François Bayrou tombe avec le vote de confiance
La Tribune

364 députés, issus des rangs des oppositions allant de RN à LFI, ont voté contre la confiance au Premier ministre.
Reuters
La Tribune

364 députés, issus des rangs des oppositions allant de RN à LFI, ont voté contre la confiance au Premier ministre.
Reuters
« Cette épreuve de vérité, je l'ai voulue ». François Bayrou, qui s'est exprimé ce lundi devant l'Assemblée nationale pendant environ quarante-cinq minutes, a choisi d'engager la responsabilité de son gouvernement sur un ton sombre et alarmiste. Mais le verdict est tombé peu avant 19h : le Premier ministre n'a pas obtenu la confiance de la représentation nationale.
364 députés, issus des rangs des oppositions allant de RN à LFI, ont ainsi voté contre la confiance au Premier ministre, tandis que 194 parlementaires, issus des rangs de la coalition gouvernementale ont voté pour. Et ce, sur un total de 573 votants, dont 558 ont été exprimés. François Bayrou devient le premier chef de gouvernement de la Ve République à être renversé lors d'un vote de confiance. Il présentera sa démission au président Emmanuel Macron mardi matin, selon l'un de ses proches.
Ce vote, qui acte la chute du Premier ministre, intervient après un ultime discours prononcé à partir de 15 heures, à l'Assemblée nationale. « Ce dont nous traitons aujourd'hui, ce n'est pas une question politique mais historique », a dramatisé le désormais ex-Premier ministre, à quelques heures du vote de confiance qu'il a sollicité au Palais-Bourbon. La « question vitale » reste la dette de l'Hexagone, a notamment insisté François Bayrou. Car en dépendent « notre État, notre indépendance, nos services publics et notre modèle social ».
La France n'a pas connu de budget à l'équilibre depuis 51 ans, soit 1974, a affirmé le vieux routard de la politique française. Et l'Hexagone affiche aujourd'hui 3 415 milliards d'euros de dette. Une charge qui pourrait représenter 107 milliards d'euros par an d'ici à la fin de la décennie, a-t-il rappelé, en citant les chiffres de la Cour des comptes. « Notre pays travaille, croit s'enrichir et tous les ans s'appauvrit un peu plus », a-t-il martelé.
Si le résultat était attendu, il n'en reste pas moins historique : François Bayrou, qui n'était pas obligé de solliciter la confiance des députés, devient le Premier chef de gouvernement de la Ve République à échouer sur un tel vote.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

« Cette épreuve de vérité je l'ai voulue (...) Le plus grand risque était de ne pas en prendre », a ainsi argué le patron du MoDem, allié historique d'Emmanuel Macron, qu'il a aidé à accéder au pouvoir en 2017. Un chef de l'État qui voit les projecteurs se braquer sur l'Élysée, moins d'un an après la censure du gouvernement de Michel Barnier.
À lire également
Les tractations pour remplacer François Bayrou sont déjà bien entamées, pressées par l'impératif du budget 2026. Plusieurs élus plaident aussi pour une vacance courte en vue des mobilisations « Bloquons tout » le 10 septembre, et syndicale le 18. Mais la décision vendredi de l'agence Fitch, qui pourrait dégrader la note de la dette française, pousse en une nomination rapide d'un nouveau chef de gouvernement.
(Avec AFP)
La Tribune