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ÉconomieFrance

Prix de l'énergie, super profits, « fonds vert » aux collectivités locales... Elisabeth Borne veut rassurer les Français

latribune.fr

Publié le 28 août 2022 à 08:03 - Mis à jour le 28 août 2022 à 16:07

Elisabeth Borne Première ministre

Elisabeth Borne s'est, notamment, exprimée dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France sur la flambée des prix de l'énergie.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France, première interview depuis la pause estivale, la Première ministre est revenu sur plusieurs sujets d'actualité à commencer par la hausse des prix de l'énergie qui sera « amortie ». A propos de la taxation des super profits, la cheffe du gouvernement a affirmé qu'elle « ne fermait pas la porte » à une telle mesure préférant toutefois que les entreprises « baissent leurs prix ou donnent du pouvoir d'achat à leurs salariés ». Enfin, Elisabeth Borne a annoncé le déblocage d'un « fonds vert » doté d'1,5 milliard d'euros destiné aux...

... ocales pour « les aider dans l'accélération de leur transition écologique ».

« Les Français peuvent être rassurés, nous amortirons les hausses» des prix de l'énergie, a assuré Elisabeth Borne, ajoutant que l'exécutif ne va « pas (les) laisser exploser ». La première ministre s'exprimait dans les colonnes du Parisien/Aujourd'hui en France, ce samedi abordant plusieurs sujets d'actualité dont celui de la flambée des tarifs du gaz et de l'électricité.

Actuellement, le bouclier tarifaire, toujours en vigueur jusqu'à la fin de l'année, permet de contenir la hausse et donc d'éviter de la répercuter sur les ménages français. Le tarif réglementé du gaz a, en effet, été relevé à l'automne dernier, mais est depuis gelé, tandis que celui de l'électricité a augmenté de 4% en février. Et si plusieurs voix se sont élevées pour demander une fin progressive de ce dispositif accusé d'envoyer un mauvais signal-prix au consommateur, la cheffe du gouvernement a déclaré que « nous garderons des dispositifs pour amortir les hausses des prix de l'énergie. Et nous prendrons des dispositions spécifiques pour accompagner les plus fragiles ». Vendredi dernier, les prix de l'électricité en France ont atteint 1000 euros le Mégawattheure contre 85 euros il y a un an. Quant au gaz européen, il connaît lui aussi des records à répétition. Le 24 août, il culminait à 300,165 euros le MWh. Pour décembre prochain, spécifiquement, le mégawattheure d'électricité s'échange déjà à plus de 1.600 euros, un niveau extraordinaire.

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Des propos dans la même veine que ceux tenus la veille par Bruno Le Maire qui a affirmé que la hausse de l'électricité et du gaz en 2023 serait « contenue ». Soucieux, comme la Première ministre, de rassurer les Français sur leurs factures de gaz et d'électricité à venir, le ministre de l'Economie a précisé qu'il n'y aurait pas de « rattrapage » sur les prix actuellement plafonnés en 2023, et que les hausses seraient également contenues pour le gaz. L'an prochain, « pour les ménages les plus modestes, il y aura des chèques énergie qui permettront d'aider ceux qui sont les plus en difficulté pour payer leurs factures d'énergie », a détaillé le ministre de l'Economie lors d'un déplacement à Metz pour une réunion des cadres de la majorité. De tels chèques, d'un montant compris entre 48 et 277 euros, ont déjà été accordés aux ménages à faibles revenus en 2022 pour les aider à payer les factures d'énergie de leur logement.

Pour les entreprises, le ministre de l'Economie a indiqué vouloir simplifier l'accès à des subventions pour celles qui ne bénéficient pas d'un tarif régulé ou préférentiel pour l'électricité et ont du mal à payer leurs factures énergétiques.

Les entreprises du tertiaire appelées à contribuer

Également présente à Metz, la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a, elle, demandé aux entreprises du secteur tertiaire de faire des économies d'énergie pour que les industries électro-intensives puissent continuer à fonctionner normalement. Il faut « que les entreprises du tertiaire soient conscientes que les entreprises industrielles, aujourd'hui, font face à des augmentations des tarifs du gaz et de l'électricité qui sont massives et que, par leurs économies, elles peuvent permettre à ces entreprises de continuer à travailler », a déclaré la ministre. « On peut agir sur la température des bureaux, on peut agir sur la ventilation des centres commerciaux », a-t-elle cité en exemple.

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Des mesures déjà prises dans d'autres pays comme l'Allemagne, qui craint, comme la France, de manquer de gaz l'hiver prochain. Le pays impose, par exemple, de plafonner le chauffage dans les administrations et bâtiments publics à 19 degrés à partir du 1er septembre. Il sera même limité à 12 degrés là où les employés exercent un travail physique intensif et sera éteint dans les parties communes comme les couloirs et il n'y aura plus d'eau chaude pour se laver les mains. Dans les entreprises, les températures minimales à respecter seront abaissées. De même, le gouvernement espagnol a fait valider par les députés des mesures portant principalement sur la limitation de la climatisation à 27°C dans les espaces commerciaux, les établissements culturels (cinémas, théâtres) et les infrastructures de transports, comme les aéroports ou les gares. Ces lieux devront limiter le chauffage à un maximum de 19°C cet hiver. Le texte stipule également que les lumières des vitrines des magasins, et l'éclairage des bâtiments publics, doivent être éteints à partir de 22h00. En outre, les locaux climatisés ou chauffés auront l'obligation d'installer d'ici au 30 septembre un mécanisme assurant la fermeture automatique de leurs portes afin d'éviter le gaspillage énergétique. Des mesures similaires devraient également être adoptées en France. Agnès Pannier Runacher a, en effet, annoncé fin juillet deux décrets : l'un concernant l'interdiction de maintenir les portes ouvertes dans les commerces lorsqu'ils diffusent de la climatisation ou du chauffage, et l'autre contre la publicité lumineuse. Ils devraient être prêts d'ici la fin de l'été.

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Elisabeth Borne«ne ferme pas la porte à taxer les super profits»

Et si les entreprises sont appelées à contribuer pour économiser l'énergie, elles doivent également faire un geste pour le pouvoir d'achat des consommateurs, affirme la Première ministre. « Personne ne comprendrait que des entreprises dégagent des profits exceptionnels alors même que les Français peuvent être inquiets pour leur pouvoir d'achat », a-t-elle affirmé dans sa première interview depuis la pause estivale. « Je ne ferme pas la porte à taxer les super profits », a ajouté Elisabeth Borne, qui doit s'exprimer lundi devant le Medef.

L'inflation atteignait, en juillet dernier, atteignait 6,1% sur un an, un record depuis 1985. De quoi remettre sur la table la question de la taxation des super profits qui a déjà largement divisé en France. Lors de l'examen de la loi pouvoir d'achat, l'amendement soutenu allant dans ce sens et soutenu par la Nupes et le Rassemblement national a été rejeté à 114 voix contre et 94 voix pour. Le texte prévoyait d'imposer une « taxe exceptionnelle de 25% » sur les « bénéfices exceptionnels » des fournisseurs d'hydrocarbures, des prestataires de transport maritime ou encore des concessionnaires d'autoroutes. Malgré ce revers, le débat n'est donc pas encore clos et les députés MoDem ont plaidé début août pour une « réflexion » à l'automne sur ce point, renvoyant notamment à une « mission flash » lancée par la commission des Finances. Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a, pour sa part, annoncé, vendredi, qu'il allait proposer à ses partenaires de la Nupes l'organisation d'un référendum d'initiative partagée sur cette taxation.

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« Je pense que le plus efficace et le plus concret pour les Français, c'est quand une entreprise, quand elle le peut, baisse les prix pour le consommateur et donne du pouvoir d'achat à ses salariés », a néanmoins affirmé Elisabeth Borne. « Prioritairement, je pense que les entreprises qui font des super profits doivent rendre du pouvoir d'achat aux Français en mobilisant les dispositifs votés début août » comme le triplement de la prime pouvoir d'achat, dite « prime Macron », sans charges sociales ni fiscalité, rappelle la cheffe du gouvernement qui promet qu'elle sera « attentive à ce qu'elles le fassent ». La cheffe du gouvernement se félicite que certaines entreprises aient « déjà pris des engagements ». « Nous veillerons à ce qu'ils soient respectés. Dans la période actuelle, tout le monde doit être responsable », a-t-elle insisté. Même si elle rappelle que le gouvernement n'a pas « cessé de baisser les impôts » et qu'elle ne va pas, à cet égard, « changer radicalement de position en (se) mettant à imposer des taxes à toutes les entreprises ».

Autre sujet ayant fait débat récemment abordé par la Première ministre, celui des jets privés. Après que le secrétaire général d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Julien Bayou, ait appelé à « bannir » les jets privés, le ministre délégué chargé des Transport, Clément Beaune a réagi en se disant favorable à une « régulation » de ces vols. De son côté, Elisabeth Borne a, affirmé que « les propriétaires de jets privés doivent, comme tout le monde, participer à la réduction des gaz à effet de serre ».

Devant les cadres de la majorité réunis à Metz samedi, elle a aussi jugé « indispensable » « l'exemplarité des plus favorisés », mais qu'elle devait « s'inscrire dans une démarche globale » et planifiée sur l'écologie.

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Un«fonds vert»pour les collectivités locales

Elisabeth Borne a également profité de cet entretien pour annoncer le déblocage d'un « fonds vert » doté d'1,5 milliard d'euros destiné aux collectivités locales pour « les aider dans l'accélération de leur transition écologique ». Elle suggère d'utiliser ce fonds pour « la réhabilitation de friches pour limiter l'étalement urbain », pour rénover « énergétiquement les bâtiments publics comme par exemple certaines écoles », pour ramener « de la nature dans les villes » ou encore installer « des parkings relais » à leur entrée.

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Enfin, la cheffe du gouvernement n'a pas exclu le recours à l'article 49-3 de la Constitution concernant le vote du budget à l'automne. Ce dispositif permet l'adoption d'un texte sans vote, sauf motion de censure. « Nous aviserons, car les Français ne nous ont pas demandé l'immobilisme », a-t-elle répondu à ce sujet.

(Avec AFP)

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