Investissements étrangers : la France connaît une embellie

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Motif de satisfaction pour le gouvernement qui a fait de l'attractivité du pays une de ses priorités, 412 nouvelles entreprises ont choisi la France pour y développer leurs activités, ce qui représente près d'un tiers des décisions.
Motif de satisfaction pour le gouvernement qui a fait de l'attractivité du pays une de ses priorités, 412 nouvelles entreprises ont choisi la France pour y développer leurs activités, ce qui représente près d'un tiers des décisions. (Crédits : Jacky Naegelen)
Près de 1.300 décisions d'investissements étrangers ont été prises en France en 2017, représentant plus de 33.000 emplois. Un record selon l'agence Business France. Si les États de l'Union européenne restent prédominants, les États-Unis sont redevenus le premier pays investisseur malgré le protectionnisme revendiqué du président Trump.

L'attractivité de la France s'est sérieusement renforcée en 2017. Selon le dernier rapport de Business France publié ce mardi 3 avril, le nombre d'investissements étrangers a progressé de 16% l'an dernier pour atteindre un niveau inédit en 10 ans. Une bonne nouvelle pour l'économie française qui illustre la confiance renouvelée des investisseurs étrangers et une conjoncture mondiale très favorable.

S'il est réducteur d'attribuer l'ensemble de ces prises de décision à l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, l'économie tricolore a pu profiter de l'effet Brexit, de l'instabilité politique en Allemagne à la suite des élections législatives de l'automne dernier, et de la montée des populismes en Italie pour améliorer son attractivité à l'échelle européenne.

1.300 décisions d'investissement

L'année dernière, l'agence publique en charge de la promotion de l'attractivité de la France auprès des investisseurs étrangers a enregistré 1.298 décisions d'investissement contre 1.117 en 2016, ce qui fait une moyenne de 25 décisions en moyenne par semaine.

Ce chiffre est inédit depuis le début de la série en 2001, année de création de l'agence française des investissements internationaux (Afii), qui a fusionné avec UbiFrance en 2015 pour donner naissance à Business France. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, présent lors de la conférence de presse, a déclaré :

"Cette performance, c'est l'attractivité retrouvée de notre pays et c'est la reconnaissance du travail des Français.[...] Je crois que c'est la démonstration la plus concrète que la France est de retour (...). La dynamique est là et nous ferons tout pour accroître cette dynamique."

Ces décisions d'investissement ont permis la création ou le maintien de 33.489 emplois. Les emplois crées ont connu une hausse de 6% pour atteindre 26.399 emplois et les emplois maintenus, une hausse de 34% pour atteindre 7.090 emplois.

Le retour des Américains

Selon les chiffres de Business France, les États-Unis redeviennent le principal pays investisseur et pourvoyeur d'emplois en France. Avec 230 projets d'investissement, ils représentent 18% de l'ensemble des investissements étrangers et de 21% de l'ensemble des emplois. Les projets d'investissement ont ainsi bondi de 30% entre 2016 et 2017. Les firmes américaines sont très impliquées dans les projets d'investissement dans le domaine de la recherche et le développement, mais également dans la logistique.

"On a d'un côté un discours politique américain avec des accents protectionnistes (...), mais on a de l'autre côté une action massive des entreprises américaines" pour investir sur le marché européen et en France en particulier, a observé Christophe Lecourtier, directeur général de Business France d'après des propos rapportés par l'AFP.

À titre d'exemple, IBM a installé un centre de R&D européen sur la cybersécurité à Lille. Inauguré le 14 décembre dernier, il devrait employer entre 80 et 100 personnes sur trois ans. Amazon a également installé une plateforme logistique entre Aix-en-Provence et Marseille. Ce qui permettra de répondre à l'objectif du mastodonte américain : "Une livraison plus rapide, dite du 'dernier kilomètre'".

L'Europe en avant

Les pays membres de l'Union européenne sont également très présents dans les décisions d'investissement recensés par Business France. Les investissements allemands demeurent dynamiques (+9%) avec 208 projets en 2017. Les sociétés allemandes sont parmi les principales contributrices aux activités de production (elles sont à l'origine de 16% des décisions d'investissement et de 20% des emplois associés), ainsi que des activités de logistique. Enfin, l'Italie se maintient au troisième rang des investisseurs étrangers en France. Le pays méditerranéen est à l'origine de 96 décisions d'investissement en France.

"Les entreprises italiennes privilégient les investissements dans les activités de production (28 % des investissements italiens sont destinés aux sites de production)".

Chez les pays émergents, c'est la Chine qui arrive en première position avec 65 décisions suivie de l'Inde (19) et du Brésil (14). Selon le rapport 2017 de Business France, 5% des décisions d'investissement étranger en France proviennent de Chine (avec une progression de 27% par rapport à 2016) et si l'Inde n'est à l'origine que de 1% des projets, elle a enregistré la plus forte hausse (73%) l'année dernière.

Innovation et industrie, moteurs de l'investissement étranger

L'innovation, et la recherche et développement "sont plébiscitées par les dirigeants d'entreprises étrangères" souligne le rapport. 81% des décideurs économiques interrogés perçoivent l'innovation comme un avantage compétitif de la France. Les décideurs étrangers apprécient particulièrement les qualités et compétences des personnels de R&D (81%) et la collaboration avec la recherche académique (82%).

L'économie française encourage l'innovation selon 78% des interrogés. Sur l'ensemble des dispositifs d'aide à l'innovation, le crédit d'impôt recherche (CIR) "représente un levier pour les activités de de R&D en France. 86 % des dirigeants considèrent qu'il constitue un facteur d'implantation pour les activités de R&D" indique le document.

Outre l'innovation, les investissements étrangers dans les activités de production connaissent une nouvelle embellie malgré une désindustrialisation marquée dans le tissu économique hexagonal depuis le début des années 2000. Le nombre de décisions d'investissement dans ce domaine a progressé de 23% en 2017 pour s'établir à 343 décisions. Ces activités recouvrent 26% de l'ensemble des investissements qui représentent un enjeu stratégique pour le marché du travail français :

"Elles représentent un enjeu important, dans la mesure où la fonction de production est la première contributrice en termes de création d'emplois avec 16.213 emplois en 2017, soit 48% de l'emploi total. Les emplois associés aux investissements dans les activités de production ont fortement progressé (+44%), ce qui se traduit par une hausse de la taille moyenne des projets".

Des emplois dans toutes les régions

Selon le rapport de Business France, les décisions d'investissement prises en 2017 vont générer de l'emploi dans la quasi-totalité des régions françaises. Les régions qui ont le plus contribué à la croissance des investissements en France sont les régions Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. La répartition des projets d'investissement par fonction et par région met en exergue l'attractivité des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Grand-Est, Hauts de France et Occitanie pour les activités de production.

Lire aussi : Le Maire compte sur l'attractivité fiscale pour attirer les financiers à Paris

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Commentaires
a écrit le 04/04/2018 à 10:04 :
"les États-Unis sont redevenus le premier pays investisseur malgré le protectionnisme revendiqué du président Trump". Quel rapport entre les deux??
a écrit le 04/04/2018 à 8:58 :
Comme quoi l'ouverture sur l'international, les valeurs ajoutées technologiques, intellectuelles et culturelles peuvent constituer des accélérateurs de croissance. A l'inverse, on devrait rapidement voir décliner les pays s'enfermant dans leurs frontières ou se repliant sur les seules méthodes et technologies datant du siècle dernier.
A voir ce qui se passe à WallStreet, qui n’apprécie pas les voyages dans le temps. Justement, cela pourrait être une opportunité pour l’Europe de rattraper son retard dans les technologies numériques.
En attendant, c’est dans la production que cela évolue le plus, suivi par l’ingénierie et l’innovation. Si en plus les fonds affluent, tout va bien et cela pourrait constituer une tendance de fond.
A terme, il reste tout de même à régler quelques problèmes structurels qui accaparent une grande part des finances.
A l’impossible nul n’est tenu.
a écrit le 04/04/2018 à 8:28 :
"On a d'un côté un discours politique américain avec des accents protectionnistes (...), mais on a de l'autre côté une action massive des entreprises américaines"

Comme si ces deux faits s'opposaient, ravage de la pensée binaire médiatico-politique, il n'y a pas à dire hein, mais nous autres européens sommes vraiment à la ramasse côté capacité de compréhension. On a tellement d'économistes minables à la solde de la finance qui nous racontent n'importe qu'on n'y comprend plus rien du tout.

Les américains eux ils avancent hein ils se posent pas de question...
Réponse de le 04/04/2018 à 15:35 :
Donc vous trouvez que les USA sont formidables ?
J'avoue qu'effectivement on ne vous comprend plus du toit

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