France 2030 : "l'amendement le plus cher de la cinquième République" toujours sans pilotage
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Trois mois après la présentation du plan France 2030, le chef de l'Etat n'a toujours pas tranché.
Reuters
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Trois mois après la présentation du plan France 2030, le chef de l'Etat n'a toujours pas tranché.
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Le gouvernement va-t-il trouver un pilote pour le plan d'investissement France 2030 avant le premier tour de la présidentielle ? A moins de 100 jours du scrutin, le brouillard peine à se dissiper. Lors de ses voeux à la presse en fin de semaine dernière, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire n'a pas pu avancer de piste "satisfaisante". "Les propositions sur la gouvernance de France 2030 sont démodées. Ce n'est pas une question de personnalité mais c'est la structure qui ne va pas. A chaque fois, on propose une structure avec beaucoup de technocrates" a-t-il déclaré. Interrogé par La Tribune, l'entourage du ministre est resté évasif ces derniers jours. Du côté de l'Elysée, c'est silence radio. "Les décisions sont en cours de finalisation" assure-t-on.
Il faut dire que le sujet du pilotage de ce plan d'investissement est particulièrement sensible. Lors des débats parlementaires sur le budget 2022 à l'automne dernier, la députée socialiste Valérie Rabault, spécialiste des finances publiques, avait qualifié cette enveloppe de 34 milliards d'euros d'amendement "le plus cher de l'histoire de la Vème République." Alors que le traditionnel sommet Choose France réunissant les grands patrons de groupes internationaux à la fin du mois de janvier a été une nouvelle fois reporté en raison de la crise sanitaire, ce vide interroge sur les véritables ambitions de l'exécutif en matière de politique industrielle.
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Le parcours du plan d'investissement France 2030 est semé d'embûches. Si le projet a été salué par un grand nombre d'économistes, plusieurs experts s'interrogent sur la mise en oeuvre concrète de cette vaste enveloppe. D'abord programmée au début du mois de septembre 2021, la présentation de ce plan n'a eu lieu qu'à la mi-octobre. Le chef de l'Etat avait alors dressé les dix secteurs prioritaires de ce plan d'investissement pour les 10 prochaines années lors d'un discours fleuve de plus de deux heures devant un parterre de ministres, élus, étudiants et économistes. Malgré ce report, beaucoup de questions sont restées en suspens à l'issue de cette matinée au palais de l'Elysée. Parmi les principaux points figure le comité de pilotage. "Si la gouvernance est du 20ème siècle et pas du 21ème siècle, je ne serai pas convaincu et je ne ferai pas de proposition au président de la République" a averti le locataire de Bercy dans ses derniers voeux aux journalistes avant le premier tour du scrutin.