A l'échelle mondiale, tout allait bien jusque dans les années 1970. Mais depuis, chaque année, le « jour du dépassement », le moment à partir duquel la planète vit au-dessus de ses moyens écologiques, avance un peu plus. L' «overshoot day », ce moment de bascule calculé par l'ONG britannique Global Footprint Network, qui en 1985 survenait le 5 novembre, s'est produit l'année dernière le 2 août. A partir de cette date, la pression exercée par les activités humaines sur les ressources renouvelables mondiales est supérieure à leur biocapacité, c'est-à-dire leur capacité à absorber les émissions de CO2 et à se régénérer.
Pour la première fois cette année, le WWF s'est associé au Global Footprint Network pour adapter l'exercice à la France. Résultat : le pays hôte de la COP21 et artisan de l'accord de Paris, en dépit de multiples réglementations dédiées à l'environnement (Grenelle de l'Environnement, loi pour la transition énergétique et la croissance verte, etc.), figure parmi les plus mauvais élèves européens. Du même niveau que l'Angleterre ou l'Allemagne, elle fait certes mieux que le Canada, les Etats-Unis ou la Russie, mais moins bien que l'Italie ou l'Espagne. Surtout, depuis 2015, pourtant année de la COP21, ses performances ne cessent de se dégrader après une décennie de progrès, avec une empreinte écologique alourdie de 5% .
Cette année, c'est à partir de ce samedi 5 mai que nous nous trouvons en situation de dette écologique. Et si tous les pays adoptaient le mode de vie français, ce n'est pas 1, mais 2,9 planètes qui seraient nécessaires à satisfaire les besoins de la population mondiale.
Sous l'effet notamment d'une baisse des prix du pétrole, les émissions de CO2, principal facteur pris en compte par le Global Carbon Footprint et premières coupables, sont reparties à la hausse après des années de stagnation - sans doute en grande partie liée au ralentissement économique. Les transports et le bâtiment, respectivement responsables de 23% et 24% de ces émissions, sont en cause. Pour le WWF, c'est le signe que la transition écologique française demeure trop marginale. Déforestation, sécheresse, érosion, perte de biodiversité, réchauffement climatique illustrent cette situation.
Nicolas Hulot lui-même, ministre de la transition écologique et solidaire, a confirmé les conclusions de ce rapport.
D'ailleurs, le gouvernement a ouvert de multiples chantiers, et l'ONG veut précisément profiter de cette hyperactivité législative pour suggérer de multiples propositions concernant les transports, l'énergie, l'alimentation ou les forêts, à intégrer notamment dans la stratégie nationale bas carbone (SNBC) en cours de révision. Celle-ci devrait afficher une trajectoire compatible avec l'accord de Paris et la neutralité carbone à l'horizon 2050, déjà évoquée par Nicolas Hulot. Des ajouts à la loi alimentation, à la révision de la politique agricole commune (PAC) ou encore à stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée permettraient de réduire de façon significative les émissions liées à l'alimentation et aux forêts, tout comme pourrait le faire la loi d'orientation sur les mobilités dans le domaine des transports.
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En matière d'énergie, le WWF préconise d'établir une programmation pluriannuelle de l'énergie - PPE actuellement en cours de discussion - qui "honore les objectifs de la loi pour la transition énergétique et la croissance verte à travers une programmation claire, crédible et détaillée de l'énergie pour la première décennie", "tenant compte de la compétitivité accrue des renouvelables" et visant notamment 100% d'énergies renouvelables en 2050.
Contrairement au déficit public sur lequel le gouvernement a fait le nécessaire pour repasser sous la barre des 3%, celle-ci ne fait l'objet d'aucun critère de Maastricht.
Europe Ecologie les Verts a directement mis en cause Emmanuel Macron.
De son côté, Nicolas Hulot a tenu à montrer que le gouvernement ne restait pas les bras croisés devant cette situation.
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« Le Plan climat que j'ai présenté l'an dernier et qui est aujourd'hui mis en œuvre à travers la loi sur l'interdiction de la recherche et de l'exploitation des hydrocarbures, les actions pour la rénovation énergétique des bâtiments, le développement de l'économie circulaire et celui des véhicules « zéro émissions » doivent nous permettre d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 car le réchauffement climatique est la principale menace pour les écosystèmes », a-t-il rappelé.
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