À dix jours de la fin des négociations entre Bercy et les microentrepreneurs, c'est comme si la partie était déjà jouée. Plus personne ne semble croire que le gouvernement de François Bayrou reviendra sur l'abaissement du seuil de chiffre d'affaires à partir duquel les microentrepreneurs seront soumis à la TVA dès le 1er mars. Une mesure passée largement incognito dans la loi de finances pour 2025 et qui provoque depuis un véritable tollé.
Jeudi 13 février, la Fédération nationale des autoentrepreneurs et microentrepreneurs (FNAE) est ressortie très mécontente de son échange avec les services du ministère de l'Économie. « Aucune proposition d'ajustement ne nous a été proposée, nos interlocuteurs à Bercy s'évertuant à nous expliquer en quoi cette mesure est une bonne mesure », réagit Nicolas Cordier, délégué général de la FNAE. Inquiétude aussi chez ce patron d'une plateforme en ligne qui fait travailler des microentrepreneurs : « Je ne suis pas serein. Chez nous, l'abaissement du seuil toucherait 20 % des professionnels avec lesquels on travaille. »
Pourtant, face à l'emballement médiatique, le ministre de l'Économie Éric Lombard avait annoncé, dès le 6 février, la tenue d'une concertation et la suspension de la mesure pendant les discussions. Donnant ce jour-là l'impression que l'exécutif avait compris le message des travailleurs indépendants. « Les autoentrepreneurs ne devront pas s'inscrire pour payer la TVA, donc on aura le temps du dialogue », rassurait-il sur France 2. Dès le lendemain, le vendredi 7 février, une première réunion était organisée à Bercy par la ministre déléguée chargée du Commerce et des PME, Véronique Louwagie. Mais en annonçant d'emblée la fin de la concertation le 28 février - un jour avant l'entrée en vigueur de la mesure - l'ancienne députée de l'Orne a braqué les organisations professionnelles et associations de représentants des microentrepreneurs.