Carrefour va fermer 243 magasins ex-Dia, 29 seront repris

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Carrefour va se séparer de 243 magasins ex-Dia (sur 272), conséquence du plan de restructuration de l'entreprise dévoilé en janvier.
Carrefour va se séparer de 243 magasins ex-Dia (sur 272), conséquence du plan de restructuration de l'entreprise dévoilé en janvier. (Crédits : Reuters)
Carrefour a annoncé lundi 4 mai aux syndicats la reprise de 29 magasins ex-Dia, concernant 195 salariés. Les 243 autres commerces sont, eux, voués à fermer dès le 1er juillet, après homologation du Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Près de 1.900 employés sont directement concernés.

Les salariés de Carrefour sont désormais fixés sur leur sort. Lundi, à l'issue de la présentation du bilan des offres de reprise reçues par le groupe aux syndicats, la direction de Carrefour a confirmé à l'AFP que sur les 272 magasins ex-Dia - un ayant déjà été cédé depuis janvier - seuls 29 seront repris, concernant 195 salariés. Ainsi, faute des repreneurs, les 243 commerces restants fermeront.

Il y a quelques jours encore, une porte-parole du groupe avait parlé de 227 fermetures potentielles, faisant état de maigres offres de reprise. Serait en cause, le manque d'attractivité des anciens magasins Dia.

Lire aussi : Carrefour prêt à fermer 227 magasins en France le 4 juin

Un bilan qui ne devrait plus évoluer

À la tête du géant de la distribution depuis l'été dernier, Alexandre Bompard a annoncé la couleur en janvier, en présentant un plan de restructuration des activités de Carrefour, passant par un virage vers le commerce en ligne et le bio. En plus de la cession des ex-magasins Dia, l'enseigne prévoit aussi la suppression de 2.400 postes dans ses sièges français, via un plan de départs volontaires.

Cyril Boulay, délégué syndical FO, a précisé que Carrefour n'envisage pas d'autres cessions d'ici fin juin. Dans le détail, 56 magasins devraient fermer dans la zone Nord, 38 dans la zone Nord-Ouest, 25 dans le Centre-Ouest, 21 à Paris, 59 dans le Rhin-Rhône et 44 dans le Sud.

Parmi les enseignes positionnées sur les 29 magasins repris figure, par exemple, le discounter néerlandais Action. Dans ce cas, s'agissant d'une activité différente, le transfert des contrats des personnels n'est pas automatique.

Carrefour a-t-il ignoré un projet de reprise de 152 magasins ex-Dia ?

Forcément, la nouvelle passe mal auprès des syndicats. Frédéric Roux, délégué CGT, a déploré ce résultat qui intervient malgré "400 marques d'intérêt de repreneurs potentiels sur 200 magasins". Il va même plus loin : selon lui, un projet de reprise de 152 magasins par un cadre du groupe, accompagné par des investisseurs et communiqué en février, n'aurait pas été pris en compte. Le notaire qui suit le dossier a écrit fin mai à Carrefour pour faire part de son souhait de rencontrer "rapidement" la direction.

Carrefour, "entièrement mobilisé depuis des mois" pour trouver des repreneurs, n'a "étudié en profondeur que les offres fermes" et a privilégié les "offres viables et pérennes", a indiqué à ce sujet la direction, en évoquant parmi les propositions reçues des "offres très sérieuses" et d'autres "plus fantaisistes".

La CGT s'était interrogée vendredi 1er juin sur la volonté de Carrefour de chercher des repreneurs pour les ex-magasins Dia, rachetés en 2014, ce qui revient à les "céder à des enseignes concurrentes".

Des fermetures dès le 1er juillet

Le syndicat évoque d'ailleurs cette question dans un courrier adressé à l'administration du travail (Direccte) à propos de l'accord signé sur le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). La CGT y met aussi en cause la loyauté des négociations.

Le CCE a par ailleurs voté un avis défavorable (consultatif) au projet de restructuration de la filiale proximité, selon les syndicats. Outre les 273 magasins dont le Pdg, Alexandre Bompard, avait annoncé en janvier la fermeture ou la cession, 79 doivent passer en location gérance.

La décision de la Direccte sur le PSE est attendue fin juin. Si l'accord est homologué, les fermetures de magasins interviendront à partir du 1er juillet.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 05/06/2018 à 10:23 :
Encore un échec de l'oligarchie française, nos vieilles familles blindées sont incapables de faire du blé sans se faire aider par l'état français.

ET encore une fois ce sont les salariés, ceux qui n'y sont pour rien, qui en font les frais.

Nos dirigeants économiques et leurs chienchiens politiciens adorent mesurer nos performances afin que l'on se déchire entre nous. Quand-est-ce qu'ils appliquent ce principe à eux mêmes ?

Ben oui pas facile de se remettre en question quand on a toujours tout eu sans rien faire hein... -_-
Réponse de le 05/06/2018 à 11:23 :
De toute évidence, il vaut mieux travailler dans le groupe Auchan, détenu à 100% et développé par une vieille famille blindée, que chez Carrefour, dont le capital est ouvert...
Réponse de le 05/06/2018 à 14:25 :
Faut évoluer et être moderne : c'est les actionnaires qui comptent, pas les salariés ! :-((
Réponse de le 06/06/2018 à 7:57 :
parce que c'est l'état qui paie sa retraite ou plutôt "dividende ? si vous étiez capable d'obtenir le même salaire, le refuseriez vous ? Les gens "blindés" ont pris des risques et vous ?
Réponse de le 06/06/2018 à 8:38 :
@ brunodb :

"De toute évidence, il vaut mieux travailler dans le groupe Auchan, détenu à 100% et développé par une vieille famille blindée, que chez Carrefour, dont le capital est ouvert..."

Peut-on faire plus binaire comme pensée ? Signalé

@ jpl6

Oui voilà et l'europe est tellement moderne que les états unis d'un clignement d'oeil l'humilient... Au secours.
Réponse de le 06/06/2018 à 9:45 :
"Les gens "blindés" ont pris des risques et vous ?"

Ah bon et Il risque quoi l'héritier ???

Vous trollez.

@ bruno bd je vous ai répondu mais ma réponse n'est pas passée

@jpl6 je vous ai répondu mais ma réponse n'est pas passée.

Les voies de la modération étant décidément impénétrables...

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