Un chef d'entreprise sur deux réclame une remise à plat de la fiscalité

 |   |  1115  mots
(Crédits : Reuters)
Interrogés dans le cadre de « La grande consultation » par Opinion Way pour CCI France/La Tribune/LCI, la moitié des chefs d'entreprise réclament une refonte de la fiscalité française. C'est particulièrement vrai dans la construction.

C'est un véritable casse-tête pour les gouvernements successifs. Selon la dernière "grande consultation"(*) réalisée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune et LCI, 51% des dirigeants interrogés souhaitent une remise à plat de la fiscalité des entreprises. Alors que le gouvernement peine à sortir de la crise des "Gilets jaunes" et que le "Grand débat" n'a pas suffi à apaiser les tensions, le sujet de la fiscalité a particulièrement occupé les discussions lors des réunions publiques au cours du premier trimestre. Sur la plateforme mise en ligne par l'administration et consultée ce mercredi 27 mars, plus de 152.472 participants ont apporté plus de 186.711 contributions numériques sur le thème des impôts et des dépenses publiques, sans compter les cahiers de doléances et autres participations. C'est le sujet qui a récolté le plus de contributions numériques et le plus de participants sur la plateforme. Après une période de consultation citoyenne, les corps intermédiaires ont été conviés à Bercy pour formuler quelques propositions.

> Lire aussi : Fiscalité : le Grand débat change de format

La réforme de la fiscalité doit être la priorité du gouvernement, selon les patrons

La moyenne masque de fortes disparités en fonction des secteurs. Si 72% des dirigeants interrogés dans la construction et le bâtiment souhaitent une réforme du système fiscal, ils sont bien moins nombreux en proportion dans les services (47%) et l'industrie (47% aussi). Dans le commerce, ils sont 51% à plaider pour une telle remise à plat. Un contraste existe également en fonction de la taille des entreprises. Ils sont 51% à vouloir une refonte pour les responsables d'établissements de 0 à 9 salariés contre 45% pour les sociétés de 10 salariés ou plus. Pour les ménages, 34% des chefs d'entreprise veulent une réforme de l'imposition.

Interrogés sur d'autres mesures à mener en priorité, les patrons citent la réforme des retraites (34%), la réforme de l'assurance-chômage (31%), le développement des territoires ruraux (29%), la réforme des institutions (26%) et la réforme de l'Union européenne (24%).

Quatre patrons sur dix en faveur de la décentralisation

La crise des "Gilets jaunes" a mis en exergue un profond malaise né, entre autres, de la fracture sociale et territoriale. Parmi les solutions testées par l'organisme de sondages, l'accélération de la décentralisation pour faciliter les initiatives locales est citée par 40% des chefs d'entreprise interrogés. Viennent ensuite un renforcement de la présence physique des services publics dans les territoires (31%), et une montée en puissance des investissements dans les infrastructures clés à l'intérieur des zones les moins favorisées (29%). Enfin, 12% estiment qu'il faut mettre en place des partenariats entre les métropoles et les territoires environnants pour favoriser leur développement.

> Lire aussi : Inégalités territoriales : les grandes métropoles creusent l'écart

Les craintes d'un "hard Brexit"en chute libre

Alors que la situation politique au Royaume-Uni devient chaotique, les chefs d'entreprise sont plongés dans le flou le plus total. Initialement prévu au 29 mars, le Brexit pourrait finalement être reporté mais de nombreux scénarios restent sur la table. Face à ce flou persistant et des négociations interminables, 50% des chefs d'entreprise considèrent étonnamment qu'il n'y aura pas de conséquences sur l'économie française, soit un bond spectaculaire de 21 points par rapport à février. A l'opposé, la part des répondants ayant exprimé des craintes d'un "hard Brexit" pour l'économie hexagonale est en chute libre (-24 points par rapport à février) à 36%. Enfin, l'autre surprise est que 12% des dirigeants pensent qu'un divorce sans accord aura des répercussions positives.

Sur l'échantillon interrogé par OpinionWay, 39% jugent que le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne aura un impact négatif sur les échanges et le commerce. Pour 22% d'entre eux, cela signifierait la fermeture des frontières et un durcissement des contrôles douaniers. Enfin, 12% pensent que cela aurait un impact négatif sur le tourisme et les déplacements de personnes.

Si la plupart des études indiquent qu'un "hard Brexit" pourrait clairement avoir un impact très négatif sur l'économie de nos voisins, les estimations des conséquences sur l'économie hexagonale sont beaucoup plus floues. Dans sa dernière note de conjoncture, l'Insee a réalisé plusieurs simulations sur les répercussions d'un Brexit sans accord et avec accord au niveau des échanges commerciaux. En prenant en compte les barrières tarifaires et non tarifaires, le produit intérieur brut de la France "serait alors amputée à plus long terme de 0,6 % dans le cas d'un soft Brexit et de 1,7 % dans le cas d'un hard Brexit", même si l'économie tricolore semble moins exposée que celles de l'Allemagne ou de l'Irlande.

> Lire aussi : Brexit : les inquiétudes sur l'économie française se multiplient

Rebond de l'optimisme

Le moral des entrepreneurs sur la conjoncture retrouve des couleurs. Après avoir atteint un point bas en décembre 2018, l'indicateur qui mesure la confiance des chefs d'entreprise à l'égard de l'évolution de l'économie poursuit sa progression depuis le début du mois de janvier pour atteindre 106 contre 96 en février et 90 en janvier. Ainsi, 60% des chefs d'entreprise se déclarent confiants, soit un bond de 9 points par rapport à février dernier. 82% se déclarent confiants pour leurs entreprises (12 points en plus) et 37% sont optimistes pour l'économie mondiale alors que la plupart des institutions internationales ont revu leurs prévisions pour 2019 à la baisse.

S'agissant de l'économie française, les résultats de l'institut de sondages indiquent que la proportion de répondants optimistes (33%) baisse par rapport à février (29%). Cette évolution peut paraître surprenante alors que la croissance française pourrait être bien plus soutenue que celles des grandes économies européennes comme l'Allemagne ou l'Italie. Dans ses dernières projections, le chef du département de conjoncture à l'Insee, Julien Pouget, rappelait que "la zone euro dans son ensemble a nettement déçu en fin d'année. L'Allemagne a calé, l'Italie n'a pas échappé à la récession technique avec deux trimestres consécutifs de baisse".

___

Méthodologie

Étude réalisée auprès d'un échantillon de 606 dirigeants d'entreprise. L'échantillon a été interrogé par téléphone. Les interviews ont été réalisées du lundi 18 au vendredi 22 mars. La représentativité de l'échantillon a été assurée par un redressement selon le secteur d'activité et la taille, après stratification par région d'implantation.

___

Opinion Way, CCI France, La Tribune, La grande consultation des entrepreneurs,,

(*) Vous désirez exprimer votre avis, émettre une idée sur les questions économiques ? Rejoignez la Communauté CCI des entrepreneurs en participant à la plateforme d'échanges et de débats : www.grandeconsultation.fr

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/03/2019 à 23:27 :
Tiens ça me rappelle un truc, c'est que l'usine ou je travaillais était taxée sur son stock, hors dans un métier comme le mien, la maintenance, c'était une gêne considérable, on ne peut pas tourner sans stocks ou c'est mettre des lignes de production pendant des semaines à l'arrêt ou piquer du matériel d'un côté à l'autre, et encore plus idiot dépendre de spécialistes de fournitures livrées du jour au lendemain entre 4 et 10 fois plus chères que venant de chine mais 1 mois de transport.
La il y a réellement des taxes destructrices sur l'activité d'une enteprise, une hystérie fiscale en quelque sorte.
a écrit le 28/03/2019 à 17:14 :
Les mêmes qui ne voulaient pas de contrôle sur le CICE ?
a écrit le 28/03/2019 à 8:15 :
ils vont etre servis!
la fiscalite va certainement etre refondue, ce qui veut dire que ca va augmenter pour eux, histoire de financer les rentiers de la republique ' avec l'argent de personne', vu que les allemands refusent de financer via eurobonds

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :