Harcèlement sexuel au travail : « Nous venons de loin, c’est pour ça qu’il faut agir plus fort »

harcèlement sexuel au travail violences sexuelles ou sexistes
iStock

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« Ce à quoi nous assistons aujourd'hui est-il un feu de paille amené à disparaître ? Ou est-ce que la mobilisation qui a lieu permettra de constituer le socle d'un changement des rapports humains et collectifs ? », questionne Jacques Toubon. Le Défenseur des droits a présenté, ce mardi 6 février, sa campagne de communication pour lutter contre le harcèlement sexuel au travail. S'il a dressé plusieurs constats sur la multiplication des violences sexistes et sexuelles, il a également voulu afficher un optimisme quant aux actions à mener.
C'est pour rappeler que le harcèlement sexuel est interdit par la loi et inviter les personnes concernées à faire valoir leurs droits que la campagne a été pensée. À travers un dépliant, une affiche et un court-métrage, qui devrait circuler d'ici à une dizaine de jours sur les réseaux sociaux notamment, le Défenseur des droits entend toucher le plus grand nombre et expliquer, de manière pédagogue, la définition du harcèlement sexuel au travail et le rôle qu'il peut jouer pour accompagner les victimes. (Le harcèlement sexuel étant en effet considéré comme une discrimination liée au sexe, il est dans les prérogatives du Défenseur des droits de lutter contre et d'accompagner les victimes.)
En tout, plus de 50.000 supports seront transmis à plus d'un millier de structures sur tout le territoire français: aussi bien des associations, le réseau des droits des femmes, les bureaux de l'inspection du travail, les missions locales etc. Puis, la campagne numérique prendra le relais sur la toile, pour concerner davantage de personnes.
( Vidéo "Je tu il nous vous elles" qui a été sélectionnée dans le cadre de la campagne contre le harcèlement sexuel au travail)
Si l'initiative du Défenseur des droits est tout ce qu'il y a de plus louable, les moyens restent tout de même modestes. Et même Jacques Toubon reconnaît faire « avec ce dont il dispose ». La secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, qui n'a pas pu se déplacer lors du lancement de la campagne mais qui s'est exprimée en vidéo, a salué la démarche du Défenseur des droits et l'a qualifiée de « concrète » et « efficace ». Certes, l'initiative s'inscrit dans la continuité du partenariat signé entre le Défenseur des droits et le secrétariat chargé à l'égalité femmes-hommes, mais Jacques Toubon le rappelle :
Cette campagne de sensibilisation s'inscrit dans une démarche plus globale des actions du Défenseur des droits. Sensible à la problématique du harcèlement sexuel au travail, ce dernier s'est également exprimé lors d'une audition, le 25 janvier dernier, devant la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes du Sénat. Une intervention qui s'appuie d'une part sur les rapports réalisés en son nom, et notamment, sur l'enquête sur le harcèlement sexuel au travail réalisée en 2014 dont les chiffres parlent d'eux-mêmes. Pour ne citer que les plus connus : une femme sur cinq a été confrontée à une situation de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle ; dans plus de 4 cas sur 10, un collègue est à l'origine du harcèlement ; un supérieur hiérarchique ou un employeur l'est dans 40 % des cas ; le nombre d'expériences rapportées a augmenté depuis les années 2000.
Cette illustration de la libération de la parole amplifiée, bien que déjà présente avant, doit, pour Jacques Toubon, s'accompagner d'actes. « Nous appelons à ce que des politiques publiques soient menées pour lutter contre les harcèlements sexuels au travail. » C'est dans cet état d'esprit que, devant les sénateurs, Jacques Toubon a formulé une quinzaine de recommandations, toutes, très proches de celles des associations de protection et d'accompagnement des victimes, l'historique Avft en tête.
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Concrètement, Jacques Toubon a recommandé :
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De nombreuses pistes donc, qui ont été transmises aux législateurs et qui interviennent alors que la secrétaire d'État chargée de l'égalité femmes-hommes doit présenter, courant mars, ses propositions dans le cadre d'un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles.
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(*) Aujourd'hui, la "preuve incombe au demandeur" c'est-à-dire que l'accusé doit prouver que les faits sont faux et non plus la victime.