IMPÔTS 2025. Prélèvement à la source : le fisc donne un coup de pouce aux femmes

Jean-Victor Semeraro

Le nouveau mode de calcul du prélèvement à la source entrera en vigueur au 1er septembre.
La Tribune

Jean-Victor Semeraro

Le nouveau mode de calcul du prélèvement à la source entrera en vigueur au 1er septembre.
La Tribune
C'est Élisabeth Borne, alors Première ministre, qui avait annoncé la mesure à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2023. Ce jour-là, l'ex-locataire de Matignon, aujourd'hui ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement de François Bayrou, avait indiqué vouloir « dès la prochaine loi de finances (pour 2024, NDLR), mieux mobiliser l'outil fiscal pour favoriser l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ».
Un souhait qui a pris la forme, quelques mois plus tard, d'un amendement porté par la députée (Ensemble pour la République) Marie-Pierre Rixain et adopté dans la loi de finances pour 2024. Celui-ci vient aménager, à compter du 1er septembre 2025, « le prélèvement à la source (PAS) de l'impôt sur le revenu pour les couples mariés ou liés par un pacte civil de solidarité et soumis à imposition commune ». Sans que cela ne modifie, en définitive, le montant global d'impôt sur le revenu à acquitter pour le foyer fiscal.
Concrètement, à la rentrée, les couples mariés ou pacsés et soumis à imposition commune se verront appliquer, par défaut, un taux de prélèvement à la source individualisé. « Les couples déjà mariés ou pacsés et soumis au taux foyer seront automatiquement basculés au taux individualisé, sauf option contraire de leur part durant la campagne déclarative », précise la Direction générale des finances publiques (DGFiP).
L'objectif de la mesure est simple : appliquer « un mode de calcul qui évite de pénaliser le conjoint ayant les plus faibles revenus par un taux d'imposition disproportionné », selon la députée Rixain. Une difficulté qui touche principalement les femmes qui « gagnent 22 % de moins que les hommes en moyenne » tout temps de travail confondu dans le secteur privé, selon l'Observatoire des inégalités.
Il sera toutefois possible de demander à l'administration fiscale, pendant la campagne déclarative, de ne pas appliquer le taux individualisé. Et de conserver ainsi un taux pour l'ensemble du foyer.
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Pour rappel, aujourd'hui, la logique fiscale est à front renversé. L'administration fiscale calcule, par défaut, un taux (mal nommé) personnalisé pour l'ensemble du foyer, fixé à partir de la dernière déclaration de revenus. « Il est le même pour chacun des conjoints », précise Bercy. Si un ménage ne fait pas la démarche d'enclencher le taux individualisé et en cas d'écart de revenus important, le conjoint qui gagne le moins est donc pénalisé.
Pour illustrer le nouveau mécanisme, voici deux exemples fournis par Bercy :
Avec le taux personnalisé du foyer, les revenus de Françoise et Jules sont prélevés à hauteur de 5,8 % sans distinction, soit 93 euros pour Françoise et 203 euros pour Jules (296 euros, au total, par mois).
L'application d'un taux individualisé à chaque membre du couple change la donne. Le prélèvement de Françoise passe à 0,4 % (6 euros par mois) et 8,3 % pour Jules (290 euros par mois).
Le montant du prélèvement reste inchangé : 296 euros par mois.
Avec le taux personnalisé du foyer, les revenus de Julie et Kamel sont prélevés à hauteur de 3 % sans distinction, soit 48 euros pour Julie et 105 euros pour Kamel (153 euros, au total, par mois).
L'application d'un taux individualisé à chaque membre du couple modifie la situation. Le prélèvement de Julie tombe à 0 % (0 euro par mois) et celui de Kamel grimpe à 4,4 % (153 euros par mois).
Le montant du prélèvement reste inchangé : 153 euros par mois.
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