, ce climat chaotique, qui évolue par à-coups, devient un casse-tête agronomique », avait confié début septembre à La Tribune, Michel Chapoutier, président de l'Union des maisons et marques de vin et promoteur de la culture en biodynamie.

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« La filière viticole doit s'adapter sinon, on ne boira plus du vin que dans les musées »

Et d'ajouter : « Le réchauffement climatique conduit à une évolution de la qualité de nos raisins. Il nous amène à produire des vins de plus en plus alcooleux. Plus il fait chaud, plus le taux de sucre présent dans le raisin est élevé. (...) La filière viticole doit s'adapter sinon, on ne boira plus du vin que dans les musées. »

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Une production mondiale de vins en baisse

Selon les dernières estimations fournies lundi par l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la production mondiale a été affectée par de mauvaises conditions climatiques, et devrait s'approcher du bilan de 2023, qui avait donné le plus faible volume produit en plus de 60 ans.

« Les premières indications suggèrent que 2024 sera une nouvelle année de production relativement faible, le plus probablement sous les 250 millions d'hectolitres », a déclaré à l'AFP le directeur général de l'OIV, John Barker, devant le 45e congrès de son organisation, qui s'est tenu à Dijon.

Pour rappel, en 2023 les vignerons du monde avaient produit 237 millions d'hectolitres, leur plus faible vendange depuis 1961, sous l'effet d'événements climatiques extrêmes, sécheresses, vagues de chaleur, gel précoce, inondations.

(Avec AFP)

latribune.fr

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