Pourquoi la productivité se dégrade en France

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Entre 1985 et 2000, le rythme moyen de la productivité tricolore était de 1,2% contre 0,4% sur la période 2012-2017.
Entre 1985 et 2000, le rythme moyen de la productivité tricolore était de 1,2% contre 0,4% sur la période 2012-2017. (Crédits : Reuters/Peter Nicholls)
Dans la version définitive de son rapport publié récemment, le conseil national de la productivité pointe le retard des entreprises françaises dans l'adoption et la diffusion des technologies, le manque d'innovation, le problème des compétences et certaines pratiques managériales.

Déficit de formation, sous-investissement dans l'éducation et l'enseignement supérieur, manque d'innovation, limites du management... l'économie française conserve un niveau relativement élevé de productivité, mais elle a clairement marqué le pas depuis le milieu des années 90. Tel est le constat dressé dans le dernier rapport livré par le conseil national de la productivité intitulé "Productivité et compétitivité : où en est la France dans la zone euro ?". Après avoir livré une version non-définitive au début du printemps, cet organisme, présidé par l'économiste Philippe Martin pour deux années, a rendu une copie plus complète et passée presque inaperçue il y a quelques jours.

Pourtant, la question de la productivité dans le contexte du ralentissement économique dans les grandes puissances devient préoccupante.  Depuis trois décennies, la productivité française a connu trois périodes critiques en tout, au milieu des années 90, au début des années 2000 et au moment de la crise de 2008 soulignent les rapporteurs. Entre 1985 et 2000, le rythme moyen de la productivité tricolore était de 1,2% contre 0,4% sur la période 2012-2017. Si le ralentissement du progrès technique et le coup de frein du produit intérieur brut (PIB) au moment de la crise sont régulièrement avancés par les économistes, bien d'autres facteurs spécifiques à la France peuvent expliquer cette dégradation des gains de productivité.

Le point noir des compétences en France

Les économistes auteurs du document pointent en particulier les compétences de la main d'oeuvre française qui seraient plus faibles que la moyenne des pays membres de l'OCDE. Bien que le système éducatif français profite aux bons élèves, "il se dégrade par le bas, avec une proportion d'élèves en difficulté toujours au-dessus de la moyenne OCDE. Les élèves issus des milieux les plus défavorisés en France (quartile inférieur de l'indice du milieu socioéconomique) ont quatre fois plus de risque que les autres d'être parmi les élèves en difficulté (contre trois fois en moyenne OCDE".

"Le système d'éducation français est caractérisé par un écart de compétences selon les origines sociales plus important que dans les autres pays." Ainsi, les inégalités sociales auraient un impact à moyen terme sur la productivité des travailleurs. En outre, les salariés français souffriraient d'une déqualification au fil de la vie active en raison d'un manque de formation continue en particulier chez les salariés les plus précaires.

Le manque d'innovation plombe la productivité

Sans réelle surprise, la France accuse un retard en matière d'innovation rappelle le Conseil national de la productivité. Les experts notent que ces performances décevantes s'expliquent en grande partie par la faiblesse de l'investissement privé, lié notamment à la structure du modèle productif français moins porté sur l'industrie que chez ses voisins.

Résultat, l'économie française est loin de remplir les objectifs affichés par le traité de Lisbonne qui fixe comme but de consacrer 3% (privé et public) de son PIB chaque année aux dépenses de recherche et développement. Or selon de récents chiffres de l'Insee, la France consacre environ 2,2% de son PIB à de telles activités. "En France, 1,4% du PIB est consacré à des activités de recherches au sein des entreprises. C'est au-dessus de la moyenne européenne, mais encore loin de l'objectif de 2%", expliquait Camille Schweitzer, chargée d'études au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche lors d'un point presse à l'Insee.

> Lire aussi : R&D : pourquoi l'Allemagne s'en sort mieux que la France

Les entreprises en retard dans l'adoption des TIC

L'autre facteur avancé par les économistes est le retard des entreprises françaises dans l'adoption des technologies de l'information et de la communication. Ces lacunes sont particulièrement criantes à travers quelques indicateurs comme le pourcentage d'entreprises qui ont un site web ou celles qui utilisent un service de cloud par exemple. "La moindre diffusion du numérique dans l'économie pourrait s'expliquer par le déficit de compétences de la population active et la faiblesse du management pour investir dans les nouvelles technologies" précisent les auteurs du rapport.

La qualité du management pointée du doigt

Outre le retard technologique, le conseil national de la productivité composé d'un collège d'une dizaine d'économistes explique en s'appuyant sur le rapport du World Management Survey que "si les entreprises françaises obtiennent un score relativement élevé en matière d'amélioration des procédés existants et des techniques de production, elles seraient en revanche relativement moins performantes sur les aspects humains du management". La France accuse notamment un retard par rapport à la moyenne de l'Union européenne sur la qualité du retour et des commentaires du manager sur le travail du salarié par exemple.

Le chômage persistant des moins qualifiés

L'écart de productivité entre la France et les autres grandes économies de l'OCDE peut s'expliquer également par le taux de chômage. La France se distingue par un taux de chômage plus élevé et un taux d'emploi plus faible par rapport à l'Allemagne, aux États-Unis ou encore le Royaume-Uni. "Les personnes au chômage ou inactives étant susceptibles d'être en moyenne moins productive que les personnes en emploi, leur exclusion de fait pourrait expliquer une part des écarts de productivité entre les pays" soulignent les économistes.

La France, loin d'être isolée

L'économie française est loin d'être la seule a avoir connu un net ralentissement des gains de productivité ces dernières années. Dans les principaux pays de l'OCDE, la productivité horaire a nettement marqué le pas à partir du milieu des années 90. Cette tendance s'explique en grande partie par "un renforcement du poids dans l'économie des secteurs à faibles gains de productivité [...] La « tertiarisation » de l'économie pèse sur l'évolution des gains de productivité, car ils sont moins dynamiques dans les services que dans l'industrie".

Rien qu'en France, la proportion de l'industrie dans l'emploi du secteur marchand a chuté de 15 points depuis le début des années 80 passant de 30% à 15%. Outre ce changement structurel, les économistes notent que "la politique de réduction des cotisations sociales employeurs sur les bas salaires en France, qui a contribué à l'intensification de la croissance en emploi, a pu mécaniquement freiner les gains de productivité du travail."

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a écrit le 06/08/2019 à 8:53 :
Le nombre de burn-out montre que notre productivité était en surrégime. Cette baisse s'explique aussi par un retour à une productivité plus raisonnable.
a écrit le 05/08/2019 à 6:22 :
Rien d'étonnant que la productivité baisse quand des intérêts étrangers rachètent nos entreprises puis imposent leur modes de travail, pillent notre savoir faire, puis ferment à cause d'une productivité qu'ils ont volontairement dégradé en appliquant la politique de la terre brûlé et le dumping. Tout cela au nez d'un état complice par son laxisme qui participe à la disparition de notre mode de vie, et au dé-tricotage de notre tissu social.
Réponse de le 05/08/2019 à 18:20 :
Les investisseurs étrangers achètent essentiellement : une marque, une clientèle et des brevets …. le reste ils s'en moquent , ils délocalisent vite fait en abandonnant sur place l'outils de travail , bâtiments, stock et machines outils !!!
Réponse de le 12/08/2019 à 23:54 :
@ ldx
Une nouvelle tendance dans la high tech (Apple est spécialiste…), c'est d'acheter une boîte pour une poignée d'experts ultra-compétents. Parfois, un ou deux, que l'acheteur "promet" chez lui, ne laissant qu'une coquille qui coule sans une bulle.
Si la poignée est assez grande (je pense à la fois ou Apple avait "mis la main" sur une cinquantaine de gars hyper-velus en conception de proc sur fpga : un vrai trésor !), la boîte peut subsister physiquement (les experts s'évaporent parfois quand on les oblige à déménager) mais avec de gros changements de priorités, surtout pour les gens "sans valeur".

Cela dit, ça n'arrive pas tous les jours en France. Mais je pense à un cas.
Réponse de le 12/08/2019 à 23:55 :
@ ldx
Une nouvelle tendance dans la high tech (Apple est spécialiste…), c'est d'acheter une boîte pour une poignée d'experts ultra-compétents. Parfois, un ou deux, que l'acheteur "promeut" chez lui, ne laissant qu'une coquille qui coule sans une bulle.
Si la poignée est assez grande (je pense à la fois ou Apple avait "mis la main" sur une cinquantaine de gars hyper-velus en conception de proc sur fpga : un vrai trésor !), la boîte peut subsister physiquement (les experts s'évaporent parfois quand on les oblige à déménager) mais avec de gros changements de priorités, surtout pour les gens "sans valeur".

Cela dit, ça n'arrive pas tous les jours en France. Mais je pense à un cas.
a écrit le 31/07/2019 à 17:31 :
Donc en gros on comprend que l'organisation du travail n'est pas faite pour améliorer les choses. Enfin un rapport qui pointe la part de responsabilité des cadres dirigeants.

Petit point de détail sur la perte de poids de l'industrie puisque le rapport semble n'observer que les chiffre: il ignore superbement que depuis les années 80 l'industrie a externalisé tout ce qui était identifié comme "hors cœur de métier": ménage, maintenance, SAV, restauration collective, développement informatique, ingénierie, etc.
Toutes ces activités sont maintenant comptabilisées en tant que services.
a écrit le 30/07/2019 à 10:17 :
Innovation, OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle)
Education, la France, toujours mauvaise dans ce secteur, ne progresse pas, et reste la 16ème nation la plus innovante au monde.
"16ème mondialement et 9ème au niveau européen. Cette place serait due à lourdeur de son système éducatif."
Réponse de le 05/08/2019 à 18:22 :
Tiens donc ! encore et toujours notre système éducatif en cause , et quoi plus ?
Désolé .
a écrit le 29/07/2019 à 14:56 :
Bon bah c'est simple, on fait pas venir assez de migrés, encourager le travail le we et la nuit, baisser les charges, les aides sociales, les services publics, mais tout ca devrait s’améliorer et s'accélérer pendant le prochain mandat de macron ou de celui qui le remplacera.
a écrit le 29/07/2019 à 8:48 :
La politique de l'UERSS de dumping social ne peut qu'empiler les problèmes concernant la force de travail.
a écrit le 28/07/2019 à 18:36 :
Parce que les jeunes qu'on embauche sont moins bien formés (voir simplement la chute du niveau requis au lycée) et peu motivés
Parce qu'on a remplacé les managers qui avaient gravis les étages en interne par des communicants parachutés qui roulent avant tout pour eux
Parce qu'on n'a ni la culture de l'effort ni celle du travail bien fait

je pourrais continuer mais ça suffit déjà à expliquer pas mal de choses
Réponse de le 05/08/2019 à 19:25 :
Discours éculé qui veut que cela soit toujours la faute des autres ( l'éducation nationale) .
Si vous voulez du personnel bien formé formez le , il existe des dispositifs pour cela et ceux qui s'y investissent ont des équipes stables et compétentes … sauf qu'il faut s'en donner la peine ce qui est plus compliquer que de râler sans jamais rien faire pour !!!
a écrit le 28/07/2019 à 15:56 :
Non mais sérieux !? Vous vous demandez pourquoi la productivité baisse ? Moi, j'ai 61 ans et la productivité, vous imaginez ce que j'en fait ! Et dire que Mr Macron veut faire "travailler" les gens jusqu'à 64, 65, 66 ans... Ouvrez les yeux ! On fait semblant :))
Réponse de le 29/07/2019 à 12:17 :
A ,60 balais et quelques on est forcément bien moins productifs, mais on a une valeur rare que le patronat et les DRH n'imaginent même pas ,: des capacités relationnelles capables de booster une équipe de jeunes sans même avoir besoin de demander (une chose que j'adorais un atelier qui tournait tout seul)
Réponse de le 29/07/2019 à 12:47 :
belle mentalité, et les jeunes vous savez ce qu'ils en font de votre retraite !
a écrit le 28/07/2019 à 14:31 :
La productivité des travailleurs et la compétitivité des entreprises dépendent de nombreux facteurs; vous en identifiez certains tout à fait réels. Mais pourquoi ignorez-vous la question du temps de travail, absolument essentielle ?
Quand un travail donné exige la participation de 10 opérateurs Allemands, if faut 11 Français pour faire le même boulot (35 h oblige). Conséquence, à qualité de travail égale, l'équipe allemande est moins chère. Ajoutez à la question du temps de travail hebdomadaire, le fait que le Français entre plus tard dans la vie active et en sort plus tôt que son homologue allemand.
Aujourd'hui, l'augmentation du temps de fravail, accompagnée de l'augmentation progressive des salaires, doit être une priorité absolue.
Réponse de le 28/07/2019 à 19:23 :
Votre raisonnement est faux car un Français est en moyenne 10% plus productif qu'un Allemand par heures travaillées selon les statistiques... donc vos 10 Français sur 35H valant quasiment à ce jour 10 Allemands sur 39H (et l'industrie Allemande est au 35H bien avant la France mais avec plus de souplesse en fonction des commandes)... L'Allemagne gagne grâce à sa politique de très bas salaires sur les emplois peu qualifiés entamées depuis 15 ans (10 à 15% inférieure à la France surtout dans l'ex RDA) et l'investissement dans des outils de productions plus récents (grâce aussi aux subventions de l'UE toujours en ex RDA). De plus du fait de sa démographie en chute libre les ouvriers viennent d'Europe de l'est et sont moins bien payés mais les logements sont moins chers. La tension sur le marché du travail est contraire à la France dont la population augmente plus donc a besoin de créer toujours plus d'emplois pour compenser...
Réponse de le 30/07/2019 à 7:51 :
@khazad
"un Français est en moyenne 10% plus productif qu'un Allemand"

Encore une étude très sérieuse.On se demande encore pourquoi l'allemagne est une grosse puissance économique et pas la France
Réponse de le 30/07/2019 à 23:29 :
Vous n'avez pas compris le principe des 35 heures.
35 heures, ce n'est pas la durée de travail hebdomadaire. On est payé 35 heures par semaine, mais on travaille entre 38h et 42h par semaine selon les secteurs d'activités. Le temps de travail au-delà de 35 heures n'est pas payé.
a écrit le 28/07/2019 à 14:24 :
Pas du tout convaincu par l'explication invoquant la prédominance du secteur tertiaire. Ce secteur était jusqu'à présent porteur de gains en productivité, et il est le plus concerné par les TICE et l'intelligence artificielle.
Réponse de le 28/07/2019 à 19:02 :
Oui effectivement l’intelligence artificielle détruira beaucoup plus d'emplois qu'elle n'en créera... Sinon elle n'a aucun intérêt pour faire des gains substantiels de productivité. Des IA pourront bientôt aussi remplacer de nombreuses fonctions tertiaires à hautes valeurs ajoutées comme expert comptable, conseillé juridique, notaire... Alimentée par des bases de données mises à jour en permanence elle seront quasi infaillibles sur les réglementations et leurs applications adaptées aux cas de chaque situations les plus conventionnelles. Seuls quelques rares cas particuliers devront être traité par un humain compétent.
a écrit le 28/07/2019 à 11:36 :
Correction du titre : Pourquoi la productivité s'était dégradée en France.
Globalement, rien n'indique qu'elle se dégrade encore.
Mais tous les secteurs industriels ne sont pas à la même enseigne !
Le fait que la France est encore très loin de l'objectif des 3% du PIB dans sa R&D n'est pas nouveau, tout comme les laisser-aller passés sur l'enseignement, les infrastructures, la digitalisation et la robotisation. Tout ceci est actuellement traité, mais au regard des déficits accumulés, et des investissement évidement étalées dans le temps, dépendants de l'endettement de la nation, ça parait très lent, mais on entrevoit le bout des tunnels. Les tunneliers n'ont ni les mêmes moyens, ni les mêmes murs à affronter. 2022 sera meilleur, 2025 bien meilleur !
a écrit le 28/07/2019 à 8:38 :
Merci pour ce rapport... Et donc, concrètement, on fait quoi pour l’industrie en France?
Réponse de le 28/07/2019 à 14:09 :
L'industrie on a mis une croix dessus,on développe surtout les services qui rapportent plus et polluent moins.Regardez la chute de l'Allemagne!
Réponse de le 13/08/2019 à 0:00 :
Soit on fait le gros dos et on attend la retraite, soit on se casse.
a écrit le 28/07/2019 à 1:05 :
Quand même, titrer sur la baisse de la productivité en France et ne parler que de la baisse de la croissance de productivité dans l’article, c’est un peu limite... mais ça fait plus catastrophiste.
C’est comme dire d’une voiture qu’elle ralentit alors qu’elle accélère moins... Au final elle continue quand même d’aller un peu plus vite qu’avant.
Reste ensuite la comparaison avec d’autres pays qui accélèrent plus ou moins que nous Tout est relatif, en somme !
Réponse de le 28/07/2019 à 8:34 :
Donc une voiture en panne et a vous et pas a votre voisin de le reparer ou non.
a écrit le 27/07/2019 à 20:06 :
Quid de la productivité dans les administrations ?
Réponse de le 12/08/2019 à 22:38 :
Comment fait-on pour définir la productivité d'un travail inutile ?

Sachant qu'il n'y a pas plus d'infirmiers dans les ministères que de professeurs dans les préfectures (ou alors, ils y font la queue).
a écrit le 27/07/2019 à 14:52 :
Comme si les entreprises francaises étaient elle meme competentes ! est il besoin de rappeler leurs performances à l'international ? A part les sacs crocos de croco chanel...
a écrit le 27/07/2019 à 10:27 :
Réponse à matin calme .
L'argument qui voudrait que cela soit toujours la faute des autres , l'éducation nationale pour vous est plus qu'éculé !!!
Regardez les entreprises et les secteurs qui réussissent et vous découvrirez que cela provient de l'investissement dans la formation initiale et continue …. vous rajoutez de bonnes conditions de travail …. un seul exemple les voitures Toyota produites à Valencienne par des ouvriers français sont exportées vers des dizaines de pays !!!
Réponse de le 27/07/2019 à 15:21 :
Le premier investissement est dans le matériel de production. Toyota Valnceinnes ne tournerait pas si elle n'était pas largement robotisée d'origine et si la direction n'était pas ouverte à des investissements secondaires.

L'investissement humain compte, bien évidemment, mais secondairement et à la marge, pour l'optimisation intelligente (réduction des attitudes anti-naturelles, respect des micro temps de repos, diversification des tâches, éradication des points de blocage...).

Le problème des entreprises française c'est qu'on raisonne trop souvent "avec la b...e et le couteau". Les patrons comptent (trop) sur la débrouillardise et la motivation individuelle, et négligent de se poser la question des moyens.... forcément ça ne conduit pas à une productivité efficace sur le long terme et ca incite au turn over.

Chose que je n'ai pas rencontré aux USA où l'employeur commence par former son personnel et s'occupe de son environnement avant de lui demander d être performant. Il convient de constater qu'à partir de ce moment, il sera plus facilement éjecté en cas d'insuffisance, mais il aura eu les moyens de faire son travail et donc une chance de réussir. La notion de "fairness" compte aux USA.

Pour en revenir à la productivité, le dernier responsable est celui qui tient les cordons de la bourse. C'est lui décide in fine du niveau d'équipement, du niveau de recrutement, du niveau de formation continue.
Et le problème c'est que ce sont des comptables qui se retrouvent à décider de choses qui relèvent la la pure décision technique.
a écrit le 27/07/2019 à 10:25 :
"vous ne connaissez pas les entreprises. Ce qu'elles attendent des salariés c'est du bon sens, de la logique, de la rigueur et/ou de la créativité"

"Le monde dans lequel les entreprises transféraient leur savoir-faire me paraît juste correspondre aux deux siècles précédents "

Quelle blague !
Vous croyez qu'un ingénieur sortant d'école va apprendre aux équipes en place de safran comment développer un réacteur ? Ce sont des écoles tellement généralistes quelles sont tout à la fois légère sur la théorie et médiocre sur les techniques pratiques, il est là le problème, les savoirs faire sont la propriété des entreprises, evidemment qu'elles ne le transfère pas aux écoles...
Aux US quand vous allez à berkeley, au mit, à standford vous avez des intervenants qui ont développé des techniques au plus haut niveau, en france vous avez affaire à l'homme qui à vu l'homme qui à vu L'urss (1er homme dans l'espace, théorie moderne du controle, armes hypervéloces hypermanoeuvrantes, hyperendurantes pendant qu'on à inventé (sic, un amateur à inventé) un hybride entre un segway et un quadricopter hyperbruyant complètement inutile et d'une inefficience crasse en matiere de consommation énergétique, une autonomie ridicule etc...) !
Réponse de le 28/07/2019 à 9:05 :
C'est vrai que la transmission des connaissances se fait en interne. La NASA garde même des salariés jusqu'à l'age de 80 ans.
Réponse de le 29/07/2019 à 7:56 :
Vous avez un wagon de retard ce qu'aujourd'hui les entreprises attendent ces des gens qui ne craquent pas sous la pression, qui sont capable de supporter de grosses charges de travail, qui sont pas malades et si possible dont les parents sont déjà mort afin d'éviter les éventuels absences que cela peu engendrer.
Réponse de le 29/07/2019 à 11:57 :
Votre réflexion sur les ingénieurs me convient tout à fait, dans mon métier. Avec juste le certif et un diplôme bac + 2 de l'afpa. Mais 3 ème génération de techniciens de maintenance, c'est moi qui les formait un comble!
Certains patrons de PME, ceux qui ont des entreprises extrêmement rentables ne s'y trompent pas en recrutant des licences pro.
a écrit le 27/07/2019 à 8:07 :
La productivité s'est dégradée parce que les conditions de travail se sont elles aussi sérieusement dégradées : temps de pauses réduits, rendement accru et management par le stress, polyvalence exacerbée, temps de trajets... La mobilité forcée est aussi un frein à la productivité : quand j'ai été muté de mon littoral natale à la montagne, mes performances se sont sérieusement dégradées, car je ne supportait tout simplement pas l'altitude. Les changements d'environnement inadaptés comme l'éloignement de ses proches sont aussi des risques psychologique qui peuvent avoir des conséquences non négligeables. Les facteurs humains ont tout simplement disparus des paramètres de gestion de la production.
Réponse de le 29/07/2019 à 9:41 :
J'ai oublié une des causes les plus importantes de la baisse de productivité : les comptes rendus et la réunionite. L'informatique permet aujourd'hui de collecter une foule de données non pertinentes que nous devons publier chaque jours, que personne n'a le temps d'analyser, et qui consomme le temps que nous pourrions consacrer à la réflexion et la synthèse. Voilà pourquoi beaucoup de problèmes ne sont pas détectés et résolus à temps. Cela engendre des dysfonctionnement en cascade qui ralentisse la production.
a écrit le 26/07/2019 à 22:08 :
@freddy-Vous faites semblant de ne pas comprendre la question.
Vous révez et vous ne connaissez pas les entreprises. Ce qu'elles attendent des salariés c'est du bon sens, de la logique, de la rigueur et/ou de la créativité. Le monde dans lequel les entreprises transféraient leur savoir-faire me paraît juste correspondre aux deux siècles précédents
Réponse de le 12/08/2019 à 22:49 :
Une entreprise n'a pas de savoir-faire, c'est une illusion. C'est confondre "savoir-faire" et "procédures".
Ce sont ses salariés qui ont un savoir-faire. Et encore, pas tous.
Et ce qu'attendent, en pratique, les décideurs à tous les niveaux, ce sont des salariés qui ne font pas de vague, même s'ils tiennent publiquement le discours inverse.
L'innovation, c'est dangereux, ça remet en cause les positions établies et les plans de carrière. Et ce n'est même pas planifiante (mais on planifie quand même).
a écrit le 26/07/2019 à 21:05 :
La France de Macron Philippe LREM bat tous les records de productivité de la pauvreté, de la misère, de la précarité et de la violence policière.
a écrit le 26/07/2019 à 16:37 :
Je viens de ce genre de famille dont les parents n ont pas eu cette chance d avoir une éducation supérieure ..certains de mes instituts ou profs me le faisaient bien sentir d ailleurs ..j étais la brebis égarée .. Mes parents ont tout entendu ... Il faudrait le placer ... Ou bien dirigé le vers un cap porcher ! Etc... Heureusement que j ai eu quelques profs qui m ont aidé .. Et surtout ma mère, qui a cru en moi et envoyer balader tout ces profs incompétents , qui n aident pas mais écrasent ce genre de profils .. J en ai le dégoût absolu .. J ai réussi à m, en sortir et quand j en croise quelques uns , ils baissent les yeux .. Voila pourquoi une grande partie des jeunes ne réussissent pas .. Un échec complet de l éducation nationale .. Des fils de profs qui aident les fils de profs ou classes aisées ..
a écrit le 26/07/2019 à 16:15 :
Que d'avis et commentaires autorisés.
Je soumettrais à votre réflexion la remarque suivante. Comment se fait-il que de nombreuses entreprises françaises sont dans l'incapacité de trouver des candidats acceptables et qualifiés, en clair le minimum étant de parler et d'écrire le français ? Et je parle de dizaine de postes pour des PME-PMI, pas quelques-uns.
Merci d'avance de vos explications et d'éclairer ma lanterne. Moi vraiment je ne comprends pas!!!!
Réponse de le 26/07/2019 à 17:30 :
Qualifiés pour quoi ? Par qui ?
ca n'a aucun sens, ce sont les entreprises qui doivent produire les savoirs faire, hors elles exigent que ceux ci leurs viennent pré-mâchés de l'extérieur.
La qualification la montée en compétence c'est un processus, pas un stock, ça peut être qu'elles arriveront à le comprendre...
Les SSI recrutent des scientifiques pour en faire des programmeurs, jugeant que ça n'est qu'une question de logique dont les tetes bien faites sont naturellement pourvus (ce qui me fait bien marrer sachant que au niveau le plus haut des mathématiques francaises la logique n'était pas considérée comme de la science mathématique mais comme de la philosophie pendant que les anglo-saxons développaient des concepts "appliqués" sur des bases mathématiques comme les relations ensemblistes, les maths à la francaise, je suis le meilleur je fais ce que je veux surtout pas du concret quelle horreur) alors qu'il faut une culture informatique, ça n'est pas qu'une question de logique, if then else, foreach etc... la bonne blague !!
Et ils ne les forment pas, juste des vernis sur quelques applications mais rien de fondamental, meme pas de la gestion de projet, UML, c'est aux personnes de se former en autodidacte à partir de documents anglo-saxons, la documentation sur le sujet étant beaucoup moins riche en francais meme si ça c'est amélioré.
Réponse de le 27/07/2019 à 9:10 :
Vous ne comprenez pas ? Mais la reponse est simple.
L' education dans le beau pays de France n'est plus qu' un lointain souvenir.
Nivellement par le bas : plus de 80% recus au bac.
Dans les annees 60/ 70 ont arrivait difficilement a 45.
Les enseignants sont devenus des fonctionnaires qui font leurs heures et basta. Les eleves, quels eleves ?
Réponse de le 27/07/2019 à 10:19 :
Les chefs d'entreprises qui ont compris que pour avoir des collaborateurs compétents , quelque soit le niveau sont ceux qui investissent dans la formation initiale et continue ..... et qui ne se contentent pas de dénigrer l'éducation nationale et qui ne cherchent pas en permanence à reporter sur les autres leurs propres errements .
Réponse de le 27/07/2019 à 11:18 :
On sent beaucoup de ressentiment, faut pas en vouloir à ceux qui ont réussi les concours 'à la française' Freddy, ils ont bossé aussi. Et puis, il n'y a pas que le soft dans la vie....
Réponse de le 28/07/2019 à 19:17 :
@matin calme

"Dans les annees 60/ 70 ont arrivait difficilement a 45".

Normal, à cette époque ,c’était le métier des parents qui déterminait l’avenir de l'enfant.Il y avait beaucoup d’ouvriers et d'usines donc le gosse à moins d'être à l'école un Einstein par Franck, l’autre,était dirigé presque automatiquement même avec des notes correctes vers un métier manuel type CAP, mécanique ,ébéniste , soudeur etc.Le BAC était réservé par l"éducation nationale aux gosses ayant des parents aisés , la reproduction des élites. Cette génération de jeune bloquée dans leur évolution en entreprise par ceux nés entre 45/55 car en arrivant sur le marché du travail ils se sont trouvés bloquées par nos peace and love qui avaient déjà pris tous les postes jusqu'à aujourd’hui.
Réponse de le 29/07/2019 à 10:11 :
"Comment se fait-il que de nombreuses entreprises françaises sont dans l'incapacité de trouver des candidats acceptables et qualifiés, en clair le minimum étant de parler et d'écrire le français ?"

Comment pourraient-ils savoir ce qu'est écrire et parler français quand on voit régulièrement (c'est du vécu) des chefs d'entreprises, des cadres et des DRH en particulier, qui ne savent pas aligner 3 mots sans faire une faute d'orthographe ou de grammaire ? Ce genre d'individu ne peut juger de rien dans ce domaine, et donc il est évident que les recrutements en pâtissent. Si en plus ils ne connaissent pas le cœur de leur métier, je vous laisse deviner ce qu'il se passe. Le déficit de compétence me semble généralisé, à tous les échelons, l'entreprise dans laquelle je travaille actuellement, est liée à plusieurs sous-traitants, et on le voit : des équipes de cadres techniques qui peuvent être d'un niveau nullissime, certains salariés qui ont une certaine conscience professionnelle et qui tirent vers le haut les tires au flanc... Ajoutez à ça des normes à ne plus savoir qu'en faire, qui contraignent jusqu'à la R&D, une administration kafkaïenne (on embauche un intérimaire tous les ans pour archiver des papiers... et on est en 2019... informatique, tout ça... quelle catastrophe) et des charges qui étouffent les entreprises, et on a le résultat qu'on connait. C'est juste un point de vue basé sur ma propre expérience j'en conviens, je ne généraliserai pas, mais j'aurais quand même tendance à me dire que la faute n'est pas exclusive à celui qui est en bas, ni à celui qui cadre, ni au premier de cordée. Il faudrait que chacun lâche du lest et tout irait mieux dans le meilleur des mondes.
a écrit le 26/07/2019 à 12:57 :
Quand on lit l’article, on comprend que le rapport cité ne comprend rien à la situation. Il n’y a que des pistes d’explication contradictoires. Par exemple, le chômage pourrait expliquer la baisse de la productivité? A bon, donc on calcule la productivité en prenant en compte les chômeurs (l’argument cite les chômeurs comme étant peu productifs, ce qui semble aller de sens)!: voilà qui est intéressant et qui doit nous interpeller sur les chiffres utilisés. Alors que théoriquement, le chômage devrait faire augmenter la productivité, en excluant les salariés les moins productifs. Pour rappel, la France est toujours championne du monde de la productivité horaire avec tous les défauts dont on nous parle dans l’article, c’est une vraie performance. La raison doit résider dans le fait que c’est le cas dans tous les pays. Si les chinoiseries étaient aussi productifs que les français, le reste du monde n’aurait pas à travaille.
Réponse de le 26/07/2019 à 13:38 :
C'est un artefact d'ailleurs démobilisateur cette antienne sans cesse répétée de la productivité supérieure même aux US des premiers de cordée en france.
Elle se fonde sur l'idée tellement simpliste que le cadre technique travail seulement pendant ses heures de travail officielles ! La bonne blague ! les entreprises francaises et les institution/organismes de formation ne délivrent que des savoirs approximatifs développées dans la sphère anglo-saxonne.
Les informaticiens ne savent même pas ce qu'est "vraiment" la programmation fonctionnelle, let alone les subtils différences entre programmation procédurale, événementielle etc... tous les concepts sont souvent foireux et n'ayant pas le temps de la réflexion, devant produire du code "glue" ayant finalement très peu de fournisseurs de solutions globales, structurantes dites de framework il n'y a meme plus de mots francais pour traduire les évolutions conceptuelles au niveau même de l'informatique de gestion.

Et ça c'est un exempe au coeur meme des processus de transformation des entreprises, le système d'information et sa nécessaire flexibilité, l'agilité nécessaire qui doit être pensée "upfront" en permanence, bref le génie logiciel.
C'est pareil dans l'électronique, plus surprenant dans la mécanique où nous avons des génies théoriques à la pointe mais dont l'essentiel des maths appliquées ont été développées par l'élite qui est allée sur la lune... parce que c'était difficile...
Il y a un énorme problème de mentalité, combien de fois j'entends dire qu'on est les meilleurs c'est allucinant ! les progrès technologiques majeurs sont tous étrangers : transitors, thyristor, AO, IA, robotique (meme la suisse fait mieux), MEF etc...Les évolutions en informatique, de l'assembeur au code structuré, de la théorie des bases de données relationnelles, la programmation procédurale, fonctionnelle, les langages objets, tous les concepts sont nés dans la sphère anglo-saxonne (y compris les pays bas).
Résultat les premiers de cordée qu'est ce qu'ils font ? ils prennent (payent) des solutions et branchent les fils, presque jamais, à part dassault système ils ne développent des éco systèmes, ils importent massivement de la productivité !!
Réponse de le 26/07/2019 à 19:25 :
Malgré le changement de pseudo on vous a reconnu, Donald sors de ce corps!
Réponse de le 12/08/2019 à 23:35 :
@ thor
Deux remarques :

Le décalage que vous observez entre les compétences des étudiants "bruts de décoffrage" et le niveau de sophistication est (en partie, j'en convient) un problème de causalité : quand un concept "de pointe" apparaît, il faut du temps pour que ce soit "digéré" sous une forme enseignable. Un étudiant "lambda" qui s'est contenté de suivre des cours sera _forcément_ en retard d'un métro. Un suiveur. Parce que les compétences des leaders ne sont pas (encore) enseignées.
À l'inverse, un manageur qui s'imagine créer une boîte leader avec des jeunes sortis d'écoles ne sera qu'un suiveur (il s'est vexé quand je lui ai dit…). Alors, se former eux-même ? Quand tout le monde leur dit qu'il faut "s'adapter au monde du travail" ? Si ça se trouve, on recrute encore des cobolistes ;-/ Et bien des informaticiens vont passer leur existence à résoudre des problèmes d'interface chaise/clavier sous M$ windows… Motivant non ?
Donc, si vous êtes fiers de votre niveau technique "de pointe", allez enseigner (mais vous vous "émousserez" très vite) ou acceptez l'idée que vos nouveaux embauchés ne sont que des ébauches…
Perso, je ne suis pas sorteux, mais j'ai eu des problèmes similaires…

Et, seconde remarque, "les progrès technologiques majeurs sont tous étrangers" : j'ai un contre exemple, mais la fin est tellement affligeante que ça va dans votre sens : l'imprimante 3D à polymérisation de couches par laser est une invention 100% française ! 3 potes s'y sont mis, de différentes boîtes, avec des manipes "en perruque" dans un coin de labo (à l'époque, on pouvait bosser sans justifier informatiquement chaque heure…).
Ils ont pris un brevet au nom de leurs boîtes mais un quelconque gestionnaire-décideur a décidé que ça n'avait aucune valeur dans le cadre de son département et a cessé de payer le brevet (ce qui lui a sans doute permis d'atteindre ses objectifs en matière de réduction de coût). Résultat, un américain qui avait lu le brevet est devenu l'inventeur officiel, et a ramassé le jackpot.
Alors, pourquoi nos 3 ingés ne l'ont pas ramassé eux-mêmes, ce jackpot ? Ben… Ils ne sont pas fous… Prendre des coups, bosser comme des dingues, supporter tout un tas de mouches du coche, tout ça pour découvrir un jour que leurs investisseurs ont vendu le fruit de leur travail à une grosse boite qui "ramasse la mise sans se fatiguer" (il paraît qu'une petite souris, en cherchant un peu, peut toujours trouver un bout de fromage… au fond d'un piège ; ou qu'un créateur d'entreprise peut toujours trouver des financements). Et si par extraordinaire ils étaient passé au travers, ils seraient devenus des "patrons suceurs de sang du prolétariat, objets de la haine universelle (médias, juges, fonctionnaires). Non, ils n'étaient pas fou. Ils ont fait une très belle carrière entre université et entreprise, et ont laissé un autre "inventer" leur idée et devenir riche.
Je vous avais dit que c'était affligeant.
a écrit le 26/07/2019 à 12:43 :
Ce qui fait la productivité ce ne sont pas les employés à la production. Incriminer en permanence les enseignants ou la CGT est une idiotie.

Mettez un fainéant idiot dans une chaîne de production moderne, intelligemment robotisée, soucieuse de l'ergonomie et il produira toujours de meilleurs produits et plus qu'un génie stakhanoviste qui bosse sur des bécanes antédiluviennes rouillées et qui s'épuise à pousser des chariots grinçants.

Si les allemands sont meilleurs, ce n'est pas parce qu'ils sont d'une race supérieure mais parce qu'ils ont 7 fois plus de robots que nous en production. Et comme leurs techniciens conduisent les machines plutôt que d'abaisser un levier 5000 fois par jour ils améliorent leurs compétences au fur et à mesure du rajeunissement de l'appareil productif.
a écrit le 26/07/2019 à 12:12 :
c'est sûr que cet article change des cocoricos habituels sur les succès de nos politiques en faveur de la R&D , sur le génie de nos savoir faire , de notre productivité ...au travail ,de notre système éducatif exemplaire .
la dernière phrase de l'article est tout à fait pertinente et confirme qu'une" bonne mesure" peut induire des conséquences désastreuses ; ayant eu une carrière professionnelle dans l'industrie ( ETI ) , j'ai observé que les choix d'investissements privilégiaient souvent et malheureusement des outils moyennement performants de prix "acceptable"associés à une main d'oeuvre pas chère , contre des équipements plus performants plus onéreux associés à une main d'oeuvre moins nombreuse mais plus technique .
le jeu de la concurrence et l'ouverture des marchés ont bien sûr désigné les gagnants et les perdants .
le CICE ne fera que retarder la modernisation des entreprises qui en bénéficient , en privilégiant un court terme de préservation de l'emploi peu productif et des dividendes pour les actionnaires .
l'avenir industriel français semble problématique .
a écrit le 26/07/2019 à 11:53 :
Bof, grâce à mon dernier fils, j'en croise des jeunes, relous, incompétents, sans le moindre diplôme, que non!, travailler à 10 balles de l'heure, autant faire un boulot à sa porte chez mac'do! Une paye permettant une vie sympa rend tout de suite bien plus efficace.
Réponse de le 29/07/2019 à 10:25 :
Ce n'est pas tout à fait faux, et c'est une bonne partie du problème : comment motiver un salarié sans le rémunérer convenablement, sans lui donner d'avantages ? Il est évident (et ça ne vaut pas que pour les jeunes), que recevoir la même paie chez McDo en tant qu'équipier, que sur un poste demandant plus de compétence dans une entreprise lambda relève du gag. Pourtant c'est une réalité. On peut ajouter à ça que la différenciation de salaire entre un équipier et un manager chez McDo, pour reprendre l'exemple, est grotesque. Il n'y a pas 36 solutions au problème : augmenter les salaires avec justice, motiver les salariés par des avantages en nature, les faire participer, les faire exister, être reconnaissant de leur travail (sans en faire trop) mais éviter toutes ces techniques de management ridicules qui consistent simplement à sortir le bétail au karting ou au bowling 2 fois l'année... pour la cohésion de groupe.
a écrit le 26/07/2019 à 11:51 :
nb : quand une entreprise allemande vend un produit "robotisé" par millions d'unités à un prix bas, la française maintient son prix élevé pour des quantités ridicules en argant une qualité sans commune mesure, ah oui ? c'est du fait main, voilà la productivité cégétiste !
a écrit le 26/07/2019 à 11:49 :
tant que la concurrence ne gênait pas bon nombre d'entreprise, les prix de vente élevés (en faibles quantités par rapports aux marchés complets) permettait aux gouvernement successifs de se glorifier d'une productivité illusoire, aujourd'hui ce n'est plus le cas.
a écrit le 26/07/2019 à 11:02 :
La France championne du monde des prélèvements obligatoires:et ça n'aurait pas d'influence sur la productivité?
Réponse de le 26/07/2019 à 11:29 :
ça n'a pas nécessairement à voir, le salarié du luxembourg, de la suisse, d'allemagne et des états-unis sont en moyenne mieux payée et leur industrie à bien tenue.
Réponse de le 26/07/2019 à 11:56 :
les prélèvements servent pour une bonne partie à investir. la France investit largement à travers la politique fiscale : infrastructures, compétences/R&D, investissement des entreprises, famille/fécondité, santé/soins, logement, environnement, défense, etc...
Réponse de le 26/07/2019 à 12:49 :
@gfx: la part la plus conséquente des prélèvements obligatoires sert à payer 1 million de fonctionnaires en trop ainsi que des dépenses inutiles (aides sociales injustifiées, priviléges de la fonction publique, chômage...)
Réponse de le 27/07/2019 à 14:24 :
Quand tu sais qu'on va te prendre la plus grande partie de ce que tu gagnes pour le filer aux autres,tu n'as plus envie de te défoncer au boulot.Plus le fait que beaucoup de salaires sont insuffisants vu le cout de la vie a cause des charges.Pour motiver les gens et les rendre plus productifs il faut une carotte:c'est mieux les récompenser pour un véritable travail fourni.Pas besoin d'avoir fait l'ENA pour savoir ça.
a écrit le 26/07/2019 à 10:47 :
et pourtant, la France a été de loin en tête en Europe pour l'accueil des investissements étrangers manufacturiers et de R&D en 2018 (EY ; KPMG ; Business France).
la France est le 3e pays avec le plus d'entreprises dans le classement Clarivate Top 100 Global Innovators et a 4 Instituts dans le top 15 du classement Reuters des organismes de recherche les plus innovants au monde (dont le CEA qui est 2e). ces bons résultats sont notamment dus au fait que les Français ont un meilleur ratio brevets obtenus/demandes de brevets que les autres pays développés (ou que la Chine). l'effort de R&D de nos entreprises, corrigé de la structure industrielle du pays, est dans les plus élevés avec les Nordiques et Japon (données OCDE dans l'étude "The UK R&D landscape", University of Cambridge, 2012).
l'Hexagone a dominé les 8 dernières éditions du Deloitte Tech Fast 500 EMEA.
la France s'est classée 3e aux Euroskills 2016/2018 et 7e des Worldskills 2017, devant Allemagne, UK, Pays-Bas, USA, Canada, Japon, Singapour, Australie, Nouvelle Zélande ou Norvège/Suède/Danemark.
seulement 9% de travailleurs bas salaire en France contre plus de 20% chez Allemagne, UK, USA, Canada, Irlande ou Corée Sud (OCDE ; Eurostat). la France tend à remplacer des jobs moyennement qualifiés par des plus qualifiés, alors que le UK remplace par des moins qualifiés (UK economy shows shift to low-skilled jobs", Financial Times, 01/2015).
système de santé dans les meilleurs au monde, sinon le meilleur, comme le disait l'OMS en 2000.
etc...

cela contraste pas mal avec ce rapport de technocrates. comme avec le rapport "Skills Outlook 2017" de l'OCDE qui disait que même les adultes français les plus performants sont en dessous de la moyenne ?!?
Réponse de le 26/07/2019 à 13:43 :
Ce que vous appelez investissement étranger, s'agissant de ceux en provenance des anglo saxons ça confine plus souvent au placement de produit... à forte valeur ajoutée qui plus est et haute technicité donc productivité.
Réponse de le 27/07/2019 à 14:31 :
Ben oui,quand l'état français et les collectivités te font un pont d'or pour que tu viennes t'installer,tu prends le fric,tu fais semblant de rester un peu et puis tu repars.Pareil avec le crédit impot recherche qui subventionne de nombreuses boites pour venir installer leur recherche chez nous.Ils ne rapportent rien au pays,ils coutent au contraire
a écrit le 26/07/2019 à 10:31 :
Les freins à notre compétitivité :
- Le modèle élitiste de l'éducation nationale qui bloque l'ascenseur social
- L'instauration de méthodes de management anglo-saxonnes qui a remplacé le personnel le plus cher (donc le plus productif), par du low-cost (pas les meilleurs)
- Les managers qui n'ont aucune formation en gestion
- La dissuasion de remettre en cause des décisions pouvant être jugées comme inefficaces (de mauvaises décisions sont parfois prises pour augmenter la facture du projet, le salarié doit donc se taire et faire comme si il n'avait rien vu)
- On présente les TIC comme la panacée pour résoudre les problèmes de productivité, alors qu'elles rendent dépendantes nos entreprise de technologies qu'elles ne maîtrisent pas, et de plus largement étrangères. Quand vos ordinateur sont bloqués par des mises à jour forcées, c'est un gros frein à la productivité. Les TIC, pourquoi pas, mais européennes. La Chine utilise d'ailleurs un système d'exploitation basé sur la technologie européenne ouverte Linux pour assurer un minimum de souveraineté économique. Quand c'est un concurrent qui maîtrise vos outils de production, on est forcément pénalisé.
a écrit le 26/07/2019 à 10:22 :
Oui, enfin la productivité ne peut pas augmenter constamment. Il y a bien un moment où on atteint un maximum. Et puis en France, on a la culture de la quantité, toujours plus d'immigration, toujours plus d'allocations familiales, toujours plus de logements sociaux. Alors forcément, le niveau baisse. On ne peut pas tout avoir.
a écrit le 26/07/2019 à 9:49 :
"Les élèves issus des milieux les plus défavorisés en France (quartile inférieur de l'indice du milieu socioéconomique) ont quatre fois plus de risque que les autres d'être parmi les élèves en difficulté (contre trois fois en moyenne OCDE"."

Le problème est aussi celui du point de départ de ces éléves et de l'incapacité d'integrer une immigration et une natalité au niveau culturel très bas.
a écrit le 26/07/2019 à 9:48 :
nos flibustiers de la politique sont ils responsables ! ? que penser du patriotisme de certains élus sur le vote du CETA
a écrit le 26/07/2019 à 9:27 :
Bonjour à tous,
Dans cette étude, la phrase rappelée ci-dessous est surprenante,
j'aurais souhaité comprendre la raison,
Citation :
Les économistes notent que "la politique de réduction des cotisations sociales employeurs sur les bas salaires en France, qui a contribué à l'intensification de la croissance en emploi, a pu mécaniquement freiner les gains de productivité du travail."
Réponse de le 26/07/2019 à 10:49 :
Cette phrase n'a rien d'étrange, et rejoins l'analyse de très nombreux économistes et experts du marché du travail: la France accorde des baisses de cotisations sociales énormes sur les salaires inférieurs à 1.6 SMIC dans l'espoir de favoriser le travail non-qualifié, alors qu'au-delà de 1.6 SMIC, les cotisations sociales sont telles (puisqu'ils paient pour tous les autres) que le 'coin fiscal' - le coût marginal du travail qualifié donc - est le plus élevé d'Europe et même du monde. Résultat: les entreprises préfèrent créer du travail non qualifié mais peu coûteux, tandis qu'elles hésitent énormément à créer des postes qualifiés donc très coûteux. Bilan: la France est le pays de l'UE où les activités qualifiées, sophistiquées, qui créent de la valeur ajoutée et paient de bon salaires, mais qui ont besoin de beaucoup d'investissements - l'industrie notamment - recule le plus au profit des activités peu sophistiquées et des emplois peu qualifiés et mal rémunérés. D'où le recul de la productivité et des salaires, les déficits massifs de nos organismes sociaux etc. C'est parfaitement logique.
Réponse de le 26/07/2019 à 10:53 :
bonjour. en gros : ne pousse t'on pas à préférer 2 emplois proches du SMIC " déchargés", à 1 emploi plus qualifié , mieux paye, susceptible de générer plus de productivité ( ne serait ce que mécaniquement, 1 poste au lie de 2, ca arrive à ça) , mais lourdement chargé ?
surement pas de réponse simple, mais question intéressante..
a écrit le 26/07/2019 à 8:44 :
"cet organisme, présidé par l'économiste Philippe Martin pour deux années"

Mais pas que ,il a été aussi conseiller économique au cabinet de Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, à partir de 2015.En 2017, il participe à la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron et à la rédaction de son programme économique.
a écrit le 26/07/2019 à 8:34 :
La politique de l'UERSS de dumping social ne peut qu'empiler les problèmes concernant la force de travail.
Réponse de le 26/07/2019 à 9:39 :
Là ce n'est pas un problème européen mais franco-français.
Réponse de le 27/07/2019 à 9:31 :
Notre chômage de masse, tout comme les esclaves européens engendrent une baisse massive des salaires et donc du pouvoir d'achat, à l'intérieur de l'URSS il y avait aussi des nuances économiques et politiques mais la mentalité imposée était bel et bien la même du fait de l'uniformité de sa classe dirigeante.

Encore 920 ans à attendre...
Réponse de le 28/07/2019 à 10:36 :
Dans cette question l'UE n'est que très secondaire. On en revient toujours à la question de la globalisation. Cette globalisation n'est pas née d'une volonté occulte mais tout simplement des immenses progrès des télécoms et de la logistique, il est donc illusoire d'essayer d'ériger des lignes Maginot pour s'en protéger (à ce sujet les gesticulations et les rodomontades protectionnistes d'un Trump qui n'ont pas provoqué une seule relocalisation ni la moindre baisse des déficits commerciaux US montrent bien la limite de l'exercice). En l'espèce l'UE constitue plutôt une protection contre une globalisation trop sauvage.
a écrit le 26/07/2019 à 7:23 :
Quand vous discutez avec des dirigeants et qu'ils vous disent en souriant que l'informatique, la RH et la compta sont des couts (comme tous les services support), vous comprenez vite l "excellence" managériale française... Qu'ils aillent faire un tour du coté des entreprises de la Tech (comme on dit ici) : l'informatique (au sens gestion de l'information) et la RH sont clairement la VA de ces entreprise, et elles en tirent pleinement profit. Toutes les industries qui ont passé le cap intellectuel de "services support = cout" à "services support = VA ajoutée" s'en tirent mieux que les autres (et c'est bien ce qui est enseigné à l'école). Un petit rafraichissement de mémoire ? Bah non, parce que le manager français croit tout savoir sur tout ad vitam æternam, lorsque d'autres se maintiennent constamment à jour (hé oui, les savoirs évoluent). D'autre part, qui se soucie de l'employabilité des salariés ? le secteur privé ? laissez moi rire...Hormis certains grands groupes qui ont un intérêt à former leurs effectifs régulièrement pour en retirer une VA, un avantage, qui se souciera de former une personne pour le compte d'une autre entreprise ?
a écrit le 26/07/2019 à 7:01 :
Bombe sociale en perspective.

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