Taxation des grandes entreprises : oui mais de façon limitée, approuve Macron
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Le président de la République a cependant prévenu qu'il souhaitait que cette taxation soit « limitée ».
REGIS DUVIGNAU
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Le président de la République a cependant prévenu qu'il souhaitait que cette taxation soit « limitée ».
REGIS DUVIGNAU
[Article publié le mercredi 2 octobre 2024, à 17h27, mis à jour à 18h51] L'idée d'une nouvelle taxe sur les entreprises fait son chemin. Ce mercredi, Emmanuel Macron a approuvé le principe d'une taxation « exceptionnelle » pour les grandes entreprises, dans l'objectif de ramener le déficit public - attendu à 6% en 2024 - vers les 3% en 2029. A noter qu'il s'était déjà montré favorable à une taxation exceptionnelle sur les grandes entreprises et les milliardaires à l'international. En mars 2023, lors d'un entretien télévisé sur TF1 et France 2, il avait a pointé le « cynisme » de « ces grandes entreprises qu'on a aidées » pendant la crise, disant vouloir « travailler à une contribution exceptionnelle, pour que cet argent, quand il y a des profits exceptionnels d'entreprises prêtes à racheter leurs propres actions, leurs travailleurs puissent en profiter ».
Le président de la République a cependant prévenu, ce mercredi, lors d'un forum à Berlin, que si elle était « bien comprise par les grandes entreprises », elle devait être « limitée ».
Il s'agit là d'une réponse au discours de politique générale du nouveau Premier ministre Michel Barnier, prononcé mardi. « La situation de nos comptes demande aujourd'hui un effort limité dans le temps qui devra être partagé, dans une exigence de justice fiscale », a affirmé l'ancien commissaire européen qui a précisé vouloir solliciter les « grandes et très grandes entreprises qui réalisent d'importants bénéfices ».
Le Premier ministre est, néanmoins, resté flou sur les instruments. Une surtaxe d'impôt (8%) sur les sociétés est actuellement à l'étude. Elle pourrait concerner les entreprises qui dégagent plus de 1 milliard d'euros de chiffres d'affaires par an. Mais il reste encore beaucoup d'incertitudes sur l'assiette fiscale.
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Ce mercredi, le Président a précisé que, selon lui, « la solution ne doit pas être un ajustement de court terme en coupant des dépenses sociales (...) ni surtaxer, car nous n'avons pas de grandes marges de manoeuvres fiscales ».
La veille, Michel Barnier avait lui précisé que « les deux tiers de l'effort de redressement viendra de là (la dépense publique) ». Ce qui correspond à une baisse des crédits d'environ 20 milliards d'euros pour 2025. « Nos dépenses publiques atteignent 57% de la richesse nationale contre 49% dans le reste de l'Europe », a-t-il précisé.
En dehors des entreprises, le Premier ministre va demander « une contribution exceptionnelle aux français plus fortunés afin d'éviter les stratégies de défiscalisation ». Enfin, le nouveau gouvernement va aussi lutter contre la fraude sociale. Le Premier ministre a d'ailleurs annoncé vouloir contrôler « les cartes vitales pour éviter les versements indus d'allocations ».
Ce mercredi, Michel Barnier a aussi promis d'examiner les propositions d'économie des sénateurs. Fin 2023, le Sénat avait, en effet, remodelé le projet de loi de finances en intégralité, en dégageant, selon ses estimations, sept milliards d'euros d'économie, dans, par exemple, l'aide aux consommateurs d'électricité ou la fiscalité, avec une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et une taxe sur les rachats d'actions... autant de pistes évoquées la veille devant l'Assemblée nationale par le chef du gouvernement.
« Nous avons sans doute là (au Sénat) un gisement d'économies accessibles », a ainsi affirmé le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale devant la chambre haute, à majorité de droite comme lui, dont il a salué la culture du « compromis ».
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Le président Emmanuel Macron, qui a perdu une partie de ses pouvoirs en France à la suite d'une défaite électorale, a affirmé mercredi à Berlin qu'il entendait désormais consacrer « beaucoup plus d'énergie » aux réformes à « l'échelle européenne ».
« Pour moi, la première priorité est l'échelle européenne », après avoir entrepris de nombreuses réformes économiques et sociales en France, a déclaré le chef de l'Etat lors d'un forum sur l'avenir de l'Europe dans la capitale allemande. « C'est là qu'on peut débloquer beaucoup de croissance et de potentiel », a-t-il plaidé.
(Avec AFP)
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