Le taux d'absentéisme reste stable dans le secteur privé en France

En moyenne, les salariés du secteur privé en France se sont absentés 16,8 jours en 2016, selon le baromètre Ayming. Il révèle néanmoins des disparités selon les secteurs d'activité, l'âge et la situation géographique.
Le taux d'absentéisme est plus fort dans les services et dans la santé que dans l'industrie et le BTP.
Le taux d'absentéisme est plus fort dans les services et dans la santé que dans l'industrie et le BTP. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)

Un peu plus de deux semaines d'absences par an. Si l'on en croît les résultats du baromètre établi par la société de conseil Ayming avec AG2R La Mondiale ce mercredi, l'absentéisme dans les entreprises du privé est toujours aussi stable. En 2016, le taux d'absence des salariés s'est établi en moyenne à 4,59%, contre 4,55% en 2015. Ce pourcentage correspond à 17 jours d'absence par an, et se base sur des données de 82.000 entreprises, représentant près 1,7 million de salariés. Il est calculé en fonction du temps d'absence, comparé au temps travaillé, et regroupe aussi bien les congés maternité/paternité, les événements familiaux, les formations, les grèves, ou les arrêts maladies et les accidents du travail.

Toutefois, ce pourcentage révèle des disparités significatives entre les différents secteurs d'activité. Ainsi, l'absentéisme serait plus important dans le secteur des services (5,48%), ou dans celui de la santé (5,04%), que dans l'industrie et le BTP par exemple (3,43%). Ces deux dernières branches enregistrent d'ailleurs une baisse de 1% par rapport à 2015.

A l'inverse, la santé et les services, qui représente presque 65% des actifs d'après les chiffres de l'Insee, cumulent "à la fois les conditions de travail difficiles", mais aussi le manque de connaissance quant à la mise en place d'actions de prévention, ou à l'usure professionnelle. L'étude souligne aussi qu'il s'agirait des seuls secteurs dans lesquels "le taux d'absentéisme des moins de 30 ans est supérieur à celui des moins de 40 ans".

> Lire aussi : Face à l'absentéisme, les entreprises aux abonnés absents

Des différences en fonction de l'ancienneté, du sexe et de la situation géographique

Et si l'absentéisme varie selon les métiers, son pourcentage fluctue également en fonction de l'ancienneté des salariés. Avec un taux global de 5,81%, les salariés arrivés dans l'année sont plus absents que les autres. Le taux d'absentéisme atteint même les 7,19% dans les services, et jusqu'à 7,37% dans le secteur de la santé. Ces résultats sont principalement dû à l'absence de "parcours d'intégration", et de "systèmes de tutorats", comme les formations alternées, ou les stages, qui ne seraient pas assez "structurés" selon les auteurs de l'enquête.

D'autres nuances apparaissent aussi en fonction des différente régions françaises. L'Île-de-France, la région qui comptabilise le plus de cadres, possède le taux régional le plus bas, avec 3,36%. En revanche, la Corse (5,93%), et les Hauts-de-France (5,9%) enregistrent le pourcentage le plus élevé.

Le taux d'absentéisme est plus fort dans les services et dans la santé que dans l'industrie et le BTP.

(Un graphique de notre partenaire Statista)

Dans le même temps, l'écart entre l'absentéisme féminin et masculin se confirme et s'accentue en 2016, avec un taux de 4,98% de femmes absentes, contre 3,34% pour les hommes - en 2015 les résultats s'élevaient à 4,18% pour les femmes et 3,72% pour les hommes. Un écart qui s'explique avant tout par la longueur des arrêts de travail - comme les congés maternité/paternité par exemple -, et non à la fréquence des absences. Aussi, le taux d'absence est généralement plus élevé à partir de 55 ans (7,87%).

L'absentéisme en Europe

A l'échelle internationale, 72% des salariés européens interrogés sur leurs absences au travail - hors congés de maternité et de paternité - disent avoir été présents tout au long de l'année. L'étude fait ressortir que les Britanniques sont ceux qui déclarent le plus fort taux de "toujours présents", à 84%, talonnés par les Néerlandais (82%), et les Allemands (81%). Les Français et les Belges se situent autour de la moyenne européenne, vers les 70%.

A l'opposé, les Italiens ne sont que 41% à affirmer être "toujours présents". Cela s'explique principalement par le fait que les salariés n'ont pas le même rapport au travail que les autres pays européens - leur législation rassemble sous la notion "d'absence justifiée" de nombreux droits. Sans tabou, les salariés italiens "s'absentent lorsque cela est nécessaire" et ne s'en cache pas d'après l'étude. Un pourcentage qui se justifie également par le fait que les Italiens seraient moins heureux que les Français dans leur profession - 66% se déclarent "heureux au travail", contre 73%. Selon l'enquête, un salarié "heureux" dans son travail a deux fois plus de chance d'être mobilisé qu'un salarié "malheureux".

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Commentaires 2
à écrit le 09/09/2017 à 9:27
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Et si l'on ajoute les congés légaux, les jours fériés, les weekends et les heures passées à la machine à café, les gens travaillent moins de 6 mois effectifs dans l'année :-)

le 09/09/2017 à 19:14
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Et pour les fonctionnaires et agents d'état les chiffres mettraient à genou n'importe quelle entreprise du privé !

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