Que faudrait-il pour que le moral des dirigeants de PME décolle ?

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Selon une étude réalisée par l'Ifop pour KPMG et la CGPME, les chefs d'entreprises interrogés chaque année depuis sept ans ont toujours les mêmes inquiétudes, notamment dans le domaine du financement.
Selon une étude réalisée par l'Ifop pour KPMG et la CGPME, les chefs d'entreprises interrogés chaque année depuis sept ans ont toujours les mêmes inquiétudes, notamment dans le domaine du financement. (Crédits : Isabelle Lefort)
Selon une étude réalisée par l'Ifop pour KPMG et la CGPME, les chefs d'entreprises interrogés chaque année depuis sept ans ont toujours les mêmes inquiétudes.

Sept ans de réflexion... Si les situations cocasses mises en scène en 1955 par Billy Wilder entre Marylin Monroe et Tom Ewell pouvaient faire sourire, le coup de projecteur que permet le 27ème Baromètre KPMG-CGPME sur le financement et l'accès au crédit des PME déclenche moins d'enthousiasme. Selon cette étude réalisée par l'Ifop pour KPMG et la CGPME, les chefs d'entreprises interrogés depuis chaque année depuis sept ans ont quasiment les mêmes soucis en tête. Marqués par la plus grave récession subie par l'économie française depuis 1945, les dirigeants e PME sont toujours très inquiets. Ce qui laisse songeur.

Un environnement anxiogène

Deux explications viennent immédiatement à l'esprit. Soit les mesures prises par les gouvernements successifs depuis 2009 ont été inefficaces, soit les dirigeants de PME sont d'indécrottables pessimistes. Cette deuxième explication peut être assez rapidement remise en question. " Si les dirigeants de PME ont une vision assez pessimiste de l'environnement dans lequel ils évoluent, ils sont assez confiants dans la solidité et la pérennité de leur entreprise. C'est une constante depuis 2009 ", constate Jacky Lintignat, le directeur général de KPMG.

Et la première ? Depuis 2009, les gouvernements ne sont pas restés les bras croisés. Un plan de relance de 200 milliards d'euros, la création du Grand emprunt lors du précédent quinquennat, le lancement de la banque publique d'investissement, le crédit d'impôt pour a compétitivité et l'emploi, les allégements de cotisations patronales contenus dans le pacte de responsabilité, la flexibilisation accrue du marché de l'emploi que permettent l'Accord national interprofessionne de 2013l, le ou plutôt les chocs de simplification sont autant de dispositifs, parmi beaucoup d'autres, sensés améliorer le quotidien des entreprises et en particulier des PME. Ces efforts ont-ils été vains ? Le niveau toujours très élevé des défaillances d'entreprises pourrait l'attester. Une chose est certaine, les nombreux revirements de la politique fiscale ont, depuis 2009, mis à mal la crédibilité de la politique économique gouvernementale, qu'elle soit de droite ou de gauche.

Dans ce contexte, les incertitudes des dirigeants de PME se traduisent de deux façons : ils réduisent leurs investissements, se contentant de renouveler leur parc de machines devenus obsolètes et en limitant les efforts en direction de l'innovation qui nécessitent des moyens en capitaux qu'ils n'ont pas ; ils limitent leurs embauches, préférant puiser dans l'arsenal de contrats courts et précaires à leur disposition plus tôt que de faire signer des CDI. Il n'y a plus qu'à espérer que la prochaine réforme sur le droit du travail, actuellement en préparation rue de Grenelle au ministère du Travail, permette d'inverser cette tendance.

En ce début d'année 2016, la situation change-t-elle ? Malheureusement non. Ils sont 45% à subir actuellement une baisse de leur chiffre d'affaires, 44% à constater une hausse des coûts des prix des fournisseurs - ce qui permet de relativiser l'impact de la baisse des prix des matières premières - et 23 % à rencontrer des problèmes de trésorerie ou de financements. " L'inquiétude est particulièrement élevée dans les entreprises de 20 à 49 salariés et dans le secteur de la construction ", observe Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l'Ifop. Constaté par l'Insee, le réchauffement du climat des affaires, notamment dans l'industrie, doit donc être relativisé.

Rien ne bouge ?

" On a l'impression que rien ne bouge depuis sept ans », regrette François Asselin, le président de la CGPME. C'est particulièrement vrai dans le domaine du financement". Sept ans plus tard, les réponses au financement à court terme des PME n'ont pas été apportées. Le vrai sujet demeure celui de l'octroi de facilités de trésorerie pour couvrir les besoins de financement sur une très courte période, c'est à dire moins de trois mois. Les réponses existantes telles que l'affacturage demeurent imparfaites et de nouvelles perspectives telles que le financement participatif restent à construire réellement ", explique-t-il.

Pourtant, une solution existe pour soulager la trésorerie des entreprises et améliorer les relations entre les PME et leurs partenaires bancaires et financiers. Elle est simple : il s'agit du respect de la loi. Plus strictement encadrés par la loi de modernisation économique votée en 2008, renforcée par la loi Hamon en mars 2014, les délais de paiement ne sont toujours pas respectés en France. Les grands groupes ne donnent pas tous l'exemple. L'Etat et les collectivités non plus. Dans le secteur privé, à de rares exceptions près, le principe en cours est le suivant : les plus gros paient les plus petits en retard. Faudra-t-il encore attendre sept ans pour que l'Etat agisse enfin dans ce domaine ?

Selon l'enquête publiée le 21 janvier par l'association CroissancePlus et la Médiation des entreprises, cette négligeance/malveillance plomberait la trésorerie des PME d'environ 15 milliards d'euros. Soit, à peu de choses près, ce que le CICE coûtera cette année aux finances publiques.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2016 à 0:36 :
Ce qu'il faudrait au chefs d'entreprise ? C'est bien une question de journalistes.
Et bien tout simplement des commandes. Celles qui partent à l'étranger pardis!!
a écrit le 28/01/2016 à 0:36 :
Ce qu'il faudrait au chefs d'entreprise ? C'est bien une question de journalistes.
Et bien tout simplement des commandes. Celles qui partent à l'étranger pardis!!
a écrit le 27/01/2016 à 11:59 :
Intérim PrismEmploi, Profesionnels du Recrutement et de l’Intérim:
Evolution des contrats, de septembre 2014 à decembre 2015:
09/14 : - 2,0%
10/14 : - 2,9%
11/14 : - 2,7
12/14 : - 4,1
01/15 : + 1,2
02/15 : + 3,7
03/15 : - 0,2
04/15 : + 2,7
05/15 : + 6,0
06/15 : + 1,6
07/15 : + 2,6
08/15 : + 4,2
09/15 : + 6,1%
10/15 : + 9,6%
11/15 : + 5,0%
12/15 : + 9,4%
« Au cours de l’année 2015, l’emploi intérimaire a progressé de 4,4 % en moyenne, correspondant à la création d’environ 25 000 emplois équivalent temps plein. Le redressement de l’intérim traduit le besoin de flexibilité des entreprises, l’un des leviers essentiels leur permettant de rester compétitives sur leur marché aujourd’hui. »
« Après un ralentissement de l’intérim observé en novembre, en partie lié aux attentats du 13 novembre, un phénomène de rattrapage s’est produit en décembre dans des secteurs tels que le commerce, les services et les transports. »
………
Pour le BTP, est-ce reparti ?
06/15 : - 7,5%
07/15 : - 7,7
08/15 : - 3,2
09/15 : - 1,0
10/15 : + 4,9
11/15 : + 0,0%
12/15 : + 9,0%
Le BTP enregistre une baisse de - 6,4 % sur l’année qui se termine très bien malgré le coup de mou en novembre. Une bonne orientation pour commencer 2016.
........
Usine Nouvelle, 26 janvier
"En 2016, les patrons de PME sont plutôt confiants et prêts à investir"
.
"Selon le baromètre de la CGPME et de KPMG sur l’accès au financement, les PME déclarent avoir des besoins de financement pour leur activité, notamment pour investir. Reste à savoir si leur banque sera au rendez-vous."
.
Selon le sondage, 55 % d’entre eux ne s’estiment pas inquiets pour leur activité pour les prochains mois, alors qu’ils n’étaient que 47 % en janvier 2015.
.
a écrit le 27/01/2016 à 7:44 :
Mais quand les Français comprendront ils que nos ennuis proviennent du prix trop faible de l'énergie comparé au cout du travail trop chargé en taxes sociales. Il faut basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique.
a écrit le 26/01/2016 à 20:02 :
Il est vrai qu'un chef d'entreprise, un vrai, un qui fait vivre son affaire pour lui, est incapable de se rendre compte que nous sommes dans une crise équivalente à celle de 1929. Déjà, il n'a pas vécu cette époque, puis, il fait comme tout le monde : les états et les banques DOIVENT nous sauver. Hors, c'est pas leur job. Dommage. Ca ût marché, mais c'est cassé. Pas assez d' "experts", peut-être ... :-) Ou y faut encore plus de théories. Des bien fumeuses incompréhensibles, si possible. De la CONFIANCE. Fiance, pas trop, mais surtout le reste. Bonne crise à tous, néanmoins et koikil en soie.
a écrit le 26/01/2016 à 19:58 :
Réponse simple à cette question: qu'ils quittent la France et qu'ils aillent voir ailleurs, pour peu qu'ils soient encore jeunes et un peu aventuriers. La France est et restera engluée dans les années 70, il n'y a rien à faire pour changer ce pays qui ne jure que par les vieux corporatismes et une rigidité sans équivalent dans le monde démocratique à tous les étages. Sans oublier une volonté de ne rien changer à tous ses propres travers qui le minent depuis plus de 30 ans, et qui continueront à le miner jusqu'à ce qu'il ne puisse plus emprunter un kopeck sur les marchés publics et soit mis sous tutelle du FMI. Tout est dit.
a écrit le 26/01/2016 à 17:09 :
L’Europe et les usa sont-ils en dysfonctionnement économique ? Comment expliquer, si on prend les données numériques de la banque mondiale, on trouve que début des années 80 on aurait plus d’inflation que de croissance, on appelle cela un choc pétrolier. L’inflation serait donc considérée comme néfaste ? Entre 87 et 07 les américains feraient 3,09 de croissance et 2,47 d’inflation. Mais entre 08 et 14, ils auraient 1,56 d’inflation et 1,13 de croissance. Que s’est-il passé en 2008 pour qu’on inverse le processus de croissance ? A-t-on remis en cause le système de valeurs qui existait précédemment ? En France, on ferait entre 00 et 14 1,3 de croissance pour 1,53 d’inflation et en Allemagne 1,11 d’inflation pour 1,21 de croissance. Peut-on expliquer cela ? Par exemple on aurait 60% de diplômés chômeurs, l’Europe poursuit-elle un mandat non inflationniste ? La croissance et l’emploi n’est-ce pas très drole, il suffit d’incriminer la fluctuation monétaire ou la croissance du voisin ? Si la croissance en Europe serait plus faible qu’ailleurs, un réseau diplômé pourrait-il analyser la situation économique avec une assistance juridique pour tous ?

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