Censurer le gouvernement amènerait à une « crise économique et financière »
latribune.fr
En cas de renversement du gouvernement, « ce serait une tempête pour le pays (...) Il y aurait une crise économique et financière », a affirmé Laurent Saint-Martin.
Invité de France Inter, ce mercredi, le ministre du Budget a expliqué qu'un renversement du gouvernement ne permettrait pas de réduire la dette du pays. Une telle décision politique aurait même des répercussions concrètes sur l'économie.
Le Premier ministre a alerté, mardi soir, sur la « tempête » et les « turbulences graves » qui aurait lieu sur la dette française en cas de censure de son gouvernement. Ce mercredi matin, le ministre du Budget est venu préciser le propos.
« Ce gouvernement a été nommé avec une première mission : celle de redresser les comptes publics (...). Nous sommes l'un des tout derniers pays d'Europe à ne pas prendre une trajectoire de redressement des comptes publics : si le gouvernement était censuré, cette mission ne serait pas remplie », a insisté Laurent Saint-Martin, au micro de France Inter.
«Ce serait une tempête pour le pays (...). Il y aurait une crise économique et financière. C'est-à-dire tout simplement que le financement de notre endettement prendrait des taux d'intérêt en hausse et ça, ça a un coût direct pour le quotidien de nos concitoyens», a-t-il explicité.
Ce dernier justifie notamment son point de vue par le fait qu'il ne constate pas de vraie contre-proposition de l'opposition pour atteindre l'objectif de 60 milliards d'euros d'économies en 2025.
Hausse des taux d'intérêts
Un point de vue qui n'est pas toujours partagé, y compris au sein de la majorité. « Nos textes sont bien faits, notre Constitution et nos règles sont là, donc pas de catastrophe annoncée, pas de "shutdown" à l'américaine (...) Il n'y a pas de scénario catastrophe », avait insisté la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, mardi sur Sud Radio.
«Le gouvernement peut présenter au Parlement ce qu'on appelle une loi spéciale pour prélever les impôts à partir du 1er janvier, il peut y avoir reconduction des dépenses par décret pour pouvoir payer les fonctionnaires, les retraités, etc», avait-elle détaillé.
Le ministre Laurent Saint-Martin n'a pas manqué d'y répondre ce mercredi. « S'il n'y a pas de budget, cela voudra dire qu'il n'y aura pas la capacité de mettre en place les mesures pour redresser nos comptes, que notre déficit public continuera de se creuser et que le taux de notre dette continuera d'augmenter. Les intérêts de notre dette nous coûtent déjà 60 milliards d'euros par an. Souhaite-t-on qu'il arrive à 70, 80 milliards ? Non. », a-t-il tranché.
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La France paye d'ailleurs déjà plus cher que le Portugal ou encore l'Espagne pour emprunter. Le rendement des emprunts de l'Etat français à dix ans ressortait à 3,05% mardi soir quand son équivalent allemand était à 2,18%. L'écart, appelé « spread », s'élève donc à 0,87 point de pourcentage, du jamai- vu depuis 2012.
Le gouvernement conteste sa responsabilité
Interrogé sur la responsabilité du gouvernement sur le dérapage des comptes publics, Laurent Saint-Martin a expliqué que « notre pays a davantage protégé les entreprises pendant le Covid-19, par rapport à nos voisins, qui n'ont pas fait faillite. (...) Ensuite, il y a eu moins de rentrées fiscales que ce qui avait été prévu. »
Alors que les sénateurs pointent, dans leur rapport paru le 19 novembre, les responsabilités de Bruno Le Maire, Elisabeth Borne, Gabriel Attal et Emmanuel Macron, le ministre du Budget a réaffirmé que « après des années de dépenses publiques nécessaires pour protéger notre pays, (..) nous avons besoin de tout mettre en œuvre pour prioritairement redresser nos comptes publics. »