Lutte contre les emplois précaires : le patronat veut tendre la main aux syndicats

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Contrairement aux syndicats, le patronat proposait jusqu'à présent de renvoyer la question des emplois précaires à la négociation dans les quatre secteurs les plus gourmands en contrats de moins d'un mois, à savoir: l'intérim, le spectacle, l'hébergement-restauration et l'hébergement médico-social.
Contrairement aux syndicats, le patronat proposait jusqu'à présent de renvoyer la question des emplois précaires à la négociation dans les quatre secteurs les plus gourmands en contrats de moins d'un mois, à savoir: l'intérim, le spectacle, l'hébergement-restauration et l'hébergement médico-social. (Crédits : © Petr Josek Snr / Reuters)
Alors qu'une ultime séance de négociation doit avoir lieu ce jeudi après-midi concernant l'assurance chômage, les trois organisations patronales ont proposé un nouveau projet d'accord aux syndicats. Le texte prévoit d'inviter l'ensemble des branches (et non plus seulement les quatre secteurs les plus usagers des contrats de moins d'un mois) à ouvrir les négociations. Objectif de la démarche ? Réduire l'emploi précaire, qui coûte cher à l'assurance chômage.

Le patronat a fait jeudi un geste en direction des syndicats, en proposant -en amont de l'ultime séance de négociation sur l'assurance chômage- d'inviter l'ensemble des branches professionnelles à se saisir de la question de la lutte contre la précarité.

Les trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) ont transmis un nouveau projet d'accord aux syndicats, quelques heures avant le dernier round qui se tiendra à partir de 14h, ce jeudi, au siège du Medef.

Pour réduire l'emploi précaire, qui coûte cher à l'assurance chômage, le patronat proposait jusqu'à présent de renvoyer la question à la négociation dans les quatre secteurs les plus gourmands en contrats de moins d'un mois, à savoir: l'intérim, le spectacle, l'hébergement-restauration et l'hébergement médico-social. Il était jusque-là resté sourd aux demandes des syndicats d'étendre la mesure à d'autres secteurs.

Ce n'est plus le cas dans son dernier projet, qui prévoit d'"inviter l'ensemble des autres branches" à "ouvrir des négociations" sur le sujet.

Le patronat appelle les employeurs publics à prendre leurs responsabilités

En revanche, le texte patronal ne prévoit toujours pas de sanctions pour les branches qui ne se saisiraient pas, ou insuffisamment, du sujet. Les syndicats ont pourtant fait de ces sanctions une condition sine qua non à un éventuel accord.

Lire aussi : Le patronat refuse de sanctionner les branches qui tolèrent les contrats précaires

Plus anecdotique, les organisations patronales envoient une pique aux "employeurs publics", qui ne relèvent pas de l'Unédic, sur le sujet de la précarité. Elles les appellent à prendre "toute leur part", "en réduisant les situations de précarité des agents qu'ils emploient".

Le patronat apporte également une modification à son projet concernant l'indemnisation chômage des salariés qui démissionnent en vue d'une reconversion professionnelle.

Le patronat, favorable à une "gouvernance rénovée", réunissant Etat et partenaires sociaux

L'attestation du "caractère réel et sérieux" du projet ne serait plus délivrée par l'opérateur en charge du conseil en évolution professionnel (CEP), mais par une "instance ad hoc". Celle-ci serait également "indépendante" de Pôle emploi.

Sur la gouvernance de l'assurance chômage, le patronat plaide toujours pour que la "négociation paritaire" continue de "définir en toute autonomie les règles d'indemnisation et le niveau de ressources nécessaires" au régime.

Mais le patronat se prononce désormais pour une "gouvernance rénovée", qui "pourrait s'organiser autour d'une conférence pour l'emploi" réunissant Etat et partenaires sociaux, qui fixerait des "objectifs communs au régime de solidarité", c'est-à-dire les minima sociaux, "et au régime assurantiel", c'est-à-dire l'assurance chômage, "dans une logique d'articulation améliorée".

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 15/02/2018 à 10:16 :
Comment peut on être «  sourds » et «  aveugles » et pauvre dans le «  cœur »
Quand on gagne 70 fois le salaire de cadre en France.

La solution de la France c’est de baisser les bénéfices du CAC 40 et redistribuer pour la lutte contre la précarité qu’ils ont «  causé «  en France avec la complicité des politiques et des organisations patronales

20% à redistribuer
a écrit le 15/02/2018 à 9:45 :
Votre titre n'est que de la fabrique à opinion montrant les patrons comme des gens généreux alors que principaux générateurs de précarités de l'emploi.

Donc ils n'ont pas à "tendre la main", ils ont entretenir et développer leurs outils de production et arrêter de les transformer en rentes financières qui font plus de revenus sans effort certes mais qui détruisent ces outils de production.

Mais c'est quoi le niveau de benêt des cabinets conseils et autres experts financiers svp bon sang ? A force de servilité ils ont perdu toute pertinence.
Réponse de le 15/02/2018 à 11:34 :
Ce n'est pas le sens de l'article. Il ne dit pas que le patronat fait preuve de générosité. Seulement qu'il veut stopper la précarité. La crise à donné l'occasion aux entreprises de se débarrasser des salariés les plus chers. Mais la perte de compétence a entraîné une perte de compétitivité et d'innovation. Le recours à la main d'oeuvre off-shore n'a finalement pas été aussi rentable que prévu. Le salarié s'est adapté plus vite que les entreprises, et est devenu nomade. Le patronat veut remédier à la perte de fidélité de son personnel. Le budget consacré aux chômeurs serait d'environ 35 milliards, alors que dans le même temps les entreprises toucheraient environ 65 milliards de subventions : elles n'ont pas donc pas de leçon à donner concernant le budget du chômage. Et si toutes les entreprises versaient ce qu'elle doivent, les caisses ne seraient peut-être pas déficitaires...
Réponse de le 15/02/2018 à 15:03 :
Ils veulent stopper la précarité qu'ils ont généré donc, enfin que l'UE et les marchés financiers ont généré parce que ça commence à les gêner.

C'est donc en tombant de la falaise qu'ils comprennent qu'ils n'auraient pas du faire ce pas de plus.

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