L'abstention a une nouvelle fois marqué un record ce dimanche 12 juin. Au total, plus d'un électeur sur deux a déserté les urnes (52,49%) selon les résultats encore provisoires du ministère de de l'Intérieur. La proportion d'abstentionnistes est légèrement plus forte qu'il y a cinq ans lorsqu'elle avait atteint la barre des 51,4%. Au second tour, elle avait même atteint 57,36%.
Lors de la dernière présidentielle, l'abstention avait grimpé à 26,31% au premier tour et 28% au second tour. Il s'agit du troisième taux le plus important sous la Vème République après 1969 et 2002. "Le premier enseignement de ce scrutin est le niveau de l'abstention. Elle est à un niveau historique pour les législatives [...] 13 millions de personnes qui avaient participé lors du premier tour de l'élection présidentielle ne se sont pas déplacées pour le premier tour des législatives", a expliqué Erwan Lestrohan, directeur conseil chez Odoxa interrogé par La Tribune.
Depuis l'instauration du quinquennat et l'inversion du calendrier électoral en 2002, les électeurs peinent de plus en plus à mobiliser pour désigner leurs députés à l'Assemblée nationale, surtout dans le contexte d'une campagne atone."Le contre-pouvoir qu'est l'Assemblée nationale ne mobilise plus aussi puissamment depuis l'alignement des scrutins présidentiel et législatif et le régime semi-présidentiel de la Constitution ne fonctionne plus que comme un régime présidentiel dans les urnes. C'est dans la droite ligne de la présidence jupitérienne", poursuit-il.