Le patrimoine des Le Pen, père et fille, dans le viseur de la justice

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Moins d'une semaine après l'ouverture d'une enquête pour "diffusion d'images violentes", Marine Le Pen se trouve à nouveau dans le collimateur de la justice. Cette fois, c'est son patrimoine détenu en commun avec son père Jean-Marie Le Pen, qui intéresse les autorités. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a ainsi saisi lundi le parquet national financier du cas du père et de la fille, qu'elle soupçonne d'avoir sous-évalué leur patrimoine détenu en commun en 2014.
La présidente du Front national a aussitôt annoncé avoir déjà déposé un recours pour "excès de pouvoir" devant le Conseil d'Etat, dénonçant "une volonté de nuire désormais systématique et outrancière".
L'organisme de contrôle estime qu'il existe notamment un "doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité de leurs déclarations", du fait de "la sous-évaluation manifeste de certains actifs immobiliers détenus en commun" par le fondateur du Front national et son actuelle dirigeante. Il fait également état dans un communiqué de "l'omission de biens immobiliers" par Jean-Marie Le Pen, exclu cette année du parti à l'issue d'un conflit avec sa fille.
La présidente du FN et son père sont tous deux députés européens. Dans un communiqué, Marine Le Pen estime que "l'évaluation de parts minoritaires de SCI" effectuée par la HATVP "est totalement contradictoire et gravement surévaluée avec celle opérée, depuis de nombreuses années, par l'administration fiscale".
Le père et la fille détiennent notamment en commun la propriété de Montretout à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine. Jean-Marie Le Pen a dénoncé sur BFM TV et iTELE "un numéro de persécution ou un numéro de harcèlement républicain", mettant en cause l'indépendance de la HATVP, présidée par Jean-Louis Nadal, proche selon lui du pouvoir socialiste. Selon lui, le gouvernement veut faire oublier le procès pour fraude fiscale de l'ancien ministre socialiste du Budget Jérôme Cahuzac, qui aura lieu dans quelques semaines.
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Le code pénal punit de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende le fait d'omettre de déclarer une partie substantielle de son patrimoine ou d'en fournir une évaluation mensongère.
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Le parti d'extrême droite est déjà la cible d'une information judiciaire ouverte en avril 2014 pour escroquerie, abus de bien social, complicité et recel de ces délits visant le financement de ses campagnes électorales. Son trésorier, Wallerand de Saint-Just, a été mis en examen le 21 septembre à titre personnel pour recel d'abus de biens sociaux et le FN l'avait été auparavant comme personne morale. Marine Le Pen, qui devrait être entendue comme témoin assisté, n'avait pas répondu en octobre à une convocation des juges parce qu'elle demandait leur dessaisissement, requête qui a été finalement rejetée. L'enquête porte sur les liens financiers entre le microparti "Jeanne" de la présidente du FN et la société Riwal, qui s'occupe du matériel de campagne.
(Avec Reuters)
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