Un an de crise : les chiffres vertigineux du « quoi qu'il en coûte »

UN AN DE CRISE. En 2020, la crise sanitaire a coûté plus de 160 milliards d'euros à l'État, a annoncé le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt. Avec ces mesures d'urgence auxquelles s'ajoute le plan de relance, voici les chiffres de la politique lancée par Emmanuel Macron, sous cette expression devenue emblématique depuis le 12 mars 2020.

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En 2020, la crise sanitaire a coûté plus de 160 milliards d'euros à l'État, selon le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt
En 2020, la crise sanitaire a coûté plus de 160 milliards d'euros à l'État, selon le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt (Crédits : Reuters)

Depuis un an, le gouvernement a déployé tout un arsenal de soutien à l'économie : chômage partiel, fonds de solidarité, exonération de cotisations sociales... Au total, la France a consacré 42 milliards d'euros aux mesures d'urgence l'année dernière, selon les données communiquées par le ministère des Comptes publics mercredi 17 mars. Chaque jour, cela a représenté en moyenne près de 115 millions d'euros de dépenses entre le 1er janvier et le 31 décembre. Dans le même temps, la dette publique a bondi à un rythme historique : entre fin mars et fin juin 2020, elle s'est creusée de 12,7 points, pour s'établir à 116,4% du PIB au troisième trimestre, selon la Banque de France. Et même si le troisième trimestre a enregistré un pic d'activité et des recettes plus importants que prévu, 2020 aura coûté cher à la France: 160 milliards d'euros, a précisé le ministère des Comptes publics, en y ajoutant les pertes de recettes et les manques à gagner pour l'État.

Il faut aussi ajouter les 100 milliards d'euros mobilisés dans le cadre du plan « France Relance », qui vise à « transformer l'économie et créer de nouveaux emplois ».

Lire aussi : Un an de crise : la dette publique s'envole, les entreprises sous oxygène

Les mesures d'urgence

Sur la facture de la crise sanitaire, un premier coût revient au dispositif de l'activité partielle. L'année dernière, ce sont 27 milliards d'euros qui ont servi à le financer, d'après des estimations du ministère du Travail. Et il a été prolongé en 2021 : au total, en cumulé à partir de mars 2020, « 2,728 milliards d'heures auraient été indemnisées pour 28,7 milliards d'allocations versées », souligne un rapport publié début mars par l'Inspection générale des finances et France Stratégie.

Autre dépense engagée face à la crise : le fonds de solidarité. Toujours selon ce même rapport de France Stratégie, 15,9 milliards d'euros ont déjà servi à alimenter cette mesure jusqu'à la mi-février 2021.

De même, 134 milliards d'euros de prêts garantis par l'État (PGE) ont été accordés par les banques à 659.000 entreprises, selon les données publiées par France Stratégie.

À cela s'ajoute le report de cotisations sociales autorisé par le gouvernement : d'après les données communiquées par le ministère des Comptes publics, ces mesures exceptionnelles ont coûté 4 milliards d'euros à l'État l'année dernière.

D'autant que chaque nouveau confinement augmente le coût de ces dispositifs. Par exemple, le reconfinement régional annoncé jeudi dernier coûtera 1,2 milliard d'euros de plus par mois aux finances publiques, a estimé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Concrètement, 600 millions d'euros seront destinés à compenser une partie de la perte d'activité subie par les petites entreprises et les indépendants, 400 millions serviront à couvrir le chômage partiel, et 200 millions à des exonérations de charges, selon Bercy.

Lire aussi : Le reconfinement partiel coûtera 1,2 milliard d'euros de plus par mois à l'Etat

Enfin, en bas de l'addition, une autre ligne est consacrée aux mesures de soutien pour les entreprises publiques : 8 milliards d'euros en 2020, selon les évaluations du ministre Olivier Dussopt.

Les pertes des ménages et des entreprises

Et malgré ces montants abyssaux investis dans la politique du « quoi qu'il en coûte », il a fallu attendre la fin de l'année pour en constater les effets. En effet, il n'y a qu'au troisième trimestre 2020 que l'impact de la crise du Covid sur le revenu disponible des ménages a été « quasi-nul » (-0,3 points), note le rapport « Mesures d'urgence, revenus et épargne : une analyse du choc sur les ménages », publié en janvier.

Sur le reste de l'année, ils se sont appauvris. Rien que pendant le premier confinement, les ménages et les entreprises indépendantes sont touchés à hauteur de 11 milliards d'euros en huit semaines, révèle un rapport de l'Observatoire Français des Conjonctures Économiques (Ofce) publié en avril dernier. De leur côté, les entreprises, hors entreprises indépendantes, ont perdu 42 milliards d'euros sur cette période, ajoute-t-il.

Lire aussi : Un an de crise : les plans sociaux explosent, les défaillances chutent

Dès lors, en ajoutant cette baisse des revenus à la souplesse affichée par le gouvernement, la crise s'est aussi soldée par une importante perte de recettes fiscales pour l'État (TVA, impôt sur les sociétés...). En 2020, cela a représenté 37,1 milliards d'euros de manque à gagner, a précisé le ministre des Comptes publics.

Après ces sommes engagées dans l'urgence de la situation, une dernière dépense est à mettre sur le compte du plan de relance, et qui s'étale sur plusieurs années. Dans ce cadre, 30 milliards d'euros sont mobilisés pour financer la transition écologique, 35 milliards pour la compétitivité, et enfin 35 autres pour la cohésion nationale.

(Avec AFP)

Lire aussi : Manque d'anticipation, « imprécisions », les conclusions de la gestion de l'État de la crise Covid-19

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Commentaires 3
à écrit le 26/03/2021 à 4:34
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"Quoi qu'il vous en coute".

à écrit le 25/03/2021 à 22:14
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"Sur le reste de l'année, ils se sont appauvris. Rien que pendant le premier confinement, les ménages ont perdu 11 milliards d'euros en huit semaines" Otez moi d'un doute, les ménages travaillant dans le privée, pas les ménages de fonctionnaires ?

à écrit le 25/03/2021 à 11:00
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Ah ben fallait s'y attendre. Ce qui est regrettable, c'est qu'en misant beaucoup sur la vaccination, depuis 8 mois rien a été fait pour ouvrir des lits dans les hôpitaux. Où sont les 12 000 lits promis? Y en a pas, voire moins. C'eût été sans doute ...

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