Et l'Etat continue de s'appauvrir inexorablement en tant qu'actionnaire

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Depuis 2008, date à laquelle l'Etat avait encaissé un chèque global de 5,6 milliards d'euros de l'ensemble de ses participations, les dividendes, qui lui sont versés, se sont érodés d'année en année, surtout à partir de 2014 (4,1 milliards, contre 4,5 milliards en 2013)
Depuis 2008, date à laquelle l'Etat avait encaissé un chèque global de 5,6 milliards d'euros de l'ensemble de ses participations, les dividendes, qui lui sont versés, se sont érodés d'année en année, surtout à partir de 2014 (4,1 milliards, contre 4,5 milliards en 2013) (Crédits : Jacky Naegelen)
Le montant des dividendes versés en 2017 par les entreprises à l'Etat s'est établi à 2,8 milliards d'euros (contre 3,5 milliards en 2016). Le plus bas niveau depuis dix ans.

A force de faire "respirer" (comprendre réduire) le portefeuille de l'Etat actionnaire, il "crache" de moins en moins. Et ce n'est pas terminé avec les ventes programmées en 2019 d'Aéroports de Paris (ADP) et de la Française des Jeux (FDJ) ainsi que la baisse souhaitée de la part de l'Etat dans Engie. Le montant des dividendes versés en 2017 par les entreprises à l'Etat s'est établi à 2,8 milliards d'euros, dont 1,3 milliard d'euros perçus en titres EDF (contre 3,5 milliards en 2016). Le plus bas niveau depuis dix ans.

Depuis 2008, date à laquelle l'Etat avait encaissé un chèque global de 5,6 milliards d'euros de l'ensemble de ses participations, les dividendes, qui lui sont versés, se sont érodés d'année en année, surtout à partir de 2014 (4,1 milliards, contre 4,5 milliards en 2013). Des dividendes qui passent de plus en plus dans les poches des actionnaires privés. Alors que les fonds souverains se sont multipliés dans les années 2000, cette politique dite de respiration du portefeuille de l'Etat actionnaire privera à l'avenir les gouvernements de marges de manœuvres financières toujours appréciables.

Forte baisse dans le capital d'Engie

Pourquoi une telle baisse ? Selon l'Agence des participations de l'Etat, qui a présenté vendredi son rapport d'activité, "la diminution des dividendes versés sur la période par rapport à l'exercice précédent (- 1 milliard d'euros) a pour origine la baisse de la contribution d'EDF (1,3 milliard en 2017, contre 1,7 milliard en 2016, ndlr) mais également la diminution du pourcentage de participation dans Engie ". En 2017, l'Etat a d'abord cédé en janvier 4,1 % d'Engie (1,14 milliard d'euros), puis, en septembre, 4,56% (dont 0,46% en vue d'une offre réservée aux salariés) pour 1,53 milliard. Auparavant, en juin 2014, l'Etat avait vendu pour 3,1 % de GDF Suez (1,51 milliard) puis 0,48% en juillet/août 2015. Résultat, les dividendes versés ont fortement baissé : 350 millions en 2017, contre 797,8 millions en 2016 et 1,3 milliard en 2013.

Outre Engie, l'Etat a vendu, en 2017, 12,7% du capital de Peugeot SA (1,92 milliard) en juin, puis 4,73% de Renault, dont 0,47 % en vue d'une offre réservée aux salariés, (1,21 milliard en novembre. En décembre, il a cédé une action Alstom pour 34 euros. Enfin, le fonds pour l'Innovation et l'Industrie, créé en janvier 2018, a été doté de 13,4% de titres EDF et des titres de la holding TSA, détenant 26 % de Thales, dont les dividendes seront portés en produits du fonds. L'Etat a également versé au Fonds une dotation en numéraire de 1,6 milliard d'euros.

Un rendement actionnarial en deçà de celui du CAC 40

En moyenne sur les cinq dernières années, le rendement actionnarial total du portefeuille de l'Etat est "mécaniquement et directement affecté par la situation du secteur énergétique", a également reconnu l'APE. Son rendement actionnarial en moyenne annuelle s'établit à 3,5 % alors que celui du CAC 40 a été de 6,8 % sur la période 2014-2018 (au 30 juin). "Ce chiffre se décompose en un rendement du dividende de 2,8 % en moyenne pour le portefeuille coté de l'État (3,3 % pour le CAC 40) et une plus-value de 0,7 % (le CAC 40 enregistrant pour sa part une plus-value de 3,5 %)", a précisé l'APE.

En revanche, le rendement actionnarial total du portefeuille hors énergie fait apparaître des performances globales annuelles en moyenne plus de deux fois supérieures à celles du CAC 40 : + 11% entre 2004 et 2018 (au 30 juin) contre + 4,5%.

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a écrit le 19/11/2018 à 9:41 :
L'Etat sort peu à peu des entreprises privées, et c'est très bien comme ça : le système chou-chèvre franchouillard, ça ne sert qu'à caser les copains énarques, ça n'aide pas vraiment l'Etat et ça pèse grave dans la durée sur le dynamisme économique de notre beau pays.
Bientôt Air France et ADP, vraisemblablement.
a écrit le 18/11/2018 à 18:53 :
en 2014 n'était ce pas notre petit président qui était ministre ou secrétaire à l'économie?? il avait déjà commencé son oeuvre de destruction du pays.......et oui il est comme ça, il s'acharne le macron.
a écrit le 17/11/2018 à 20:50 :
D'un coté, les économistes disent que ce n'est pas le rôle de l'état d'être actionnaire.
De l'autre, on critique le fait qu'être moins actionnaire du coup, ça rapporte moins

Il faut aussi être cohérent dans la critique :
- Soit on approuve que l'état ne soit plus actionnaire, et donc que ses revenu ne peuvent pas provenir de la récupération des dividendes des entreprises.
- Soit on considère que l'état doit investir et donc être actionnaire pour toucher les dividendes

Sinon, il y a un moyen pour toucher de l'argent sur les bénéfices des entreprises, sans être actionnaire : c'est d'augmenter l'impôt sur les bénéfices. Ah ? non ?


Le vrai problème de l'appauvrissement de l'état, ce ne sont pas ses participations ou non, ni le fait de toucher ou pas des dividendes. C'est son incapacité à gérer correctement ses finances, et l'explosion de la dette qui en résulte. Et le fait que les privatisations sont un cache misère sans une logique industrielle réelle.
a écrit le 16/11/2018 à 21:15 :
L'état est un mauvais gestionnaire et la BPI n'est la que pour compenser la fiscalité abusive et changeante dont souffrent les valeurs mobilièresen France ...
a écrit le 16/11/2018 à 16:27 :
On ne peut même plus dire que cette situation fait peur, tant elle est persistante, et dure depuis tellement d'années.. les comparaisons sont édifiantes, entre les dépenses publiques (34 milliards pour le seul Ministère de la transition énergétique, dont on ne sait même pas ce à quoi elles vont servir - je gage qu'après de tels dépenses, les émissions de CO2 ne se seront pas améliorées..), et ces pauvres 2,8 milliards (ne parle-t-on pas au surplus de dépenser 500 millions de plus pour calmer la fureur des Gilets jaunes..).. Tout cela finira très mal.
a écrit le 16/11/2018 à 16:03 :
Si l'état avait conservé ses participations dans les autoroutes au lieu de les brader au privé on en serait pas là on dit merci qui: galouzeau de Villepin qui continue à donner ses avis et ses conseils!
a écrit le 16/11/2018 à 14:37 :
ils pourraient largement se renforcer au capital
il suffirait de voter un impot social sur les rentiers de la republique qui gagnent en moyenne 10% de plus que dans le prive ( entre autres avantages, hein)
ca ne couterait rien a personne, ' al a farncaise'
l'etat francais pourrait mme voter une surtaxe sur cet impot pour prendre des participations dans des entreprises d'avenir, par exemple la SNCM pour le transport martitime, ou chez heuliez qui est desormais premier fabricant mondial de voitures electriques, comme l'avait explique segolene royal quand elle avait fait son investissement ' qui n'a pas besoin d'etre rentable'
( remarquez, dans ce dernier cas, c'est l'aquitaine qui regle les factures, alors ca va c'est paye par personne aussi, des bons investissements comme ca)
a écrit le 16/11/2018 à 14:23 :
"Qu’est-ce que le néolibéralisme ? Un programme de destruction des structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur."

"L’essence du néolibéralisme" (c'est pas celle que l'on met dans sa bagnole hein les lrem, détendez vous et réfléchissez pour changer svp... )

https://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609 (gratuit et connaissance indispensable)

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