La probable nouvelle dégradation de la note par l’agence Fitch de AA à un simple A à la fin de la semaine inquiète les investisseurs.Sur les marchés, on l'appelle « le calendrier de la peur ». Le 8 septembre, le gouvernement Bayrou tombe ; le 10 septembre, c'est le retour des Gilets jaunes version 2025 avec le mouvement « Bloquons tout » ; le 12 septembre, l'agence Fitch dégrade la notation financière de la dette française, de AA à un simple A, c'est‑à-dire très passable ; et enfin le 18 septembre, l'appel à la grève de l'intersyndicale bloque le pays.
Bien sûr, ce scénario catastrophe reste incertain : Bayrou peut passer dans son « trou de fourmi » et Fitch laisser encore inchangée sa note. Mais ce n'est pas le plus probable. Et comme rentrée et comme image de la France à l'étranger, on pouvait rêver mieux, résume un assureur inquiet d'avoir vu son cours de Bourse perdre tous les gains de l'été à cause de la montée du « risque France », effaçant au passage les bons résultats de son établissement.
À la clé, une question commence à tarauder les détenteurs de dette française : un abaissement de la note par Fitch, en attendant le verdict des deux autres agences, Moody's et S&P Global, va-t‑il faire fuir les investisseurs, notamment étrangers ? Pour l'instant, ce n'est pas le cas : le Trésor français a réussi sans difficulté à lever 11 milliards d'euros d'obligations jeudi pour son enchère mensuelle avec une demande 2,35 fois supérieure. Mais l'État a dû y mettre le prix, étant obligé d'offrir un rendement de 3,57 % à dix ans et de 4,43 % à trente ans.
Certes, les taux longs flambent partout dans le monde, notamment aux États-Unis en raison des attaques de Donald Trump contre l'indépendance de la Réserve fédérale. Mais clairement, « le risque politique français fait peser une prime de risque croissante et cela risque de durer jusqu'en 2027 », souligne David Taieb, chez Sienna IM. Le « spread », l'écart de taux à dix ans entre la France et l'Allemagne, considéré comme le meilleur risque en Europe, a doublé depuis l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale.