À moyen voire à long terme, les métropolitains vont-ils devenir des périrubains "enracinés" dans des villes moyennes revitalisées ? Va-t-on assister à une "crise" du modèle métropolitain ? Quoiqu'il arrive, le Covid-19 va sans doute accélérer la relocalisation de la chaîne de valeur de l'activité de fabrication."La vie moderne dans son cadre de béton, de bitume et de néon créera de plus en plus chez tous un besoin d'évasion, de nature et de beauté". C'était le 17 juillet 1970. Le président Georges Pompidou écrivait à son Premier ministre Jacques Chaban-Delmas pour regretter l'abattage des arbres le long des routes.
Cinquante ans ont passé, et cette prophétie s'est réalisée. Dès l'annonce du confinement, les Franciliens ont pris leur voiture pour rejoindre leurs résidences secondaires à la campagne. À moyen voire à long terme, ces métropolitains vont-ils devenir des périurbains ?
Vers "un enracinement" dans des villes moyennes revitalisées ?
André Yché, le président du directoire de CDC Habitat, la filiale de la Caisse des Dépôts dédiée au logement, partage cette interrogation et se demande "si nous n'allons pas connaître des inflexions du modèle résidentiel métropolitain en faveur d'un enracinement dans des villes moyennes revitalisées par le développement probable du télétravail".
Dès le 27 mars, il a annoncé la production de 40.000 logements neufs dans les douze prochains mois, et "en partie" dans les 222 villes du programme "Action Cœur de ville". Depuis mars 2018, ces communes de 15.000 à 100.000 habitants peuvent bénéficier de crédits d'études pour les commerces, le logement, le tertiaire, les zones commerciales, ou encore d'investissements pour acquérir du foncier ou des équipements. Un dispositif renforcé dans le projet de loi de finances 2019 par une niche fiscale pour les investisseurs prêts à se lancer dans des chantiers de rénovation destinés à la location dans lesdites collectivités.
"Cette production [de logements neufs, Ndlr] pourrait revêtir une dimension beaucoup plus stratégique", poursuit le patron de la CDC Habitat. "Il s'agirait, en regard de l'expérience vécue par les « confinés du Grand Paris », de conforter l'attractivité d'espaces résidentiels plus abordables et plus attrayants à la lumière de deux mois de contraintes imposées par une pandémie."