La Cour des comptes juge l'Etat "inapte" à évaluer l'efficacité de l'Education nationale

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La Cour appelle à mesurer systématiquement le niveau des élèves durant la scolarité et à publier de façon régulière un rapport sur la performance du système scolaire, sorte de Pisa (Programme international de suivi des acquis des élèves) à la française.
La Cour appelle à "mesurer systématiquement le niveau des élèves durant la scolarité" et à publier de façon régulière un rapport sur la performance du système scolaire, "sorte de Pisa (Programme international de suivi des acquis des élèves) à la française". (Crédits : Flickr/Francisco Osorio. CC License by.)
La Cour des comptes saque une nouvelle fois l'Education nationale. Le premier président de l'instance, Didier Migaud reproche le manque de capacité de l'Etat à évaluer les performances du système éducatif français. Pour aiguiller le gouvernement, la Cour des comptes donne ses recommandations.

Le premier président de la Cour des comptes a estimé mardi que l'Etat était "inapte" à évaluer la performance de son système éducatif.

"Bien que de très nombreux dispositifs d'évaluation soient à l'oeuvre dans le système éducatif, l'Etat s'avère, en fin de compte, inapte à produire une vision collective de la performance de ce système", a fait savoir Didier Migaud devant le comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques de l'Assemblée nationale.

Didier Migaud présentait son rapport sur l'organisation de la fonction d'évaluation au sein de l'Education nationale.

"Cela explique que la France ne puisse exposer le résultat de ses propres évaluations face aux conclusions des enquêtes internationales qui qualifient avec netteté la performance de chaque système d'enseignement", a-t-il poursuivi.

La Cour appelle à une sorte de "Pisa à la française"

La Cour des comptes souligne le manque de moyens humains et financiers pour réaliser ces évaluations. De 2000 à 2017, les crédits dédiés à cet objectif ont toujours été inférieurs à cinq millions d'euros par an, dans un budget global de 70 milliards d'euros en 2018.

Didier Migaud estime que l'évaluation des acquis par des examens comme le baccalauréat ne suffit plus pour juger de l'efficacité du système français, en raison de "la fixation d'objectifs de taux de réussite".

Il pointe des "freins culturels et administratifs" face au recueil de données sur les résultats des élèves par crainte que ces informations ne nourrissent les évaluations des enseignants et établissements.

Il émet onze recommandations parmi lesquelles la mise en place d'une "nouvelle architecture administrative" qui distingue les "rôles des gestionnaires et évaluateurs".

Il appelle à "mesurer systématiquement le niveau des élèves durant la scolarité" et à publier de façon régulière un rapport sur la performance du système scolaire, "sorte de Pisa (Programme international de suivi des acquis des élèves) à la française".

Lire aussi : La Cour des comptes saque l'Éducation nationale sur le suivi des enseignants

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 21/02/2018 à 19:25 :
Il y a déjà l'étude PISA pour juger toutes les écoles mondiales.
Le résultat est parlant, mais malheureusement pas assez bon pour être pris en compte par l'Etat.
Réponse de le 23/02/2018 à 10:33 :
PISA montre sans ambiguïté que les systèmes éducatifs les plus efficaces sont ceux qui mettent le plus la pression sur les élèves. Et que les errements pédagogistes à la française produisent des ravages...
Réponse de le 23/02/2018 à 15:30 :
La pression au Japon pousse au sucide.
Après l’education Nationale est devenu malade en 1981 en France et depuis ça va de plus en plus mal.
Que faire ?

Peut être faire passer à tous les enseignants de France tous niveaux confondus des nouveaux bilans de compétences

De bons enseignants produisent de bons élèves

Ce n’est pas que une histoire de moyens

Et les tests de communication et vérification des casiers judiciaires est un plus à ne surtout pas négliger .
a écrit le 21/02/2018 à 18:52 :
J'espère que dans son rapport il indique que les réformes des programmes à la petite semaine nuisent gravement à l'efficacité de l'ensemble....Louis Legrand, Henri IV des lycées pour l'élite avec les moyens qui vont avec....les autres attendent un (e) des remplaçant (e) (s) pendant 3-4 mois...et les parents affolés payent (pour ceux qui le peuvent encore) des cours particuliers pour ne pas que leurs enfants prennent du retard....d'ailleurs ceux qui sont à la Cour des comptes sortent d'où exactement? Le système est fait de telle manière que la pietaille demeure là où elle doit demeurer....de temps en temps le système en fait monter quelques uns pour masquer au final une vraie lutte de classe....et justifier ainsi le système dans son ensemble....de nouvelles évaluations ne changeront rien à l'affaireles ...😁
Réponse de le 22/02/2018 à 0:22 :
J'ai un neveu victime d'Alzheimer, il a attendu un AVS pendant deux mois à la rentrée.

Il faut savoir que les assistant(e)s de vie scolaire sont recrutés en CDD chaque année après la rentrée et licenciés en juin, sans aucune garantie de réembauche l'année suivante. Certains se lassent et changent de job, d'autres sont incapables de travailler avec des handicapés mentaux mais l'état s'en fout tant qu'ils ne coutent pas cher.

Ce même neveu (et toute sa classe de 5eme) sont restés sans prof de français pendant plus de 7 semaines d'affilées.

Ce qui me sidère avec la cour des comptes, qui n'est constituée que d'ex étudiants de l'ENA et de juristes, c'est leur prétention à tout connaître mieux que tout le monde alors qu'ils n'ont qu'une vue financière et restreinte des dossiers.

On les voit portant donner des cours de pédagogie le lundi avant d'administrer des leçons de logistique le mardi et terminer par des recommandations sur la physique quantique le jeudi.
a écrit le 21/02/2018 à 18:43 :
Si l'école doit former des citoyens adaptés à la vie en société et en entreprise, il va falloir qui Miguaud le ponde son qcm d'évaluation type PISA!

Car la capacité à s'organiser, à gérer ses émotions, à collaborer, le sens de l'éthique, le sens des responsabilités, l'engagement, le leadership... sont des compétences fondamentales que les test évaluent pas ou très mal.

La cour des comptes n'a honte de rien! Elle pond des rapports creux, pour justifier son existence, mais elle est quasi systématiquement dans le simplisme idiot et l'approximation!

Je pense qu'elle constitue le plus gros gaspillage d'argent public! il est urgent de leur faire passer des qcm!
a écrit le 21/02/2018 à 14:17 :
ça me rappelle une blague de Coluche. " L'intelligence chez l'homme, quoiqu'il en soit pourvu, il a toujours l'impression d'en avoir assez, vu que c'est avec ça qu'il juge ! "

Didier Migaud n'est pas Coluche, il parle mieux et est moins drôle. Mais sur le fond, c'est le même bon sens.
Réponse de le 21/02/2018 à 18:46 :
Vous trouver qu'il y a du bon sens dans ce qu'écrit la cour des comptes?

N'hésitez pas à douter!
a écrit le 21/02/2018 à 11:58 :
La Cour ferait mieux de "mesurer aussi et systématiquement le niveau des enseignants du public idem pour les proviseurs durant la scolarité" et à publier de façon régulière un rapport sur la performance de chaque enseignant, "sorte de Pisa (Programme national de suivi des acquis, culture du résultat, objectifs..) à la française" De mettre fin à l'absentéisme culturel, interdire les plans formation pendant l'année scolaire mais à faire lors des trois mois de congé, leur apprendre à proposer des solutions que de faire des grèves ou à pleurnicher en longueur d'année, mettre au placard sachant que licenciement n'est pas possible les m'en foutiste, incapable. Plus de pouvoir et un droit de regard pour les parents d'élèves...
Réponse de le 21/02/2018 à 19:06 :
Cela frôle le ridicule.

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