Les cœurs de ville doivent battre plus fort que le Covid

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OPINION. La bataille pour la vitalité économique des centres-villes n'est pas encore perdue. C'est au contraire le moment de donner sa pleine puissance au programme Action Cœur de ville en privilégiant le commerce et le secteur du bâtiment et des travaux publics qui, au sortir de la crise sanitaire, constitueront des leviers majeurs pour la relance de l'activité économique. Par Nicolas Bouzou,économiste et François-Xavier Priollaud, maire de Louviers.

Le Gouvernement a lancé en juin 2018 son programme Action Cœur de Ville, destiné à soutenir les centres des villes moyennes. Ce programme, dans lequel 222 villes se sont impliquées, doit durer cinq ans. Il entamait, avant la crise sanitaire, sa phase de déploiement qui devait voir émerger les projets les plus structurants dans de multiples domaines : habitat, commerces, mobilité, urbanisme, patrimoine ou équipements publics. La méthode consiste à s'appuyer sur un réseau d'élus, de techniciens, de partenaires en lien étroit avec les collectivités (Banque des territoires, CCI, Chambre des métiers, Agence nationale de l'habitat...). Cette approche globale a commencé à produire des effets concrets pour les villes concernées.

Mais la bataille pour la vitalité économique des centres-villes n'est pas encore perdue. C'est au contraire le moment de donner sa pleine puissance au programme Action Cœur de ville en privilégiant les deux secteurs d'activités qui, au sortir de la crise sanitaire, constitueront des leviers majeurs pour la relance de l'activité économique : en premier lieu, le commerce de centre-ville dont la situation critique doit faire l'objet de toute notre attention ; en second lieu, le secteur du bâtiment et des travaux publics.

Des mesures pour sortir de la crise

En travaillant à la l'amélioration de l'habitat, au renouvellement urbain, à la mise à disposition d'équipements publics pour l'éducation, le sport et la culture et en développant les nouvelles mobilités, l'Action Cœur de Ville offre l'opportunité de relancer l'activité de l'ensemble des acteurs du BTP, de la maîtrise d'œuvre à la réalisation. Rappelons qu'à ce jour, la quasi-totalité des chantiers ont dû s'arrêter pour assurer la sécurité sanitaire des salariés. La congestion et la promiscuité que vivent les habitants des territoires les plus denses montrent toute la faiblesse d'un modèle urbain qui appartient au passé.

La crise sanitaire exacerbe ce constat, du point de vue de la santé autant que de celui de la vie quotidienne. A contrario, les villes moyennes et les territoires qu'elles structurent, associent, sur une grande majorité du territoire français, qualité de vie et dynamisme économique. Elles constituent aujourd'hui une ressource essentielle à l'évolution de notre modèle d'aménagement du territoire. Elles méritent donc un soutien appuyé. Nous formulons donc deux préconisations simples. Premièrement, la réorientation des crédits du FISAC (Fond d'intervention pour la sauvegarde de l'artisanat et du commerce) dans un plan d'urgence pour le commerce et l'artisanat, piloté par les EPCI en lien avec les communes. Un volet spécifique serait consacré aux hôtels et cafés-restaurants.

Deuxièmement, la mise en place d'un zonage dans les centres-villes des communes du programme dans le cadre d'un dispositif d'incitation fiscale à la construction de logements neufs. Le dispositif « Denormandie » s'y applique aujourd'hui pour la réhabilitation de l'ancien. Soutenir la construction neuve serait un atout supplémentaire. Il faut repenser le programme « Action Cœur de ville » à l'aune de la crise qui s'annonce. Il porte en lui tout le potentiel quant à la façon de gérer les affaires locales avec pragmatisme, discernement et efficacité. Sachons en faire un levier de modernité pour préparer la sortie de la terrible crise que nous traversons.

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Commentaires
a écrit le 21/04/2020 à 16:24 :
Le programme Action Coeur de Ville est essentiel, mais il ne faut pas oublier les communes concerne par le programme national Centre-Bourg.
Les communes signataires d'une Opération de Revitalisation de Territoire (ORT) bénéficient toutes du dispositif "Denormandie" et cela quelque soit leur taille.
Profitons de l'après-covid pour un plan d'ensemble.
a écrit le 21/04/2020 à 10:02 :
Il faut cesser cette masquarade. On aura été confiné 2 mois, il y aura une seconde vague a priori. On compte alterner les périodes de confinement et de de déconfinement comme ça pendant longtemps ? Ça suffit. On se comporte comme si c'était la fin du monde. Pour certains c'est simple, la vie est plus importante que tout, l'économie n'a aucune importance. Mais quand notre pays sera ruiné il s'effondrera , il y aura un autre désastre sanitaire et social, notre espérance de vie baissera, notre avenir sera sombre et notre système de santé ne sera plus capable de nous soigner parcequ'on ne meurt pas que du coronavirus n'est-ce pas? Les alliés n'ont pas vaincu les nazis sans envoyer leurs soldats risquer leurs vies. Nous devons lutter contre ce virus mais nous devons également lutter pour préserver notre futur, c'est vital .
a écrit le 20/04/2020 à 18:20 :
C'est ça : s'appuyer sur le commerce et son effet de levier sur la relance de l'économie, et de la vie sociale, plutôt que de garder fermés les commerces à titre de ligne Maginot de l'inutile...
Réponse de le 20/04/2020 à 21:48 :
Le commerce c est bien mais la leçon a tirer de cette crise sanitaire, c est egalement de produire intelligemment pour les remplir....et pour ne plus être autant dépendant des autres qui peuvent s averer très égocentriques en cas de problèmes....un secteur tertiaire sans une industrie forte et diversifiée c ewt la catastrophe annoncée..

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