Prélèvement à la source : le Medef demande un moratoire d'un an

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Pierre Gattaz craint que la mise en place du prélèvement à la source au 1er janvier 2019 ne pose un gros problème psychologique à gérer pour les entreprises.
Pierre Gattaz craint que la mise en place du prélèvement à la source au 1er janvier 2019 ne pose un "gros problème psychologique à gérer" pour les entreprises. (Crédits : REUTERS/Regis Duvignau)
Pierre Gattaz, président du Medef, a estimé dimanche sur RTL qu'un délai d'un an supplémentaire serait nécessaire pour mieux préparer le prélèvement de l'impôt à la source. Dans le même temps, Gérald Darmanin organise ce lundi, à Beauvais, le premier comité de pilotage consacré à la réforme.

Il s'agissait de l'une des mesures phares de la fin du quinquennat Hollande. Celle de la collecte de l'impôt au versement du salaire, et non plus un an après comme actuellement. Devant le Grand jury RTL/Figaro/LCI, le président du Medef Pierre Gattaz a demandé au gouvernement un "moratoire d'un an" pour sa mise en place, afin de mieux préparer cette réforme.

 "Nous sommes très inquiets sur le prélèvement à la source, nous l'avons dit depuis trois/quatre ans. Je pense que ce serait intéressant de pouvoir au moins décaler d'un an de plus (cette mesure) pour pouvoir faire des tests complémentaires", a jugé le président du Medef.

Il estime qu'un travail de pédagogie est encore nécessaire pour l'application de cette mesure, qui ne doit pas être imposée "brutalement". Initialement prévu pour 2018, le prélèvement de l'impôt à la source a été repoussé par le gouvernement d'Edouard Philippe au 1er janvier 2019.

"En pleine convalescence économique"

Selon Pierre Gattaz, si la feuille de paie devait baisser à compter du 1er janvier 2019 ce serait "quelque chose de psychologiquement terrible".

"Je crains que l'on ait un gros problème psychologique à gérer, peut-être récessif, et que nous allions en plus transformer les chefs d'entreprises, notamment des plus petites PME, en collecteurs d'impôts et en conseillers auprès des salariés", a détaillé M. Gattaz.

Or, selon le patron des patrons, "nous sommes en convalescence économique aujourd'hui", c'est pourquoi "il faut garder la confiance des chefs d'entreprises et la confiance de nos collaborateurs".

Pierre Gattaz a également indiqué qu'il avait abordé le problème avec le président de la République, Emmanuel Macron, mais que ce dernier n'avait pour l'heure rien répondu.

"Une vraie simplification" pour Darmanin

A neuf mois de sa mise en application, le ministre de l'Action des Comptes publics Gérald Darmanin organise, ce lundi 26 mars à Beauvais (Oise), le premier comité de pilotage consacré au prélèvement de l'impôt à la source. Dans un entretien accordé au journal Le Parisien, il certifie avoir déjà pris en compte les inquiétudes des entreprises.

"J'ai pris sur moi de décaler d'un an pour cette raison. Cela nous a permis de réaliser un audit et de résoudre des difficultés techniques qui n'avaient pas été vues. Il y a déjà eu 500 expérimentations auprès d'entreprises ou de collectivités et nous allons continuer. Nous avons écouté et amendé, notamment par un allègement des sanctions pour les entreprises (...) Cette mesure est une vraie simplification", a-t-il assuré. 

Lire aussi : Prélèvement à la source : les chefs d'entreprise appréhendent la charge de travail

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 09/04/2018 à 18:07 :
Le prélèvement à la source est à mon avis une grave erreur.
1° les entreprises paient déjà pour la sécurité sociale, l'assurance chômage, les caisses de retraite,
les mutuelles, les transports ...C'est beaucoup trop surtout pour les pme.
2° On infantilise les salariés, alors que les feuilles de déclaration de revenus sont pré-remplies, et que le montant du salaire annuel lui est fourni.
3°Le salarié n'est intéressé que par le net en bas de bulletin. Bonjour les demandes d'augmentation quand en janvier 2019 le salaire net baissera.
4° On va repartir avec des hausses de coût,donc perte de compétitivité.
Tout cela est contraire aux annonces d'améliorer la rentabilité des entreprises, donc de l'emploi.
Ancien chef d'entreprise durant plus de 40 ans
a écrit le 27/03/2018 à 7:17 :
S’ils voulaient simplifier réellement la vie des entrepreneurs... pour qu’ils consacrent toute leur énergie à développer leur business et donc l’emploi... il n’y a qu’une Seule mesure, simple...
Que les employeurs cessent de supporter les risques e le coût de la collecte des assurances sociales et bientot’ impots des salariés....
Ils sont capables de le faire eux mêmes...
Pourquoi les’patrons Aiment’ a ce point leur relation avec les administrations?
a écrit le 26/03/2018 à 18:27 :
Et hop c'est reparti....pôvre Gattaz...le calimero du Medef....il est temps qu'il se retire en son château pour cultiver son jardin...avec l'aide du petit personnel payé au lance-pierre et subventionné par l'impôt....😎😂
a écrit le 26/03/2018 à 17:43 :
Pour l'industrie, il s'agit de mise à jour de logiciels.
Comme en général les français ne veulent pas accepter les changements, ils veulent des délais plus long, parce qu'ils ont rechigné à développer les logiciels et ont perdu du temps à les mettre en oeuvre dans les délais acceptables impartis.
a écrit le 26/03/2018 à 16:18 :
Tout le monde est contre sauf Lemaire qui n'y connait rien.
une usine à gaz que personne n'a demandé, qui est inutile, couteuse, et qui n'entrainera que des déceptions.
a écrit le 26/03/2018 à 15:53 :
C'est un comble: le patron des patrons prend la défense des salariés à propos d'une "réforme" sur laquelle les syndicats de salariés sont MUETS; malgré les dénégations les énarques du "gouvernement", je suis certain que nous serons tous perdants: toutes les pseudos-réformes de nos brillants dirigeants ont abouti à notre appauvrissement. Ils en sont même à nous faire croire que l'amélioration des comptes de l'Etat est réelle; quoiqu'ils en disent, le déficit budgétaire représente toujours 20% des recettes: la faute à ce ministère pléthorique, à la foule de tous ceux qui tournent autour, à ses dépenses militaires et à la gabegie générale en frais d'ostentation et de déplacements dont notre Parlement a sa part puisqu'il ne sert à rien et surtout pas à rappeler le gouvernement à l'ordre. Je ne m'attendais pas à dire un jour: Merci, Patron!
Réponse de le 26/03/2018 à 16:59 :
Les syndicats de salariés sont bien trop occupés à éviter ceux-ci de se faire tondre par leur entreprise sous contrôle des actionnaires, pour en plus parler des modalités de récolte de l' impôts sur le revenu... sans compter qu'ils ne sont pas super représentatifs. Bref pour le reste sinon je suis d'accord avec vous, si ce n'est que les dépenses militaires me semblent assez vitales ces temps-ci. Pour le reste, merci Patron aussi !
a écrit le 26/03/2018 à 14:22 :
Ce système est une usine à gaz qui ne change concrètement rien par rapport à rendre la mensualisation obligatoire. A part peut-être occuper nos chers fonctionnaires de Bercy... quant à la confidentialité, bravo ! Tout bon employeur sait très bien combien vous avez d'enfants et votre situation perso, donc grâce au taux d'imposition auquel il a désormais accès, il peut connaître le salaire du couple et... bien entendu, il ne s'en servira pas pour calculer les augments, c'est promis ! Tout cela est complètement ridicule, on était enfin arrivé à un système informatisé qui fonctionnait bien, un peu de pragmatisme bon sang !
a écrit le 26/03/2018 à 13:26 :
La France est le dernier grand pays a adopter le prélèvement a la source, plus de 30 ans après les allemands et les canadiens qui en sont plus que satisfaits. Dans notre pays, nous souffrons d'un conservatisme qui nous empêche d'avancer et de se reformer. C'est malheureux mais c'est comme cela.
Réponse de le 26/03/2018 à 15:10 :
Faux , l'argument n'est pas valable. En France nous avons les impôts les plus complexes au monde. Les pays étrangers dont vous parlez ont des impôts individualisés, le notre est familial. Si vous êtes mariés et que, seul un des deux paye l'IR, dans cette nouvelle mouture qui va payer? Ensuite, en cas de désaccord avec le fisc, vous pouvez faire opposition, bloquer le paiement, avec ce prélèvement , comment allez -vous faire ?
Réponse de le 26/03/2018 à 15:55 :
@Patriot9 26/03/2018 13:26
J'ai vécu dans trois pays différents qui font la retenue à la source et il n'y avait aucun problème (de toute façon, je ne connaissais pas les lois fiscales de ces pays !) mais comme le souligne BA, l'impôt était individualisé.
Dans notre pays, cela risque d'être un peu plus compliqué car l'impôt repose sur le revenu annuel (n'est pas pro raté), il y a le quotient familial et de nombreuses niches fiscales. Il est possible que les hauts fonctionnaires de l'Etat (qui sont extrêmement créatifs en matière de fiscalité) veuillent supprimer le quotient familial (il paraît que cela serait inconstitutionnel, mais bon) et pro rater l'impôt et là, c'est le jackpot.
Cordialement
a écrit le 26/03/2018 à 11:35 :
En quoi les entreprises feraient-elles le travail de Bercy ? Tout ce qu'elles auront à faire, c'est de prélever une partie du salaire selon un taux déjà calculé et communiqué par les finances publiques. Ce n'est pas plus compliqué, voire plus simple, que les charges salariales qui existent déjà.
Réponse de le 26/03/2018 à 15:05 :
Si votre épouse travaille, qui va payer l'impôt ? ensuite , si vous êtes mensualisé , l'IR est prélevé le 19 , avec Macron, on sera débité le 1er de chaque mois. La SS paye les retraites le 10, bonjour les comptes à découvert.
Pour qu'il y ait un IR prélevé à la source, il faut d'abord individualiser les impôts,ce qui est le cas à l'étranger. L'idéal, pour simplifier, serait de fusionner l'IR avec la CSG et supprimer progressivement les 577 niches fiscales qui représentent un manque à gagner pour l'état de 100 milliards d'euros par an. Un impôt payé par tous et simple, on peut imaginer aussi une certaine progressivité mais cet IR serait payé par 100 % des contribuables.
a écrit le 26/03/2018 à 10:45 :
Ils ont raison, ce n'est ni aux entreprises ni aux caisses de retraites à faire le boulot de Bercy. En plus, c'est une usine à gaz , on n'y comprend rien. En France, c'est un impôt familial complexe, alors qu'a l’étranger, l'impôt est individualisé. On ne sait toujours pas ou en est Macron avec sa promesse de donner à chaque couple , la possibilité de faire des déclarations séparées? ça pourrait changer le montant de l'IR compte tenu du revenu de référence. Ensuite, en cas de conflit avec le fisc , si l'IR est prélevé à la source, comment va t-on pouvoir contester le montant prélevé. Jusqu'à présent, on pouvait faire opposition à sa banque et ensuite discuter avec l'administration fiscale?

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