Ce qu'il faut retenir de l'interview "électrique" d'Emmanuel Macron
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Emmanuel Macron
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Au terme de la première année de son quinquennat, Emmanuel Macron a répondu dimanche aux questions de Jean-Jacques Bourdin (BFM/RMC) et d'Edwy Plenel (Mediapart). Exit la salle de classe dans l'Oise, place à un cadre plus conventionnel : le théâtre national de Chaillot, dans le XVIe arrondissement de Paris, la Tour Eiffel en toile de fond. Sans surprise, le dialogue a été "électrique" entre le président de la République et les deux journalistes, connus pour leur forte personnalité. Et à la différence de l'entretien accordé jeudi dernier sur TF1, le chef de l'État, poussé dans ses retranchements, a fait quelques annonces inédites notamment sur le fameux "verrou de Bercy", sur la dépendance, la santé, la réforme des retraites ou encore sur la reprise progressive de la dette colossale de la SNCF. Voici les principaux points à retenir de l'interview présidentielle.
D'entrée de jeu, et sans hésitation, le président a défendu les frappes françaises, américaines et britanniques menées le 14 avril contre des sites du régime syrien à Douma, ex-enclave rebelle de la Ghouta orientale, hors du cadre des Nations unies.
(Lire notre article à part : Macron sur la Syrie : des missiles pour "ouvrir le dialogue")
Ensuite, Emmanuel Macron a fait l'une des premières propositions de la soirée sur ce qu'on appelle le "verrou de Bercy". Aujourd'hui, seul le ministre du Budget peut déposer plainte contre un individu soupçonné de malversations fiscales - un procureur ou une partie civile ne le pouvant pas. Et selon la décision du ministre des Finances, les fraudeurs peuvent donc éviter des poursuites judiciaires. À la remarque d'Edwy Plenel soulignant que seulement "20% des cas de fraudes fiscales les plus importants sont transmis à la justice", Emmanuel Macron a fait une ouverture :
Manon Rescan, journaliste au service politique du Monde, souligne qu'une mission d'information sur une levée du verrou de Bercy - qui divise la majorité - est actuellement menée à ce sujet à l'Assemblée nationale, notamment par la député LREM Emilie Cariou, ancienne de l'administration de Bercy et de l'Autorité des marchés financiers.
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Point chaud de la soirée, l'évasion fiscale justement. Emmanuel Macron a botté en touche lorsque Jean-Jacques Bourdin a évoqué ses relations "amicales" avec Bernard Arnaud (LVMH), dont les pratiques fiscales ont été dénoncées dans l'affaire des "Paradise papers". "Je ne fais pas de moral", "je ne suis pas là pour juger tel ou tel", "je n'ai pas d'amis", a-t-il tenté de justifier. Par ailleurs, il a jugé qu'il était "évident" que le groupe français de luxe Kering, qui aurait selon le site d'information Mediapart soustrait environ 2,5 milliards d'euros d'impôts depuis 2002, dont une partie au fisc français, faisait l'objet d'un contrôle fiscal en France.
Emmanuel Macron l'a assuré hier soir : il n'a "jamais cru à la théorie du ruissellement". Dont acte. Les deux journalistes n'ont pas manqué de mettre en parallèle la question de l'évasion fiscale avec la suppression de l'Impôt sur la fortune (ISF).
En outre, il a assuré que la fiscalité n'augmenterait pas en France durant son quinquennat et que le gouvernement ne créerait pas de nouvel impôt, ni local ni national pour compenser la suppression de la taxe d'habitation.
À propos des Ehpad, le chef de l'État a évoqué pour la première fois la création d'un cinquième risque de la Sécurité sociale dédié à la dépendance. Cette mesure, promise par Nicolas Sarkozy en 2007, n'a finalement jamais été mise en oeuvre. Pour la financer en partie, il a jugé plutôt "intéressante" la piste de créer un deuxième jour de solidarité (c'est-à-dire la possibilité de travailler un jour férié), dans la même veine que celui déjà existant le lundi de Pentecôte, créé par Jean-Pierre Raffarin sous la présidence Chirac. Il s'est en tout cas engagé à "poser les bases d'un financement pérenne" de la perte d'autonomie, mais rien de plus précis pour l'instant. On devrait en savoir plus "au deuxième semestre 2018, pour une présentation début 2019".
Et pour répondre à la grogne des personnels hospitaliers, notamment ceux officiant aux services des urgences qui dénoncent un manque de moyens et des sous-effectifs qui pèsent sur la qualité des soins apportés aux patients, Emmanuel Macron a repris les propos de la ministre de la Santé Agnès Buzyn comme un leitmotiv : il faut "réorganiser" les urgences. Il a, par ailleurs, concédé que "le budget dédié à la santé n'a pas augmenté au même rythme que certains le voulaient".
Emmanuel Macron a promis, pendant la campagne, de plafonner à 50% la tarification à des hôpitaux, promesse rappelée par la ministre Agnès Buzyn lors de la présentation mi-février d'une réforme globale de l'hôpital. Il a donné un rendez-vous aux Français : fin mai, début juin pour en savoir plus sur les mesures "précises" de l'exécutif pour réformer le système de santé.
Le chef de l'État l'a assuré : il restera "fidèle au régime par répartition" et dit même vouloir le renforcer. Pour cela, il se donne 10 ans "pour faire converger, progressivement", tous les régimes de retraite vers un système unique avec quelques principes bien établis. D'abord, le système par répartition demeurera : ce sont les actifs qui paieront toujours les retraites de leurs aînés, "un système qui créé une solidarité intergénérationnelle [et à laquelle il tient]". Ensuite, il souhaite apporter plus de transparence sur "ce qui donne des droits". Ce sera les mêmes règles de calculs et le même régime pour tous. En sus, on comprends donc que cela entérine la fin des régimes spéciaux, comme ceux de la SNCF.
La SNCF, justement. Emmanuel Macron s'était déjà longuement exprimé sur le sujet lors de son interview, jeudi. Droit dans ses bottes, il a réaffirmé hier qu'il y ira "jusqu'au bout de la réforme, qui est nécessaire", tout en lissant tout de même (un peu) son discours à l'égard des cheminots qu'il avait qualifié de "privilégiés".
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Sur la reprise de la dette de SNCF Réseau, estimée à 47 milliards d'euros, le président de la République a annoncé que l'Etat "reprendra, progressivement, la dette de la SNCF à partir du 1er janvier 2020".
(Avec AFP)
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