Retraites complémentaires : le gouvernement veut-il faire main basse sur les réserves ?
Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
06/10/2022 01:00 PICTURE ABACA-PRESS/ Rally Against The Change In The Retirement Age - Paris Disclaimer: This asset - including all text, audio and imagery - is provided by Abaca Press. Reuters does not guarantee the accuracy of, or endorse any views...
Le gouvernement va confier la collecte des cotisations de l'Agirc-Arrco aux Urssaf. Dans un esprit de « simplification », argumente-t-il. Les partenaires sociaux qui gèrent aujourd'hui ces retraites complémentaires du privé sont vent debout contre cette décision. Ils y voient une stratégie de l'exécutif pour mettre la main sur le pactole de l'Agirc-Arrco.
Alors que les syndicats ont prévu de se réunir ce soir pour décider des suites à donner à la réforme des retraites de base, voila un dossier qui fait monter d'un cran la pression avec le gouvernement. Celui de la collecte des cotisations Agirc-Arrco et de leur gestion.
En effet, le gouvernement a décidé de la confier aux Urssaf, c'est-à-dire à l'État. Soit un véritable changement alors que cela fait 75 ans que ce régime de retraites complémentaires du privé est paritaire, piloté par les partenaires sociaux.
Surtout, ce régime est bénéficiaire, et compte d'importantes réserves, estimées à plus de 60 milliards d'euros. Il n'a pas de dette car ses statuts lui interdisent d'en contracter.
Les partenaires sociaux soupçonnent le gouvernement de vouloir mettre la main sur ce pactole.
Front uni des syndicats et du patronat contre cette décision
Et, une fois n'est pas coutume, syndicats et patronat sont alignés dans ce combat.
Pour eux, sous couvert de « simplification », pour « rendre la vie des entreprises plus facile », qui n'auraient alors plus qu'un seul interlocuteur, l'exécutif chercherait à « étatiser encore un peu plus la protection sociale », selon les termes employés par les sénateurs et députés dans une tribune publiée dans le JDD le 29 octobre dernier. Il souhaiterait, sans le dire, enlever encore aux partenaires sociaux des prérogatives mais aussi et surtout récupérer l'argent de ces régimes pour l'affecter à d'autres postes. Et notamment celui de la retraite de base.
Dans un contexte où le régime de base des retraites va être rapidement de nouveau dans le rouge, l'argument d'une compensation d'un régime par l'autre pourrait s'entendre, cependant le gouvernement n'en a jamais parlé.
Alors que la concertation avec les partenaires sociaux pour réformer le régime de base, et allonger l'âge légal de départ de 62 à 64 voire 65 ans, s'annonce particulièrement tendu, ce sujet promet d'être un irritant supplémentaire.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.