RSA : le gouvernement lance une vaste concertation sur l'accompagnement

 |   |  742  mots
Sur la situation de l'emploi en général, nous revenons de loin a déclaré Muriel Pénicaud lors du point presse.
"Sur la situation de l'emploi en général, nous revenons de loin" a déclaré Muriel Pénicaud lors du point presse. (Crédits : Reuters/stephane mae)
La ministre du Travail Muriel Pénicaud a lancé lundi une consultation pour créer en 2020 un "service public de l'insertion", pour améliorer l'accompagnement des exclus de l'emploi et des bénéficiaires du RSA.

Le gouvernement veut muscler l'insertion professionnelle des plus démunis. Lors d'un point presse organisé rue de Grenelle ce lundi 9 septembre, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, accompagnée par la Secrétaire d'Etat Christelle Dubos et le haut-commissaire Jean-Marie Marx sont venus donner le coup d'envoi de ce vaste chantier. Un an après la présentation du plan pauvreté par le Président de la République, l'exécutif veut mobiliser tous les acteurs de l'insertions professionnelle.

 "Il y a un an, le président de la République annonçait le plan de lutte stratégique contre la pauvreté. Un des volets importants, c'est l'accès à l'emploi et à l'activité. Nous savons que tout le monde peut accéder à l'emploi à condition d'avoir l'accompagnement approprié. Le travail est un élément de dignité, d'autonomie. C'est aussi du lien social. Lorsque l'on parle d'insertion de nos concitoyens les plus vulnérables, pouvoir accéder à l'emploi est un facteur de sortie de la pauvreté. Pour cela, il y a une multitude d'acteurs. L'Etat est important avec ses opérateurs, les départements mais aussi les régions, les communes, les associations et les partenaires sociaux que nous voulons mobiliser pour cette concertation", a expliqué Mme Pénicaud. "Ce ne sera pas une institution de plus. Nous ne manquons pas d'institution. Ça va correspondre à une manière différente de travailler ensemble."

Ce mardi 10 septembre, le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, doit faire un déplacement sur le chantier d'insertion Ateliers Sans Frontières à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) pour lancer officiellement le pacte d'ambition pour l'insertion par l'activité économique. Il devrait apporter des précisions sur le calendrier de cette concertation.

Une concertation sur deux niveaux

"Le constat est alarmant depuis très longtemps", a martelé la ministre du Travail à l'intérieur de la salle où ont été signés les célèbres accords de Grenelle en mai 1968. A l'issue de la réunion avec tous les acteurs présents, Muriel Pénicaud a précisé les contours de la méthode. Pour son plan de bataille, l'exécutif veut mettre en place une concertation sur deux niveaux.

Sur le plan national, un comité du service public de l'insertion et un comité de pilotage doivent être mis en place. La première instance doit être présidée par les ministres concernés et doit regrouper les collectivités territoriales, les associations, les partenaires sociaux et les opérateurs publics. Un comité de suivi va être chargé d'assurer la conduite de la concertation.

Au niveau local, le gouvernement veut organiser six ateliers dans six régions différentes "afin d'assurer une concertation au plus près du terrain avec les bénéficiaires, les professionnels des collectivités territoriales, et les élus locaux". Tous ces travaux devraient être menés par Jean-Marie Marx, haut-commissaire aux compétences et à l'inclusion par l'emploi, et Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté

Quatre mois d'ateliers

Pour le calendrier, Mme Pénicaud a indiqué que "nous allons avoir quatre mois de concertation intensive qui va commencer immédiatement. Le but est d'avoir un projet de loi dès 2020 qui sera complémentaire éventuellement du projet sur le revenu universel d'activité [...] Il faut pouvoir se mettre autour de la table au niveau territorial comme au niveau national pour pouvoir faire des parcours sans coupure où les personnes ne sont pas envoyées d'une institution à une autre. C'est un changement d'approche. Les bénéficiaires seront associées à la gouvernance de ce service public de l'insertion".

La fin d'année devrait être marquée par la construction des objectifs du service public de l'emploi en septembre, le parcours d'insertion en octobre, et l'offre de service ainsi que les questions de gouvernance, de compétences et de financement en décembre et janvier. La fin de cette concertation est programmée pour le début du mois de février. Par ailleurs, la mise en place de ce dispositif aux contours encore flous devrait permettre "la création d'un droit à l'accompagnement. Aujourd'hui, il y a 2,4 millions de bénéficiaires du RSA et 1 million d'entre eux n'ont pas l'accompagnement vers l'emploi. Quand on sait que sortir de la pauvreté doit passer par une reprise d'emploi", a déclaré Christelle Dubos secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé. Il reste à voir comment les différents acteurs vont être intégrés à cette concertation.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/09/2019 à 12:32 :
Bonjour,

Comment créer un service d’accompagnement ( projet ambitieux ) alors que les services publiques actuelles , pour répondre , à des demandes «  basiques » des populations «  dégringolent » en qualité et en efficacité depuis «  la rupture et l’avénement du tout numérique «  bazooka »

Le numérique une vague qui détruit tout à son passage....

Cordialement,
Réponse de le 10/09/2019 à 13:54 :
"Le numérique une vague qui détruit tout à son passage..."

C'est pas fini puisque une fois reconditionné par Ateliers Sans Frontières ,les ordinateurs fixes et portable sont expédié dans des conteneurs en Côte d'Ivoire pour équiper les salles d’informatique pour les élèves et les professeurs de nombreux collèges et lycées à Abidjan, Bouaké, Ferkessédougou, Korhogo, Duékoué. (…),comme dit le site :" L’accès de ces établissements à Internet leur a permis d’entrer dans l’ère numérique, condition indispensable du développement ".
a écrit le 10/09/2019 à 10:18 :
On connaît la clique à Macron.

Tout est bon pour réduire les dépenses sociales pour pouvoir financer les deniers publics dans l'intérêt d'une minorité.

S'ils traitent le RSA comme l'assurance chômage, l'assurance santé et les retraites, les bénéficiaires du RSA vont passer un sale moment.

On va les faire c...er à mort pour qu'ils trouvent des jobs qui n'existent pas, on va leur baisser les revenus de solidarité et durcir encore plus es conditions d'accès.
a écrit le 10/09/2019 à 9:12 :
RSA : le gouvernement lance une vaste concertation sur l'accompagnement

Le gouvernement Philippe Edouard est bien dans la lignée des gouvernements Raffarin Fillon Valls ...

tous incapables de créer des industries,
tous incapables de conserver les industries,

tous plus médiocres les uns que les autres ...

bref des gouvernements de l'ancien monde UMP PS Modem

des gouvernements de breloques de stagiaires et de grabataires ...
a écrit le 10/09/2019 à 8:47 :
Encore une consultation, encore du gaspillage de pognon public, plutôt que de s'acharner sur les pauvres ils feraient mieux d'arrêter d'engraisser les riches.

Fermez pole emploi qui n'est qu'une fuite massive d'argent public vers les poches de la classe dirigeante et vous ferez de véritables économies et rendrez un immense service au travail que ces rentiers subventionnés ont anéanti.

Croient ils vraiment en ce qu'ils font ou bien sont ils particulièrement pervers ? Espérons que ce soit cette seconde solution sinon notre pays ne peut qu'être vulnérable aux attaques de toutes sortes avec des hurluberlus pareils.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :