Le positivisme selon le président Macron

Marc Endeweld
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En début de semaine, la sentence proférée par Pierre Rosanvallon à l'occasion d'une interview télévisuelle de grande écoute s'est transformée en quelques heures en un fait politique. Pour l'intellectuel, qui faut-il le rappeler, fut l'un des cofondateurs de la fondation Saint-Simon (et son secrétaire général), la France traverse actuellement la crise démocratique « la plus grave » de son histoire « depuis la fin du conflit algérien ».
Selon lui, Emmanuel Macron « ne voit pas la crise démocratique, pour lui il n'y en a pas ». Et ce proche de la CFDT de déplorer que le président ait perdu « l'esprit des lois » et de la Vème République, voire de la démocratie. La charge est lourde, le ton est grave. Et sur le plateau de télévision davantage habitué aux badineries des promos respectives des artistes et des journalistes, les animateurs sont surpris, semblant dépassés par la situation.
De fait, l'extrait vidéo sera partagé des millions de fois sur les réseaux sociaux. Immédiatement, l'entourage du président tentera de minimiser la portée de l'événement. Sans succès. Certains iront jusqu'à expliquer que ces paroles surgissent d'abord du fait de l'inimitié de Laurent Berger, patron de la CFDT, pour Emmanuel Macron.
Surtout, revenir sur un terrain personnel, présenter cette intervention comme étant un règlement de compte. C'est qu'en 2015, le dirigeant syndicaliste s'était opposé auprès de l'Élysée à la tentative d'Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, de récupérer en plus le portefeuille du Travail, alors que son titulaire de l'époque, François Rebsamen, avait dû démissionner pour cause de maladie. Macron échouera et devra attendre sa victoire présidentielle en 2017 pour transformer selon ses vues le marché du travail et le système de l'assurance chômage.
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Fait politique et fait journalistique. Tout au long de la semaine, à chacun de ses déplacements, de ses conférences de presse, de ses interventions, les journalistes présents demanderont à Emmanuel Macron ce qu'il pense des mots de Pierre Rosanvallon. En déplacement dans une usine en Alsace, le président saluera « l'intellectuel » mais regrettera immédiatement que ce dernier puisse se faire « militant », utilisant une nouvelle fois ce mot comme un outil de disqualification, quasiment d'excommunication. Comme s'il n'y avait toujours qu'une ligne possible, qu'une vue possible.
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Marc Endeweld