Un an après, les chefs d'entreprise déçus par Macron

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Après avoir connu un point haut en avril dernier, la confiance des entrepreneurs sur la conjoncture recule sérieusement.
Après avoir connu un point haut en avril dernier, la confiance des entrepreneurs sur la conjoncture recule sérieusement. (Crédits : Statista*)
Interrogés au mois de mai par OpinionWay pour CCI France/La Tribune/Europe 1 dans le cadre de "La grande consultation", les chefs d'entreprise sont 41% à être satisfaits de l'action d'Emmanuel Macron contre 75% il y a un an au moment de son arrivée au pouvoir.

Le moral des chefs d'entreprise s'effrite. Selon la dernier baromètre CCI France/ La Tribune réalisé par OpinionWay, la satisfaction des patrons à l'égard du chef de l'État a perdu 34 points entre juin 2017 et mai 2018 (75% contre 41%). À l'inverse, le niveau d'insatisfaction est passé de 21% à 59% gagnant 38 points. Le ralentissement de la croissance et la hausse du chômage au cours du premier trimestre n'ont pas joué en faveur du locataire de l'Élysée alors que celui-ci avait profité d'une croissance en 2017 révisée dernièrement à 2,3%, un niveau jamais atteint depuis 2007.

Lire aussi : Croissance : Macron la chance, cela va-t-il durer ?

Un résultat paradoxal

La multiplication des conflits sociaux relatifs à la SNCF, à la fonction publique ou encore à l'université semble avoir pesé sur le moral des dirigeants d'entreprise. Pour l'organisme de sondages, la satisfaction des patrons envers l'action de l'ancien ministre de l'Économie connaît "un coup d'arrêt de même ampleur que celui observé durant l'été 2017."  48% des personnes interrogées se déclarent désormais assez mécontentes et 11% très mécontentes de l'action de l'ancien banquier d'affaires. Dorénavant, la popularité du Président auprès des chefs d'entreprise n'est plus supérieure à celle mesurée auprès des Français.

Lire aussi : La popularité de Macron et Philippe s'érode

Mais les résultats collectés par OpinionWay peuvent paraître contradictoires. Seule une minorité de chefs d'entreprise signale que la situation de la France se détériore depuis l'arrivée au pouvoir de l'ancien haut-fonctionnaire. Selon la société spécialisée dans les enquêtes d'opinion, la baisse de satisfaction peut peut-être s'expliquer "par la situation des chefs d'entreprise, 69% jugeant que la situation de la France ne change pas vraiment sous la présidence d'Emmanuel Macron". Un résultat qui peut sembler surprenant au regard des nombreux chantiers entamés par l'exécutif depuis un an.

Lire aussi : Macron : un an de réformes

Une majorité favorable au prélèvement à la source

L'annonce de la mise en place du prélèvement à la source à partir du premier janvier 2019 a suscité beaucoup d'inquiétudes et de débats dans l'opinion publique et dans les entreprises. En dépit de ces réserves et ces inquiétudes, une majorité des chefs d'entreprise (57%) interrogés se montrent favorables à ce type de prélèvement. À l'inverse, 43% s'y opposent. Chez les Français, les résultats sont relativement similaires. 58% se déclarent favorables et 35% contestent ce dispositif.

Le moral plonge

Après avoir connu un point haut en avril dernier, la confiance des entrepreneurs sur la conjoncture recule sérieusement. L'indicateur qui prend en compte les questions de confiance à l'égard de l'évolution de l'économie et d'appréciation de la situation actuelle est passé de 142 à 120. Il existe évidemment des contrastes entre les différentes tailles d'entreprise. Le niveau d'optimisme est bien plus bas dans les entreprises de 10 salariés ou plus que dans celles de moins de 10 salariés.

Statista, baromètre Optimisme des chefs d'entreprise, La grande consultation, CCI France-La Tribune-OpinionWay-Europe1

[Cliquez sur le graphique pour l'agrandir. Crédit : Statista*]

Moins confiants sur les perspectives

Du côté des perspectives, la confiance est en baisse dans tous les domaines. La chute la plus spectaculaire concerne les projections pour l'économie française avec une baisse de 20 points passant de 75% à 55%. En ce qui concerne l'économie mondiale, la chute est de 11 points, passant de 69% à 58%. Les tensions relatives à la guerre commerciale pourraient affecter le moral des entrepreneurs. Enfin, les dirigeants interrogés sur les performances futures de leur propre entreprise se montrent légèrement moins pessimistes avec une baisse de 5 points (de 83 à 78%).

Malgré ces différentes diminutions, l'état d'esprit des chefs d'entreprise demeure très bon rappelle l'institut de sondages. En dépit d'un léger recul, la part des chefs d'entreprise qui se déclarent confiants ou optimistes est toujours majoritaire (52% pour chacun de ces qualificatifs, respectivement -6 points et -3 points), "ce qui constitue dans les deux cas, leur second meilleur score depuis 2015".

Les entrepreneurs positifs sur l'innovation

Le dernier enseignement important de cette consultation est que dans leur activité, les entrepreneurs se montrent de plus en plus positifs vis-à-vis de l'innovation. 53% des répondants considèrent que c'est un investissement pour leurs entreprises (+3 points), soit le score le plus élevé jamais atteint depuis la création de la grande consultation rappelle l'institut de sondages. Et seulement 6% considèrent l'innovation comme un mirage.

+ Lire aussi notre dossier : Un an de présidence Macron : un bilan en demi-teinte

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(*) Vous désirez exprimer votre avis, émettre une idée sur les questions économiques ? Rejoignez la Communauté CCI des entrepreneurs en participant à la plateforme d'échanges et de débats : www.grandeconsultation.fr

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Méthodologie : Étude réalisée auprès d'un échantillon de 613 dirigeants d'entreprise La représentativité de l'échantillon a été assurée par un redressement selon le secteur d'activité et la taille, après stratification par région d'implantation.L'échantillon a été interrogé par téléphone. Les interviews ont été réalisées du 14 au 22 mai 2018.

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(*) Un graphique de notre partenaire Statista.

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Opinion Way, CCI France, La Tribune, La grande consultation des entrepreneurs,,

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Commentaires
a écrit le 29/05/2018 à 21:27 :
Grand dieu!!!!!! Leurs ingratitude est juste hallucinante!!! Ils volent les pauvres pour donner aux riches, facilite l'exploitation en toute impunité, baisse l'impot sur les societés... J'en passe... Et ils sont déçu.... Qu'attende-t-ils de plus???
La possibilité d'acquerir des esclaves? Qu'on exonere les premier de corder de TVA? Un Impot sur la misere qui leurs serait redistribuer???? Vraiment je peine a trouver des idées.....
a écrit le 29/05/2018 à 19:32 :
Les français aussi sont déçus, mais ils ne leur a pas fallu un an pour le penser !
a écrit le 29/05/2018 à 15:04 :
Les chefs d'entreprises se prennent pour les rois de la planète de temps en temps il faut atteririr et aussi penser a leur employer qui souffre ils ont toucher le pacte pour l'emploie et la pour l'investicement de quoi ce plein ton franchemement tous cela pour ne pas faire baisser le chômage qui repare a la hausse et bien puisque c''est ça plus d'aide de la part de l'etat donnant donnant puisqu'il n'y a aucun retour
a écrit le 29/05/2018 à 15:00 :
Les chefs d'entreprises se prennent pour les rois de la planète de temps en temps il faur atteririr et aussi penser a leur employer qui souffre ils ont toucher le pacte pour l'emploie et la pour l'investescement de quoi ce plein ton franchemement tous cela pour ne pas faire baisser le chômage qui repare a la hausse et bien puisque c''est ça plus d'aide de la part de l'etat donnant donnant puisqu'il n'y a aucun retour
a écrit le 29/05/2018 à 13:53 :
Voilà ce qui se passe quand les élections arrangées par les médias et la com incessante de la fabrique d' opinion font sortir du chapeau un lapin aux ordres de l' UE/US qui ne défend pas les intérêts des français....
https://www.youtube.com/watch?v=Bb8dB7d3BdE
Moi je ne cesse de m' étonner que nos compatriotes n' aient pas vu venir le coup.
a écrit le 29/05/2018 à 10:09 :
Il n'y a pas qu'eux.....😁😎
a écrit le 29/05/2018 à 5:29 :
"Un résultat qui peut sembler surprenant au regard des nombreux chantiers entamés par l'exécutif depuis un an."

Ce n'est absolument pas contradictoire: ce n'est pas parce que la France s'est remise en mouvement aprés plusieurs décades d'immobilisme que ce mouvement est d'une amplitude et d'une rapidité suffisante compte-tenu du retard accumulé. D'autre part, qui dit chantier, dit travail non terminé. Les chefs d'entreprise ont par nature une culture du résultat et de un sens de la rapidité d'exécution d'un plan. Nos gouvermenents ne sont pas eux réputés pour posséderl les deux à la perfection: il y a plus de 30 ans que la nature de nos problèmes est réguliérement décrite dans d'excellents rapports.

Par ailleurs, le déficit, s'il reste juste en dessous de 3%,fera en sorte que la dette approche des 130% du P.I.B. dans 10 ans. Le chômage demeure aux alentours de 10%, le double de celui de pays comparables, ce qui est une anomalie. Il faudra probablement au moins deux mandats Macron avant que les choses ne s'amméliorent, ce qui n'est pas gagné, les populistes restant en embuscade. Il n'y a par ailleurs aucun signe de diminution de la dépense publique.

L'augmentation des droits de mutations est un obstacle à la mobilité des Français, et les impôts sur la production ne vont pas baisser avant (peut-être) 2020. Ces deux derniéres mesures ne sont pas de bon augure.

Le gouvermement devrait changer l'image de la France en la changeant profondément d'abord, et pas à la marge. Il ne faut pas éspérer que changer seulement son image va suffire à changer le pays réel, ce serait le risque de faire trop peu, trop tard, et pas assez vite.

En conclusion, il n'est pas si curieux que celà que les chefs d'entreprisent soient décus: ils attendaient probablement des changements plus rapides et surtout plus majeurs. Ils restent donc probablement, comme beaucoup de citoyens, un peu sur leur faim de changement.
a écrit le 28/05/2018 à 21:39 :
Un an après, les chefs d'entreprise déçus par Macron ...

dans 4 ans, les LREM seront dans l'état du PS aujourd'hui ... ils le vaudront bien !!!

retour chez eux avec la même fin que Valls ... dans les oubliettes crasseuses
a écrit le 28/05/2018 à 16:09 :
Et oui comme beaucoup de Français qui ont cru au père Noël
a écrit le 28/05/2018 à 13:03 :
Comme quoi la com. ne suffit pas.
a écrit le 28/05/2018 à 12:42 :
Citation
"par la situation des chefs d'entreprise, 69% jugeant que la situation de la France ne change pas vraiment sous la présidence d'Emmanuel Macron".
C'est assez vrai.
Quelles sont les réformes ?
Loi travail, SNCF ? Bof.
Nouveaux comités Théodule, oui.
La réforme des institutions est-elle un priorité ?
Où sont les réductions tangibles des frais fixes ?
Pour le moment, on continue comme depuis 45 ans ans: je crains le pire.
Cordialement
a écrit le 28/05/2018 à 12:35 :
Le plus gros problème de la France, c'est la centralisation à Paris de beaucoup trop de décisions, je suis pour une décentralisation des décisions comme en Allemagne, comme en Suisse qui sont de très bons exemples. Je préfère des régions fortes qu'un état impotent incapable de rien gérer depuis des decennies...mais les Français sont des moutons qui n'ont strictement aucun pouvoir...même plus celui des urnes.
a écrit le 28/05/2018 à 11:51 :
ce n'est que le début d'une déception qui va s'élargir au fil des prochains mois .
j'en prends le pari .
a écrit le 28/05/2018 à 10:46 :
Il faut oser...Ces types sont des éternels insatisfaits. Avec la quasi supression de l'ISF, la flat tax et les facilités de licenciement, se dire déçus, je reste sans voix. Si ils veulent, ils peuvent aller en Italie où chez les anglais, ils seront satisfaits du climat instable...
Réponse de le 29/05/2018 à 13:30 :
Vous raisonnez en relatif par rapport à la situation précédente, et oui, vous avez raison, c'est beaucoup mieux qu'avant. Ce n'est juste pas assez, pas assez vite, pour arriver dans des délais raisonnables à une ammélioration significative et perenne de la situation 'du pays en absolu
.
En gros, le président cours le risque d'être le Mikhail Gorbachev Français s'il ne fait que de la gladnost et de la perestroika au lieu de faire du Gerhard Schröder, du Jean Chrétien ou du Carl Bildt. Il mérite bien mieux que celà, et nous aussi...
a écrit le 28/05/2018 à 10:36 :
C'est normal que les patrons soient déçus. L'esclavage n'a pas été rétabli par Macron. Il faut encore versé des salaires! Espérons que cette situation ne dure pas, la rentabilité des entreprises sans charges de personnels ne pourra que s'améliorer ainsi que leur compétitivité... Il faut agir
a écrit le 28/05/2018 à 10:28 :
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir "soulagé" les entreprises (d'aucuns diraient avoir fait des cadeaux aux entreprises). Le problème de la confiance est lié à l'environnement international qui se dégrade chaque jour un peu plus et qui nous rapproche du précipice. Un environnement international qui est dégradé parce que la mondialisation, qui aurait pu être une chance, s'est transformée en une Foire d'empoigne géopolitique, une dérive financière, un pillage des ressources naturelles, un épuisement humain (esclavage et précarité)...Tous facteurs qui n'inclinent pas à la confiance, dont chacun peut en percevoir les risques, qui ne peuvent qu'augmenter, vu que le système économique est non-transformable...sauf catastrophe.
a écrit le 28/05/2018 à 10:18 :
C'est normal que plus de 51 % des français soient favorables au prélèvement à la source,ll n'y a plus que 42 % des contribuables pour payer l' IR.
a écrit le 28/05/2018 à 10:16 :
Contrairement a ce que l'on croit, les entreprises ont besoin d'un environnement public sûr et performant, tout ce que ce gouvernement continue de détruire sur ordre de l'administration de Bruxelles!
a écrit le 28/05/2018 à 8:41 :
La nécessité de notre prédisent de servir les possédants fait qu'il est bien trop clivant et par ailleurs comme au final il ne démontre qu'une politique servile envers les très riches les patrons de PME ne peuvent que s'inquiéter à terme.
a écrit le 28/05/2018 à 8:15 :
personne n est dupe !
a écrit le 28/05/2018 à 8:12 :
Je crois que cette enquête est un bon reflet de l’état actuel des chefs d’entreprises qui est // à celui des citoyens. En fait si on analyse dans le concret l’action du Président et de l’exécutif, on se rend compte que la politique du verbe et de la com, dans lesquels il est vrai ils excellent, sont bien supérieures à la politique du concret que cela soit sur le plan économique ou international. . Notre économie est portée essentiellement par une partie de la caisse à outils!!! de l’ancienne majorité pour l’autre pour la plus grande part par un environnement international porteur autant sur le plan énergie, taux que consommation. Cette croissance est fragile car la politique menée n’y est pour rien aujourd‘hui et pour demain trop timorée en commençant par le refus de réformer dans le fond la première structure anti économique l’Etat. Nous ne sommes toujours pas en état de subir le choc que j’espère minime sur les taux d’intérêts mais plus préoccupant sur l’énergie et un environnement international incertain. Les lois ou actions menées depuis le début du quinquennat sont plus dans la communication à outrance que dans le concret d’ailleurs le fait d’avoir scindé les ordonnances sur la modernisation du travail, de la loi sur la formation ou sur le chômage montre un manque de vision de ce qu’est l’économie marchande, un tout et non des bouts de ficelles politiques. Autre sujet le Monsieur je sais tout je suis le plus fort sont également une erreur que l’économie paie au prix fort car la loi sur le rail préparée dans les bureaux de l’Elysée et de Matignon aurait du avant faire l’objet d’échanges autour d’une table avec les partenaires sociaux même s’ils n’ avaient pas été d’accord l’exécutif aurait pu écouter et porter certains ajustements qu’il est entrain de mettre en place mais à quel prix pour l’économie. Cette arrogance qui devient insupportable car elle n’est pas bonne pour notre économie ne porte pas la croissance de notre pays mais à tendance à diviser la France. Enfin les couacs de plus en plus présents entre le ministre de l’économie, des comptes publics sur le social ou du ministre de l’intérieur sur l’affaire des 80 km, mais également les difficultés du ministre de l’écologie qui voit que l’exécutif est bien loin du discours sauf celui de faire grimper les taxes pour le budget et non pour la planète et le premier ministre qui doit de plus en plus monter au créneau, montrent un début de fissure de la « belle entente ». Ces fissures sont toujours un signe d’affaiblissement de l’exécutif qui montrent que les réformes menées à grand train mais sans grande révolution, plus dans les réformettes, commencent à signaler la division du gouvernement.
a écrit le 28/05/2018 à 8:01 :
normal que la confiance s'amenuise il a un programme non finance et on ne voit toujours pas les mesures d'economie ex train de vie de l'etat encore un congres à Versaille etc etc

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