Réforme des retraites : l'âge légal de départ "reste à 62 ans", oui mais...

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Jean-Paul Delevoye, Haut commissaire chargé de la réforme des retraites.
Jean-Paul Delevoye, Haut commissaire chargé de la réforme des retraites. (Crédits : Benoit Tessier)
L'âge légal de départ à la retraite "reste fixé à 62 ans" dans le cadre du système "universel" voulu par Emmanuel Macron, a déclaré ce jeudi 21 mars le Haut commissaire chargé de cette réforme, Jean-Paul Delevoye. La veille devant l'Assemblée, le Premier ministre n'a pour autant pas exclu de "travailler plus longtemps" pour financer la dépendance, autre réforme dans les tuyaux du gouvernement.

Une réforme peut en cacher une autre. Si le Premier ministre, Edouard Philippe, a exclu mercredi de modifier l'âge légal de départ à la retraite, aujourd'hui fixé à 62 ans, dans le cadre de la réforme qui sera dévoilée cette année, il a, en même temps, jugé "normal" de se poser la question s'il faut "travailler plus longtemps" pour financer les "besoins considérables" liés au vieillissement de la population française et à la perte d'autonomie des personnes âgées.

« Se poser la question de savoir s'il faut travailler plus longtemps pour que le fruit de ce travail plus long finance ces besoins considérables d'investissement et de prise en charge de la limitation du reste à charge est une question parfaitement valide. »

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dimanche, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, mercredi, avaient tous deux soulevé la question d'un report de l'âge à la retraite pour assurer la pérennité financière du régime et financer la dépendance, alors qu'Emmanuel Macron avait promis lors de sa campagne présidentielle de ne pas toucher à la borne de 62 ans.

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Les Français, champions du temps passé à la retraite

[Comme le révèle l'OCDE, la France est le pays où les retraités profitent le plus longtemps de leurs retraites. Le calcul est basé sur l'âge moyen de départ à la retraite et l'espérance de vie au moment de la sortie du marché du travail en 2016 pour chacun des pays étudiés. Ainsi, les Françaises passeraient en moyenne 27,6 ans à la retraite et les hommes près de 24 ans. Un graphique de notre partenaire Statista.]

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"Pourquoi s'interdire toute hypothèse ?" sur le financement de la dépendance ?

Ainsi, s'oriente-t-on vers un recul de l'âge légal pour financer la dépendance ? Chez nos confrères de France Inter, le Haut commissaire chargé de cette réforme, Jean-Paul Delevoye, a d'abord confirmé le maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans dans le cadre du système "universel" voulu par Emmanuel Macron.

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Il a toutefois reconnu qu'il y avait "une confusion autour de l'âge", après que le gouvernement a ouvert la porte à un allongement de la durée de travail pour financer la réforme de la dépendance.

La borne légale des 62 ans, « c'est l'âge d'ouverture des droits » mais « les Français, plein de bon sens, partent quand ils décident que leur pension est au niveau qu'ils souhaitent » et « en réalité les personnes sont en train de partir à 63, 64, 65 ans très naturellement dans le système actuel », a-t-il expliqué. Certains « calculent pour partir à l'âge du taux plein », a-t-il ajouté, soulignant que « 20% des femmes vont jusqu'à 67 ans parce qu'il y a un système de décote ».

Le Haut commissaire a cependant distingué "l'enjeu de sécurité sociale" des retraites de "l'enjeu de santé" de la dépendance, assurant qu'il y a "une étanchéité" entre les deux sujets. Mais pour financer la prise en charge de la dépendance, « le débat doit être posé dans sa totale dimension, sans aucune censure, sans aucune réserve », a-t-il estimé.

« Pourquoi s'interdire toute hypothèse ? On est dans un pays incroyable, on pose un problème et on s'interdit déjà un certain nombre de réponses », a-t-il commenté.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 23/03/2019 à 9:07 :
J'observe depuis environ 3 ans dans mon milieu professionnel des collègues qui ont plus de 62 ans et qui ne partent pas. Rentrés tardivement (autour de 23 ans) dans la fonction publique, à 62 ans ils n'ont pas l'intégralité de leur droit. Compte tenu que l'état refuse la prise en compte intégrale des primes (près de 35 % de la rémunération) dans le calcul des cotisations et des droits à la retraite (vieille revendication des fonctionnaires) et le fait d'un malus ces collègues sensés pouvoir partir à 62 ans partent, compte tenu de la chute de leur revenu autour de 64 ans voir au-delà.

On voit donc ici l'impact de la hausse du nombre de trimestre selon la date de naissance et de l'effet du malus, ce constat est d'ailleurs partagé avec le secteur privé.

Ainsi rien ne sert à l'état de modifier l'âge de départ en retraite, le nombre de trimestre cotisé servant ici finalement de garde fou.
je suis en carrière longue car j'ai commencé à travaillé à l'âge de 18 ans et je rejoins,, l'article pour ma part je partirai effectivement en retraite en fonction du montant de ma retraite et des besoins de mon ménage en espérant que mes enfants soient totalement autonomes.
Mais aujourd'hui se pose la revalorisation des retraites acquises. Je pense qu'il faut indexer les retraites jusqu'à 2 000 € sur l'inflation, au-delà de la tranche de 2000 € on prendrait 50 % de l'inflation sachant que dans ce mode de calcul je serai impacté !
a écrit le 21/03/2019 à 19:09 :
Il n’y a pas que les aspects matériels comme l'âge de départ à la retraite, il y a un projet de réforme qui s’appelle « la retraite par points » et qui n’est, selon moi, pas souhaitable.
En effet on aurait pu choisir une autre solution moins radicale, qui aurait consisté, plutôt que de vouloir créer un régime unique, à réduire le nombre de régimes, en les regroupant et en remplaçant les 42 régimes actuels par un nombre moindre, par exemple 5.
Ensuite il faut avoir à l’esprit que lorsque la réforme prévue aura été mise en place, on ne pourra pas revenir en arrière car, puisque des négociations auront préalablement eu lieu, toute contestation ou modification sera impossible.
Concernant les vraies raisons de cette réforme, j’ai bien peur que le but recherché soit surtout, grâce à la confusion qu’entrainera ce changement, de faire accepter aux futurs retraités la continuelle baisse des montants des pensions et l’allongement du temps de travail pour obtenir une pension acceptable.
Autre particularité du régime unique : les retraites de tous les français pourront être contrôlées et gelées globalement et très facilement, en ne revalorisant pas, ou tardivement, la valeur du point ou en augmentant les montants des salaires nécessaires pour l’attribution des points ou encore en augmentant les cotisations.
A noter également qu’avec cette réforme c’en sera fini, pour les salariés du régime général, du calcul sur les 25 meilleures années, permettant souvent de faire oublier quelques mois de chômage ou des « débuts » difficiles, puisque toutes les années, même celles des « débuts » où le salaire est souvent faible, seront prises en compte, d’où une pension réduite. Quant aux fonctionnaires, même si leurs primes seront en principe intégrées, l’ancienne formule qui consistait à calculer le montant de leur retraite en se basant sur les 6 derniers mois de travail, souvent précédés d’un coup de pouce informel, ne trouvera pas d’équivalence avec le futur système.
Enfin cette réforme aurait pu être l’occasion d’introduire un système de capitalisation, que certains réclament depuis longtemps, mais il n’en est rien.
Je pense donc qu’il faut abandonner cette réforme et, bien qu’il n’y ait pas d’urgence absolue, travailler sur un autre projet qui consisterait à réduire le nombre de régimes en leur laissant une certaine autonomie et non pas, comme c’est le cas avec cette réforme, à créer un régime unique à la hussarde.
Réponse de le 21/03/2019 à 19:23 :
Le but c'est de raboter les retraites du privé pour payer les professions qui mettent rien dans leurs caisses de retraites, pour mieux dire ! les vases communiquant .Et en complémentarité on fait baisser les retraites de ceux qui y sont actuellement ,par les csg et la non réindexation des pensions. Afin que les nouveaux retraités ne constatent pas ce rabotage .Voilà ce que l'on ne vous dit pas .
a écrit le 21/03/2019 à 16:54 :
Et les 55 ans pour ceux qui ont une santé pourrie, ils sont ou ?
C'est un vai scandale aussi, çà
Lorsque j'aurais l'âge de la retraite (si j'y arrive) ce sera pour faire quoi au rythme ou ça va ????
Elle est ou la justice sociale là ? Entre ceux qui vont encore faire le triathlon après la retraite, et ceux qui n'ont jamais eu la santé pour ne serait ce qu'y penser ?
Réponse de le 21/03/2019 à 18:43 :
Devrons nous comprendre qu'il faille une loi pour chacun des 65 Millions d'individus?
Réponse de le 21/03/2019 à 19:20 :
Si votre vie est un calvaire, changez en ou mettez y un terme, mais surtout évitez de geindre en espérant que tout vous tombe du ciel. La retraite ça se prépare, ça m'énerve de voire des "adultes" se comporter en gamins geignards réclamant un tour de manège supplémentaire. Dans 20-30 ans, notre approvisionnement énergétique (pétrole/charbon) va s'écrouler, du coup les retraites en pourront pas être payées au niveau actuel. Les générations futures mettront tout le monde au même niveau car elles seront fort occupées par les défis du moment : chute des approvisionnements (énergie, métaux, sable, alimentation, ...), surpopulation, changement climatique, ... Tout ce que NOUS devrions être en train de préparer mais que NOUS ne faisons pas car NOUS sommes des êtres égoïstes qui n'en avons rien à faire des conditions de survie dans 50 ans.
a écrit le 21/03/2019 à 15:53 :
Il faut toujours lire les caracteres en petit (a propos du graphe les français champions...)
En france le "a partir de la sortie effective du marché du travail" ne correspond pas a la retraite. Il y a surement des centaines de milliers de personnes qui se trainent de ass en rsa apres 50 ans.
Donc si sur 23.6 ans tu en as 5 de galere, c'est pas aussi flambard que ça.

Mais il n'en reste pas moins que les retraites françaises, quand on a une carriere "a l'ancienne", c'est tres genereux
a écrit le 21/03/2019 à 15:17 :
" il a, en même temps, jugé "normal" de se poser la question s'il faut "travailler plus longtemps"

Faut mettre cette phrase en parallele avec l'article sur "le calvaire des seniors" virés comme des mal-propres des entreprises à 50 ans.Qu'il s'adresse au patronat le Delevoye.Je pense qu'ils vont encore nous pondre une journée de solidarité supplementaire pour financer la dépendance comme le jour de Pentecôte de raffarin et une nouvelle fois exclusivement pour les salariés ,les autres professions dites liberales ne sont pas concernés ,ils doivent pas avoir de vieux dans un Epad ou ils sont enterrés au fond du jardin,mystere ?Tu parles d'une solidarité ou seul les salariés sont concernés.
Réponse de le 24/03/2019 à 12:48 :
il suffit d'appliquer la méthode choisie par les cheminots de la SNCF : travailler une minute et demi de plus par journée de travail , et le tour est joué sans que cet allongement de durée paraisse difficile à supporter .
a écrit le 21/03/2019 à 15:03 :
"LREM touch'"

On dit tout et son contraire pour ensuite valider le pire pour nous autres citoyens.

LE fait que la démocratie n'ai jamais eu de gardes fous génère la mort de la démocratie.

ET les médias totalement soumis à cet instinct de destruction ne sont pas un "quatrième pouvoir " (on en rigole encore !) mais bel est bien le pouvoir Etat-milliardaires.
a écrit le 21/03/2019 à 15:01 :
De toute façon, selon l'année de naissance, le nombre de trimestres cotisés varie déja.Par exemple, L'âge légal à partir duquel les salariés peuvent prendre leur retraite varie en fonction de la date de naissance de ceux-ci (Articles L161-17-2 et D161-2-1-9 du Code de la Sécurité sociale).A titre d'exemple, les salariés nés avant juillet 1951 peuvent partir à la retraite à l'âge de 60 ans. En revanche, si la personne est née en 1955 ou après, l'âge légal de départ à la retraite est fixé à 62 ans.les salariés nés avant 1949 devront avoir cotisé 160 trimestres pour bénéficier d'une retraite à taux plein alors que 172 trimestres seront nécessaires pour les salariés nés en 1973 et après. Ce qui correspond à 43 années de cotisation au total.Aujourd'hui, pour obtenir une retraite à taux plein, les salariés doivent avoir atteint l'âge légal prévu à l'article L161-17-2 du Code de la Sécurité sociale soit 62 ans, augmenté de 5 années (Article L351-8 du Code de la sécurité sociale).Entre 62 et 67 ans, le salarié peut donc partir à la retraite même s'il n'a pas cotisé le nombre de trimestres nécessaires, mais dans ce cas, le montant de la pension sera alors réduit. Cette réduction s'appelle la décote.
a écrit le 21/03/2019 à 13:18 :
L'âge légal de départ à la retraite tombera en désuétude comme la durée légale hebdomadaire du travail. Dans la réalité, chacun fera ses calculs pour gagner plus mais les nombres "couperets" ne seront plus les paramètres pertinents à regarder. Il faudrait que la régulation du nouveau système nous entraîne vers une stabilité du pourcentage de retraités. Certains usés par le travail physique partiront à 60 ans s'ils le peuvent et les cols blancs fringants que le travail intéresse continueront jusqu'à 70 ans.
a écrit le 21/03/2019 à 11:46 :
On sent bien toute l'ambiguïté de la com.. 62, mais évidemment pas à taux plein.. Personnellement, 61 ans, je m'estime assez grand pour que l'on parle ouvertement et sans langue de bois! Et je crois qu'il faut annoncer aux français "65 avec possibilité à taux réduit de partir plus tôt si on le souhaite" (et évidemment que l'on en a les moyens), et non "62 avec possibilité de rester plus longtemps pour un taux plein". Pour les fonctionnaires, mise à la retraite d'office à 65! Les français ont besoin que les politiques les responsabilisent!
Réponse de le 21/03/2019 à 21:02 :
Les fonctionnaires ont les mêmes durée de cotisation que les salariés du privé hors régime spéciaux et service actifs.

Donc un fonctionnaire (un enseignant par exemple) avec un master (début professionnels à 23 ans au mieux) et qui a moins de 45 ans aujourd'hui ( c'est à dire né après 73) devra partir à 66 ans (dans le meilleur des cas) au regard de la loi actuelle (taux plein à 67 ans pour cette génération et 43 ans de cotisations).

J'ai bien peur que vos illusions sur les pseudos "avantages" des fonctionnaires ne vous induise en erreur avec votre proposition de retraite d'office à 65 ans!

Vous comptez le mettre d'office à la retraite avec un taux plein? Pourquoi cette différence avec le privé?

Profitez bien de vos conditions de départ de privilégié au regard des générations futures!
a écrit le 21/03/2019 à 11:35 :
Pour un équilibre financier est des revalorisations des retraites pour mieux vivres les retraitées avec revalorisation de l inflation une retraites à 50% partirez à 64 ans un bon compromis avec promesses part une Loi des n est pas touché les retraitées sur 10 ans
Réponse de le 21/03/2019 à 13:47 :
C'est hallucinant!
Vous relisez-vous?
a écrit le 21/03/2019 à 11:10 :
CE ce syteme est bon pour le retraite qui en bonne sante veut continuez pour augmente sa retraite, mais cela punie ceux qui veulent partir pour des raison de travail penible ou pour des personnes en mauvaise sante?, MAIS CELA A AUSSI UN INPACTE SUR LES EMPLOIES QUI NE SERONT PAS LIBEREZ POUR DES JEUNES EN RECHERCHE D EMPLOIES???
a écrit le 21/03/2019 à 10:50 :
ce sont les politiques qui sont incroyables..... ils font croire autre chose que ce qu ils pensent sur le fond.......
c est exact que les gens partent de plus en plus à 63,64,ou 65 ans voir plus..... c 'est juste dû au nombre de trimestres à valider....qui augmentent regulièrement, donc l âge légal est purement un taquet minimum.....

quant à la dépendance..... vaste sujet...... sur lequel il faudrait mettre un peu le pied dans la fourmilière....... ça si ça coute cher, ça rapporte bcp à certains.....y compris le maintien en vie dans des conditions épouvantables dans certains cas, et très très couteuse

le vrai sujet.... c 'est le droit de chacun à une fin de vie "digne"... plus qu à une fin de "vie a tout prix"....

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