Le marché du travail a repris des couleurs en 2016

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Le marché du travail se transforme progressivement. Selon l'Insee, depuis 2007, la part du sous-emploi (personnes à temps partiel qui souhaiteraient travailler davantage) a augmenté de 0,9 point en France métropolitaine. Et la part des actifs occupés sous CDI a diminué entre 2007 et 2016 après une décennie de stabilité.
Le marché du travail se transforme progressivement. Selon l'Insee, depuis 2007, la part du sous-emploi (personnes à temps partiel qui souhaiteraient travailler davantage) a augmenté de 0,9 point en France métropolitaine. Et la part des actifs occupés sous CDI a diminué entre 2007 et 2016 après une décennie de stabilité. (Crédits : Benoit Tessier)
Le marché du travail a retrouvé du dynamisme en 2016 avec 255.000 emplois créés. Le taux de chômage a reculé pour la première fois depuis 2009 pour s'établir à 9,7% en France métropolitaine.

Lentement mais progressivement, le marché du travail français est en passe de se remettre de la crise économique débutée mi-2007. La situation s'est même accélérée, si l'on en croit l'Insee et la Dress (service statistiques du ministère du Travail) en 2016, avec un solde net de créations d'emplois de 255.000 (après 124.000 en 2015). Auparavant, entre 2007 et 2009, l'emploi avait reculé pour atteindre son plus bas niveau depuis le début de la décennie. Ce n'est qu'à partir de 2010 que la machine est péniblement repartie. Et il a fallu attendre 2013 pour que l'emploi dépasse son niveau de 2007.

L'évolution du coût du travail ralentit

L'Insee explique que cette accélération de l'emploi est étroitement corrélée à l'évolution du coût du travail (salaires et cotisations sociales) qui a ralenti. Jusqu'en 2012, l'évolution moyenne du coût du travail était proche de 3% par an. Après avoir nettement freiné en 2013 (0,5%), le coût du travail n'augmente depuis que d'un peu plus de 1% par an. Bien entendu, cela est dû aux différentes mesures en faveur de l'offre prises sous le précédent quinquennat : crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), pacte de responsabilité, prime à l'embauche dans les PME - qui a cessé d'exister depuis le 1er juillet dernier.

Mais cette reprise de l'emploi s'est accompagnée de la montée de la précarité. Depuis 2007, la part du sous-emploi (personnes à temps partiel qui souhaiteraient travailler davantage) a augmenté de 0,9 point en France métropolitaine. Et la part des actifs occupés sous CDI a diminué entre 2007 et 2016 après une décennie de stabilité. Parallèlement, on a assisté sous la même période à l'essor des CDD et de la pluriactivité, notamment sous l'effet de la création du statut d'autoentrepreneurs.

Par ailleurs, du fait notamment des effets des différentes réformes des retraites, depuis 2007, le taux d'activité des 15-64 ans a connu une hausse de 2 points pour atteindre 71,4% de la population active en 2016. Si l'on se concentre sur la classe la plus jeune (les 15-24 ans), son taux d'activité, à l'inverse, est en baisse avec 36,9% en 2016, soit 1,2 point de moins qu'en 2007. Un phénomène sans doute dû à la prolongation des études.

Le taux de chômage baisse enfin en 2016

Surtout, même si la nouvelle est passée relativement inaperçue, en 2016, la France a connu sa première baisse du taux de chômage (au sens du BIT) depuis 2009. En 2016, le taux de chômage pour l'ensemble de la France se situait à 10% et à 9,7% pour la France métropolitaine seule, soit une baisse de 0,2 point entre les quatrièmes trimestres 2015 et 2016. Ce taux de chômage avait augmenté de 2,1 points entre 2007 et 2015... Mais cette « amélioration » cache un point nettement plus négatif : la progression de ce que l'on appelle le « halo du chômage », c'est-à-dire des personnes qui ne sont pas demandeurs d'emploi au sens du BIT mais qui cherchent cependant un travail. Or, la part des personnes de 15-64 ans dans cette situation s'élevait en 2016 à 3,8%, en hausse de 0,1 point par rapport à 2015.

Un salaire net mensuel moyen de 2.230 euros

Enfin, si l'on se concentre sur les revenus du travail, en 2014, dans le secteur privé, le salaire net moyen en équivalent temps plein (EQTP) s'élevait à 2.230 euros par mois, soit une augmentation de de 0,5% en euros constant. Une hausse qui fait suite à quatre années de stabilité ou de baisse.

Dans le public, tous statuts confondus (fonctionnaires, contractuels, bénéficiaires de contrats aidés), toujours en 2014, un salarié en EQTP gagne en moyenne 2.480 euros nets par mois dans la fonction publique d'Etat (en baisse de 0,2% sur un an), 2.230 dans la fonction publique hospitalière (+ 0,3%) et 1.880 euros dans la fonction publique territoriale (+ 0,8%).

Le revenu salarial, soit la somme de tous les salaires nets perçu par un individu au cours de l'année, s'est élevé en moyenne à 20.670 euros (en hausse de 1% par rapport à 2013) pour l'ensemble des salariés du secteur privé et de la fonction publique. Une hausse qui fait suite à quatre années de recul. De fait, entre 2009 et 2013, le revenu salarial avait diminué de 0,3% en moyenne par an.

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Commentaires
a écrit le 05/07/2017 à 18:26 :
Si c'est Lenglet qui le dit ?
a écrit le 05/07/2017 à 17:23 :
Le bilan en matière de chômage est globalement positif, la France va mieux,
Hollande a fait du bon boulot. L'économie Française est au beau fixe n'en déplaise à certain.Demain est un autre jour,
Réponse de le 05/07/2017 à 17:46 :
@yoyo: non mais c'est une blague? le monde entier est en période de croissance et la France n'a eu que plus de chômage, la légère baisse de fin 2016 n'est aucun cas grâce a FH. Par simple effet domino la conjoncture aurait dû s'amelioer alors que pas du tout
a écrit le 05/07/2017 à 15:32 :
Rendons à César ce qui revient à César. Cette embellie économique est le fait du programme de François Hollande n'en déplaise a certains.
Réponse de le 05/07/2017 à 17:47 :
@Fox: meme commentaire qu'a yoyo. Qd tout le monde fait +100 et que nous seulement +10 ça n'est pas une réussite du tout
Réponse de le 05/07/2017 à 20:58 :
La vérité est ailleurs mon cher Fox.
Réponse de le 05/07/2017 à 23:50 :
@icietla - Bien sur que c'est en parti aux CICE etc qui ont aider les entreprises et elles recommences à investir et à embaucher. Ce n'est que le début car pour 2017 la croissance est estimé pour 1,6 donc cela va dans le bon sens. Arrêter donc de ne pas reconnaitre la vérité et de faire croire à qui veut bien l’entendre que c'est uniquement grâce à la reprise économique mondiale l’embellie Française.

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