Le coronavirus stoppe net la flambée des prêts immobiliers

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(Crédits : iStock)
Jusqu'à la crise causée par le coronavirus, rien ne semblait arrêter l'essor du crédit immobilier parmi les Français. Depuis, les prêts ont chuté et les acteurs s'interrogent: le marché reprendra-t-il aussi facilement et surtout, à des taux si avantageux?

Depuis la mi-mars, les Français sont contraints de rester chez eux et de nombreux commerces ont dû fermer, afin de lutter contre la propagation du coronavirus. Cette situation a logiquement plombé le marché immobilier, même s'il est encore trop tôt pour mesurer précisément l'ampleur de la chute des transactions.

"Le début de l'année 2020 a été très bon jusqu'au 15 mars", a résumé jeudi dans une vidéo Jean-Marc Vilon, directeur général de l'organisme Crédit Logement, qui réunit les principales banques françaises. "Et puis est arrivé le moment du confinement, et à partir de là évidemment l'activité a baissé de manière extrêmement importante", a-t-il poursuivi, à l'occasion d'un bilan mensuel qui fait référence, établi par Crédit Logement avec l'institut CSA.

Le marché des prêts en donne toutefois une idée. Selon l'observatoire, leur nombre a reculé de presque 14% en mars, par rapport à un an plus tôt. Comme le confinement n'a été instauré qu'au milieu du mois dernier et est prévu jusqu'au 11 mai, la chute va probablement s'accentuer.

Le coronavirus a donc fait ce qui semblait impossible depuis plusieurs années: bloquer un marché du crédit immobilier dont l'essor était tel qu'il commençait à inquiéter les autorités financières.

Celles-ci demandaient depuis plusieurs mois aux banques de durcir un peu leurs conditions, alors que les prêts atteignaient en France un montant total historique. Les ménages profitent de taux qui n'ont jamais été aussi bas à la suite de la politique de crédit facile menée par la Banque centrale européenne (BCE).

Les demandes des autorités ont, certes, eu des effets. Les banques ont prêté sur des durées un peu moins longues en moyenne - 229 mois en mars, soit légèrement plus que 19 ans - et surtout ont eu tendance à accroître la part d'emprunteurs jugés plus sûrs au détriment des ménages les plus jeunes et moins fortunés.

"Nombreuses inconnues"

Mais, pris dans son ensemble, le marché avait peu changé: les prêts restaient historiquement nombreux et, en moyenne, les taux ne remontaient pas.

Le coronavirus a-t-il vraiment changé la donne ou n'aura-t-il interrompu qu'un moment l'essor du marché ? C'est, pour le moment, impossible à dire et les acteurs évitent de s'y aventurer.

"On est face à une crise totalement inédite à la fois par son ampleur mais également par le type de crise", a souligné M. Vilon. "Elle a été choisie, finalement, par nos gouvernements. On a décidé d'arrêter l'économie".

"L'impact sur l'immobilier résidentiel, c'est bien sûr moins de transactions en particulier en 2020", a-t-il avancé. "C'est sans doute encore un impact en 2021 mais on peut avoir des effets qui restent limités".

Surtout, que feront les taux? Pour le moment, ils n'ont que très faiblement augmenté en mars - à 1,14% en moyenne -, mais ce chiffre mesure mal la réaction éventuelle des banques à la crise.

Les données d'avril en donneront une meilleure idée, le temps que soient adaptés les barèmes. Or, plusieurs courtiers ont déjà évoqué une tendance à la hausse, même s'ils la jugent limitée.

"A ce stade, nous anticipons une hausse de taux pour la sortie de crise, mais celle-ci dépendra notamment de la longueur du confinement qui déterminera la durée où le marché est resté à l'arrêt", a jugé dans un communiqué le courtier Meilleurtaux.

Mais "il convient d'être extrêmement prudent, car l'évolution dépend d'une équation dont nous ne maîtrisons pas les nombreuses inconnues", conclut-il.

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Commentaires
a écrit le 25/04/2020 à 22:34 :
Toujours la même histoire,
Offre et demande,
On ne construit pas assez, point barre.
les prix progressent donc mecaniquement, dans la durée.
Dans ses conditions,
Les taux, la confiance, le pouvoir d'achat... Restent des variables secondaires.
a écrit le 23/04/2020 à 18:12 :
Plus les taux seront élevés et plus la reprise, s'il y a une reprise, sera lente forcément, c'est pas en vous faisant payer plus cher que cela vous donne plus confiance.

Mais hélas ce secteur est totalement ravagé par la spéculation dont la seule issue, salutaire pour l'économie réelle, serait une chute brutale d'au moins 50% de sa valeur générale.

600000 euros pour 36m2 à paris, c'est plus du foutage de gueule c'est carrément du déni, les acteurs de ce secteur ne semblant plus être que des zombies.

La cupidité comme modèle à suivre ça ne fonctionne pas.
Réponse de le 24/04/2020 à 1:42 :
Il n'y a pas que Paris en France.
Mais oui, les prix sont délirants à Paris, même dans les grandes agglo...

Les prix étant donné par les acheteurs, et leur pouvoir d'achat immobilier étant conditionnés par les taux des prêts immo (sauf gros apport), en effet, plus les taux seront élevés, plus les prix seront contraints d'être revu à la baisse.

Reviendrons-nous à des taux comme il y a 5 ans, 10 ans ou plus ?
Réponse de le 28/04/2020 à 11:27 :
@ "en effet, plus les taux seront élevés, plus les prix seront contraints d'être revu à la baisse."

Alors là j'aimerais bien que vous m'expliquiez ce raisonnement svp ?

Je vous dirais oui sans problème si on était au sein d'un marché immobilier libre et non faussé, mais nous n'y sommes pas du tout, tout est trafiqué, tout est bricolé pour que les gros ne perdent jamais voir gagnent toujours.

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