Un pactole de 500 millions pour la reconstruction de Saint-Martin et Saint-Barthélemy

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L'aide à la reconstruction de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy représente 11.000 euros par habitant des deux iles.
L'aide à la reconstruction de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy représente 11.000 euros par habitant des deux iles. (Crédits : HANDOUT)
An nom du principe de la solidarité, l’État français va apporter une aide de près de 500 millions d'euros, dont 370 millions non remboursables, à la reconstruction des deux iles des Caraïbes.

L'ensemble du plan de reconstruction des deux iles française des Caraïbes ravagées par l'ouragan Irma, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, est définitivement lancé par les deux collectivités et Paris. L'engagement financier des pouvoirs publics français en faveur des Iles du Nord six mois après le passage d'Irma s'élèvera à près de 500 millions d'euros. 493,6 millions précisément, dont 163 millions pour le dispositif d'urgence (déploiement de 3.000 agents et bénévoles et pont aérien pour transporter 1.800 tonnes de matériels et de vivres) et 140 millions pour le soutien économique aux entreprises, aux particuliers et aux deux collectivités. Soit au total 11.000 euros par habitant.

"En prenant en compte l'ensemble des dépenses faites pour gérer l'urgence et soutenir économiquement les entreprises, les particuliers et les collectivités, l'engagement financier non-remboursable de l'État et de ses opérateurs en faveur de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy atteindra 370 millions d'euros minimum, soit près de 10.000 euros par habitant", a précisé la délégation interministérielle pour la  reconstruction des deux iles dans un communiqué.

L'État français a tenu à privilégier "une logique de solidarité nationale" alors qu'il n'était tenu à rien en raison des statuts des deux iles, qui ont notamment une autonomie fiscale, note le délégué interministériel pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin, Philippe Gustin. Ces aides financières "ne sont pas des promesses de tarmac", a d'ailleurs assuré à la Tribune Philippe Gustin. C'est pour cela que l'élaboration de ce plan a mis un peu de temps avant d'être annoncé. Cette aide permettra aux deux iles de tenir avant la prochaine saison touristique.

Une contribution exceptionnelle de Paris

A ce dispositif en cours, l'État français a décidé lundi à l'issue d'un comité interministériel de financer un tiers des investissements de la collectivité de Saint-Martin, qui a présenté un plan de près de 200 millions d'euros pour la reconstruction des infrastructures publiques relevant de sa compétence (écoles, réseaux etc.). Grâce à une contribution exceptionnelle d'un montant de 66,4 millions d'euros, Paris contribuera ainsi à la reconstruction de quatre écoles (15 millions sur 33,5 prévus), du centre hospitalier de Saint-Martin (6,4 millions), d'une salle omnisports (900.000 euros), de tous les réseaux électriques (14,7 millions) et de la rénovation d'une partie du parc de logement social (6 millions).

En outre, un prêt bonifié de longue durée de 60 millions d'euros pourra être octroyé à Saint-Martin. La collectivité ne remboursera que la somme empruntée tandis que l'État français prendra à sa charge les intérêts. Enfin, l'État laissera à la collectivité de Saint-Martin un droit de tirage exclusif sur 46 millions accordés par l'Union européenne via le Fonds de solidarité de l'Union européenne (FSUE). Sur présentation par des entités publiques de factures liée à la reconstruction durant 18 mois (novembre 2017-mai 2019 environ), Bruxelles les remboursera. Si Saint-Martin n'utilise pas toute la somme, l'État français présentera alors ses propres factures.

Enfin, l'État va également financer des projets immobiliers pour la réinstallation de ses services (18,2 millions d'euros), dont 15 millions pour la reconstruction de la préfecture. Par ailleurs, lles assurances n'ont également payé à ce stade que 609 millions d'euros sur les 1,83 milliards de dégâts assurés. "Le rythme des paiements est suivi de manière hebdomadaire par l'État", a assuré la délégation interministérielle pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin.

Redémarrage de l'activité économique

Ce plan de reconstruction va notamment assurer du travail aux entreprises de BTP des deux iles où les chantiers privés se multiplient depuis janvier. Résultat, Saint-Martin et Saint-Barthélemy "commencent à amorcer un léger redémarrage économique", notamment grâce au BTP et à la réouverture progressive des hôtels, a estimé la délégation interministérielle. Environ 300 chambres sont disponibles sur Saint-Martin, sur les 1.700 que comptait l'île avant l'ouragan Irma.

"Toutefois, le secteur du BTP local n'est pas à l'abri d'une surchauffe, d'autant que la reconstruction des infrastructures publiques n'a pas encore commencé", prévient la délégation interministérielle.

Vers une meilleure résilience

"L'État et Saint-Martin ont profité de ces derniers mois avant le lancement des grands travaux pour mettre en place une série d'outils pour garantir une reconstruction résiliente et solide", a expliqué à La Tribune le délégué interministériel pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin. Plus question de voir des habitats sauvages et une gendarmerie s'installer dans des zones inondables.

L'État a mis en place une nouvelle carte des aléas naturels, ce qui a permis à la collectivité de saint-Martin de lancer de nouvelles règles en matière d'urbanisme qui devront être respectées. L'État et Saint-Martin ont d'ailleurs prévu de mettre en place une stratégie conjointe de lutte contre les implantations illégales et de déployer une police de l'urbanisme et de la construction avant la fin du mois de mars.

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Commentaires
a écrit le 28/03/2018 à 20:00 :
Belle propagande :) Le coût des dégâts s'élève à 3 MILLIARDS, les assurances remboursants 1,83Mds, l'aide de l'État si l'on enlève la réponse d'urgence (pont aérien, militaires, etc.) ne finit par représenter que 266,4 Millions.

Les Collectivités se doivent donc de trouver plus d'1,066Mds d'euros SANS le support de l'État. Je tiens à rappeler que St. Martin N'EST PAS St. Barthélémy. On a clairement pas la même situation économique, on est pas une île de milliardaires et souffrons de beaucoup de problèmes sociaux avec une forte pression migratoire.

La solidarité ici est normale et je pense que l'État ne répond à son devoir qu'en partie.
a écrit le 12/03/2018 à 21:18 :
Et on remettra au pot à la prochaine saison cyclonique ?!
a écrit le 12/03/2018 à 20:27 :
donc pour résumer : la solidarité pour Saint-Barth est à la charge des retraités français pour que les privilégiés fiscaux de cette île puissent continuer à bénéficier des largesses du contribuable qui ne peut s'offrir le luxe de Saint-Barth ! A quand un pèlerinage de la jet set sur la tombe de JH, à nos rais bien entendu ?
Réponse de le 13/03/2018 à 2:27 :
Je pensais les retraités tellement appauvris par la hausse extrême de la CSG incapables de prendre quoi que ce soit en charge.
Réponse de le 13/03/2018 à 7:18 :
Oui, vous avez tout compris. L'Etat va casquer avec de l'argent qu'il ne possede evidemment pas. On rase gratis. Enfin presque.
a écrit le 12/03/2018 à 19:38 :
St Barth est un paradis fiscal pour milliardaires mais quand ça va mal c'est la solidarité qui trinque. Pourquoi faire payer encore le contribuable pour des gens qui ne nous versent pas un centime d'impôt. Merci la france
Réponse de le 12/03/2018 à 21:20 :
Bien vu !
a écrit le 12/03/2018 à 18:41 :
On se demande vraiment laquelle des deux va pomper tout le budget...

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