Dette, déficit : la réforme de l'assurance chômage, un moyen de faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat

Fanny Guinochet
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STEPHANIE LECOCQ

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... à Matignon ce mercredi 27 mars un séminaire sur le travail, avant de s'exprimer au JT de TF1 le soir.
Le gouvernement trépigne. Ainsi, la décision des partenaires sociaux de se donner un peu plus de temps pour terminer leur négociation sur l'emploi des seniors a profondément agacé l'exécutif.
A l'origine, syndicats et patronat devaient finir le 26 mars, mais étant donné les divisions qui les opposent, ils ont choisi de s'accorder un petit délai et de fixer la dernière séance de négociation le 8 avril prochain. Et pour cause, les positions entre le patronat et les syndicats sont encore très divergentes. Alors que le patronat souhaite obtenir une baisse des cotisations sur un CDI senior, les syndicats eux bataillent pour avoir de nouveaux droits pour les salariés, - comme le compte épargne temps universel, cher à la CFDT - et des obligations pour les entreprises.
Reste que ce délai d'une quinzaine de jours supplémentaires complique la donne du gouvernement qui s'est engagé, sur ce volet de l'emploi des seniors, à attendre la conclusion de cette négociation. Si les partenaires sociaux tombent d'accord, l'exécutif prendra en compte leur compromis, sinon il proposera sa propre solution pour inciter les travailleurs les plus âgés à reprendre un emploi.
Quoiqu'il en soit, Gabriel Attal a d'ores et déjà prévenu, lors de son discours de politique générale : s'il juge que l'accord ne correspond pas à ses attentes de rétablissement de la trajectoire des finances publiques, le gouvernement ira plus loin. Et la copie qu'il souhaite présenter avant l'été est déjà bien avancée. Elle ne s'attaquera pas uniquement aux dispositions qui concernent les seniors - dont les droits risquent d'être calqués sur les autres actifs, et donc de perdre leurs spécificités : l'exécutif souhaite passer en revue l'ensemble du système d'indemnisation des chômeurs.
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Et aller plus loin pour durcir les droits des demandeurs d'emploi, le gouvernement Attal est bien décidé à le faire. En effet, il voit dans l'assurance chômage le moyen de trouver quelques milliards d'euros d'économies. Surtout, selon des sources ministérielles, la dégradation des comptes publics et notamment ceux de l'Unédic - organisme qui gère les fonds de l'assurance chômage- le justifie pleinement. « Les comptes ont beau être dans le vert, le niveau de la dette est préoccupant... », explique ainsi un membre de l'entourage de Gabriel Attal. En effet, si l'Unédic prévoit de dégager 20,6 milliards d'euros d'excédents sur la période 2024-2027, malgré 12 milliards de prélèvements des pouvoirs publics sur ses recettes et la faiblesse de l'activité économique, sa dette est attendue à hauteur de 38,6 milliards à cet horizon, contre 63,6 milliards fin 2021.
Fanny Guinochet