La Chine, dernière victime de la stratégie « allemande » imposée à l'Europe

 |   |  1273  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : France24)
La panique qui s'est emparée jeudi des marchés internationaux, notamment japonais, n'était peut-être pas injustifiée. Elle trouve en tous cas son origine dans la contagion à la Chine de la crise européenne...

Les investisseurs japonais ont-ils sur-réagi ce 23 mai à Tokyo en provoquant un mini-krach boursier ? Faut-il n'y voir qu'un effet secondaire de l'abondance des liquidités déversées sur l'Archipel par la Banque du Japon créant une bulle vouée à éclater ? Il y a sans doute là du vrai, car la hausse des marchés ces dernières semaines prenait un tour irréaliste. Mais réduire ce vent de panique nippon a un simple effet spéculatif serait passer à côté de l'essentiel, autrement dit à côté de l'enjeu chinois.

Le rôle de la Chine dans la reprise mondiale

C'est en effet la chute inattendue de l'indice d'activité industrielle chinois qui a été le grain de sable qui a fait trembler cette nuit le quadrilatère de béton gris qui borde l'avenue Kabuto-Chô et qui abrite la Bourse de Tokyo. Pourquoi ? Parce que le moteur chinois est aujourd'hui le seul capable de faire repartir l'ensemble de la machine économique mondiale. Nul ne peut en effet imaginer que les planches à billet en action aux Etats-Unis et au Japon ne suffisent en elles-mêmes à alimenter une reprise. Ce ne sont que des « générateurs de secours » qui permettent de maintenir l'activité le temps que les économies puissent disposer d'une dynamique propre. Or, seule la demande chinoise peut-être aujourd'hui en mesure de jouer le rôle d'entraînement nécessaire. Que le moteur chinois vienne à caler, et alors les banques centrales nippones et américaines seront condamnées à maintenir cette croissance « artificielle », jusqu'à perdre leur crédibilité et, in fine, leur capacité d'agir. Dans ce cas, les économies de ces pays entreraient dans une zone hautement dangereuse.

L'Europe en première ligne

Mais que dire de l'Europe ? Le Vieux continent serait également frappé de plein fouet par un ralentissement chinois. Rappelons que toute la stratégie menée dans la zone euro depuis 2010 consiste à améliorer la compétitivité extérieure de ses pays membres par une compression de la demande des ménages et de l'Etat. La croissance ne peut donc venir que des exportations. Un regard panoptique sur les prévisions de la Commission européenne pour 2014 suffira à s'en convaincre. La croissance prévue par Bruxelles rebondit assez nettement en passant de -0,1 % cette année à 1,4 % l'an prochain. Par quel miracle ? Par celui des exportations. « Les exportations mènent la croissance cette année », indique Bruxelles. Le flot continu d'exportations viendra irriguer les profits des entreprises qui pourront ensuite investir et embaucher et, ainsi, relancer la consommation. Mais d'où diable viendra la demande extérieure ? Evidemment de Chine qui, depuis plusieurs années est le principal moteur de la croissance des exportations européennes et singulièrement allemandes. Autrement dit, si la Chine cale, ce scénario rêvé de la Commission s'effondrera comme un château de cartes. Et la zone euro sera condamnée à demeurer dans l'abîme de la récession. C'est dire si la panique de la Bourse de Tokyo n'était pas entièrement dénuée de fondements raisonnables.

L'origine européenne du mal chinois

En réalité, le ralentissement chinois et le krach boursier nippon de ce jeudi ont pour origine cette logique européenne. Ce qui est sur le point de se jouer, c'est la dernière phase de la contagion d'un mal qui s'est déclaré en Grèce en 2010 et qui menace aujourd'hui d'infecter l'ensemble de l'économie mondiale. En mai 2010, les dirigeants européens décident de faire un exemple avec la Grèce. Ils « sauvent le pays » moyennant une politique vigoureuse de dévaluation interne. Leur volonté est alors d'afficher leur fermeté pour empêcher toute contagion et montrer que l'on peut faire de la Grèce un pays compétitif. Mais c'est exactement l'inverse qui va se produire. L'économie grecque s'effondre et les marchés testent la stratégie européenne sur l'Irlande, le Portugal, l'Espagne, l'Italie... Progressivement, la stratégie appliquée à la Grèce s'élargit à l'ensemble de la zone euro. Avec cet espoir que la compétitivité acquise dopera les exportations.

L'oubli de la demande

Mais, obsédés par la logique de l'offre, les Européens ont oublié la demande qui, logiquement s'effondre. Chaque pays s'attend à faire les frais de la prochaine cure d'austérité, les agents économiques deviennent de plus en plus prudents. La demande se tasse alors et la crise se transmet chez les partenaires commerciaux. Voici comment l'Allemagne elle-même a fini par être touché par la crise grecque. Et évidemment, la zone euro étant la première zone économique du monde, ses partenaires commerciaux ont également subi de plein fouet le recul de la demande européenne. La Chine en tête.

Le « calque allemand »

La Chine, grand pourvoyeur de biens de consommation, ne pouvait qu'être touchée par ce ralentissement européen. Mais les Européens n'en ont eu cure. Car en réalité, toute la stratégie de la zone euro est fondée sur l'exemple allemand de 2008-2009. Après la faillite de Lehman Brothers, en effet, l'économie mondiale avait marqué un brusque coup d'arrêt. Puis, au deuxième trimestre 2009, la demande chinoise avait rebondi si fortement que le creux de 2009 avait été rapidement effacé outre-Rhin. Mais ce calcul s'est révélé erroné, car la nature de la chute de la demande est aujourd'hui différente de celui de 2008-2009.

2013 n'est pas 2009

A l'époque, les agents économiques avaient été frappés de stupeur par la faillite de Lehman Brothers. Ils avaient craint un effondrement du système financier qui, dès le début de 2009, avait été évité par les plans de sauvetage des différents Etats. Parallèlement, des plans de relance se mettaient en place un peu partout. Jamais l'accès au crédit n'a été réellement menacé à ce moment. Du coup, dès le calme revenu, le rattrapage a pu s'effectuer. Aujourd'hui, la situation est toute autre : les processus de désendettement des Etats prennent des années, l'effet sur la croissance (les fameux « multiplicateurs ») a été sous-estimé et tous les moteurs de l'économie européenne semblent éteints. Les entreprises chinoises ne peuvent pas compter sur une reprise rapide de leur demande. D'où l'affaissement de leur activité industrielle et le ralentissement de la croissance du pays. En résumé, la Chine est aujourd'hui victime des illusions de l'Europe : celles de calquer la zone euro sur l'expérience allemande.

Le scénario du pire est encore possible

Cette erreur peut de surcroît avoir des conséquences graves. Devant le ralentissement de la demande extérieure, Pékin tente d'accélérer la demande intérieure. L'ennui, c'est que ceci se fait en grande partie par le crédit. Et que la qualité du crédit se dégrade fortement dans l'ancien empire du Milieu. Pourtant, l'enjeu social étant de première importance pour le régime chinois, ce dernier pourrait tenter d'alimenter encore cette demande intérieure par le crédit, notamment dans la construction. Outre que cette croissance ne profiterait guère à l'Europe et au reste du monde, elle présenterait le danger de créer une bulle menaçant d'éclater et de provoquer des dégâts considérables en Chine et dans le monde. Ce scénario sombre n'est certes pas immédiatement d'actualité, mais il apparaît désormais comme le pendant exact de l'optimisme de la Commission européenne. Surtout, l'alternative serait une croissance chinoise "médiocre" et incapable de jouer son rôle de moteur. Décidément, Kabuto-Chô avait bien des raisons de s'inquiéter...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 25/05/2013 à 12:31 :
Pas de chance... La Chine n'a pas le potentiel de consommation intérieure suffisante pour compenser les baisses de la demande en provenance de l'Occident ...occis.
C'est en plus un océan de bulles diverses...
a écrit le 25/05/2013 à 10:55 :
Le pb d'une politique de l'offre, c'est quand tous les pays veulent l'appliquer en même temps. qui jouera donc maintenant le rôle du gros consommateur généreux, (sur)financé à crédit, comme on pu le faire les US, ou certains pays de l'UE ?
Je ne crois pas du tout que la Chine puisse jouer ce rôle. Au contraire, elle cherchera probablement à garder son rôle de premier exportateur hyper compétitif, tout en montant en gamme progressivement;
donc il faut (re)trouver de bons gros acheteurs en dernier ressort, pour faire repartir la machine;
a écrit le 25/05/2013 à 8:23 :
Il y en a marre de pointer du doigt le voisin germanique. Pendant ce temps on oublie de mettre en évidence les problèmes chroniques de la France et son grand retard au niveau industriel. Cet article ne fait que traduire le complexe grandissant de notre pays vis a vis d'une Allemagne prospère et où il fait très bon vivre. Croyez moi.
Réponse de le 25/05/2013 à 12:12 :
Bien dit sl91.
Réponse de le 25/05/2013 à 12:25 :
sl91 malgré les articles de presse français sur "l'enfer" allemand, les salaires à 1 euro l'heure, la précarité, les mendiants, alors que moi en voyage à Paris dernièrement et n'habitant pas en Europe, j'ai été plus que surpris du taux de SDF dans les beaux quartiers comme le 8eme, j'ai trouvé aussi que Francfort avait moins de pauvreté apparente aussi.
Réponse de le 27/05/2013 à 20:07 :
Tout à fait d'accord. Depuis Giscard, la France fait n'importe quoi, mais évidemment, c'est plus facile d'accuser le voisin que soi-même.
a écrit le 24/05/2013 à 22:20 :
Godin à certes une belle plume mais son exposé est dénué de logique. Suivant son raisonnement, l'UE devrait laisser tomber la cure d'austérité imposée par Berlin, et donc oublier le problème de l'offre, pour se concentrer sur la demande. Je noircis le trait bien sûr.
Premièrement, il est évident que la problématique est biaisée. L'UE n'a pas dans son intégralité suivie les indications de Merkel, et la BCE a privilégiée des taux bas pour booster l'emprunt et donc la demande.
Deuxièmement, et là on en vient à l?irrationalité de certains, refuser le réajustement de l?offre c?est dénier le vrai problème. Car le problème vient bien de l?offre, l?épuisement de notre compétitivité qui par la suite a enclenché la spirale de surendettement de l?Etat.
En toute logique nous faisons face à deux alternatives :
1) Résoudre le problème de l?offre : Approfondir les mesures d?austérité tout en privilégiant l'investissement productif
2) Retarder le problème de l?offre : Se concentrer à booster la demande interne en attendant une meilleur conjoncture mondiale (épanouissement du marché chinois) pour entamer des reformes structurelles
a écrit le 24/05/2013 à 18:06 :
Pas de souveraineté égale: pas de réalisme, pas de responsabilité, pas de pragmatisme!
a écrit le 24/05/2013 à 17:32 :
L'Allemagne en a marre des boulets de l'Europe périphérique. L'Allemagne en a marre, et de plus en plus de dirigeants allemands s'expriment contre les boulets européens : Grèce, Italie, Portugal, Irlande, Belgique, France, etc, etc. Jens Weidmann souhaite qu'un pays de la zone euro puisse faire défaut à l'avenir.

Le président de la Bundesbank (Buba), Jens Weidmann, a plaidé vendredi pour qu'un pays de la zone euro puisse à l'avenir faire défaut, une option que les Européens ont à tout prix cherché à empêcher pendant la crise.

"Avec la crise, nous avons fait très attention à éviter les risques de défaut, par crainte d'un effet de contagion", a expliqué M. Weidmann, réputé pour sa défense stricte de l'orthodoxie monétaire et budgétaire, lors d'une conférence organisée par la Banque de France et la banque centrale d'Allemagne.

Il a, en revanche, laissé ouverte une telle possibilité à l'avenir.

"A long terme, nous devons faire en sorte qu'un Etat puisse, en dernier ressort, faire faillite", a relevé le patron de la Buba, ajoutant que cette possibilité était un élément clé pour permettre de discipliner les marchés. Les six premiers pays européens qui feront défaut sont d'ores et déjà connus, répertoriés, identifiés.

1- Médaille d'or : la Grèce. Dette publique de 303,918 milliards d'euros, soit 156,9 % du PIB.

2- Médaille d'argent : l'Italie. Dette publique de 1988,658 milliards d'euros, soit 127 % du PIB.

3- Médaille de bronze : le Portugal. Dette publique de 204,485 milliards d'euros, soit 123,6 % du PIB.

4- Irlande : dette publique de 192,461 milliards d'euros, soit 117,6 % du PIB.

5- Belgique : dette publique de 375,389 milliards d'euros, soit 99,6 % du PIB.

6- France : dette publique de 1833,810 milliards d'euros, soit 90,2 % du PIB.
Réponse de le 24/05/2013 à 18:08 :
Pourquoi vous ne continuez pas votre classement, vous ne voulez pas nous montrer le montant de la dette allemande? allez je vous le donne 2000 milliards d'euros soit 80% du PIB soit léquivalent de la grèce + belgique + portugal + Irlande + 1000 milliards. Je mets donc l'Allemagne dans la catégorie des boulets.
Réponse de le 29/05/2013 à 8:59 :
La dette en valeur absolue est certes un indice intéressant, mais il serait plus juste de comparer la dette par habitant....
Allemagne : 2000 Mds rapportée à 82 millionsHab = 24.390 euros/hab....et la France : 1833 Mds rapportée à 66 millions han = 27.800 euros/hab cela fait quand même une grosse différence.....sans prendre en compte le montant du déficit budgétaire : l'Allemagne doit être à l'équilibre en 2013 alors que la France avait encore un déficit de 87 Mds en 2012...soit 4,5 % du PIB et a été obligée de demander 2 ans de plus pour revenir à 3 % ...et je crains que ces 2 années soient insuffisantes pour y parvenir
Parlons du commerce extérieur : Allemagne : en 2012 excédent de 150 Mds ....France déficit commercial de 65 Mds.....excusez du peu de la différence, voulez vous que l'on parle du taux de chomage des deux côtés du Rhin......
Réponse de le 06/06/2016 à 18:25 :
Air France C' comme la SNCF... Vivement la faillite definitive de ces compagnies pour le bien économique et contribuables de notre pays.
a écrit le 24/05/2013 à 16:25 :
Moi y a longtemps que je ne joue plus au boomerang,y a toujours des dégâts collatéraux.
Ha ma pooovre dame c'est pas simple la vie.
a écrit le 24/05/2013 à 16:00 :
La meilleure défense c'est l'attaque.
a écrit le 24/05/2013 à 15:51 :
On ne peut pas importer durablement plus qu'on n exporte. Ce serait d'ailleurs malsain puisque cela voudrait dire qu on bénéficierait d'un droit quasi-aristocratique sur les autres, qui donc devraient, pour une part, travailler gratuitement pour nous ! Par contre, un déséquilibre temporaire (de quelques années) est évidemment possible. Il semble que cette période bénie soit terminée, et que ce soit à notre tour maintenant d'exporter plus qu'importer...
a écrit le 24/05/2013 à 15:25 :
Et si plutot on écrivait : " L'origine chinoise du mal européen ??? "

Parce que vouloir s'enrichir en ruinant ses clients ( comme le pratique la chine - mais aussi l'allemagne ) n'est pas durable.

Un échange n'est durable que s'il est équilibré.
a écrit le 24/05/2013 à 14:39 :
Cet article qui ressemble plus à un exercice de style du type Science PO, ne semble avoir aucune mise en perspective et ne prends pas en considération les vrai enjeux.
- La première considération à mettre en lumière lorsque que l?on parle d?économie mondiale est que l?Europe et le Etats-Unis ont financé ces 20 dernières années la croissance de la chine par le biais de : leur propre consommation, de transfert technologique, et de transfert de production.
- La seconde considération et que la chine à mieux que prévu gérer cette période et acquis plus vite que prévu (40 ans initialement) un niveau de développement qui la met aujourd?hui au même niveau technologique que les plus meilleurs, et qui fera d?elle la première puissance économique mondiale dès l?année prochaine.
- La troisième considération est que la crise financière de l?endettement en Europe découle directement de la crise des sub-primes et d?autres crashs dont on a tu l?existence. En bref la crise Européenne a pour principale raison sa trop grande exposition financière à des régions extérieure à l?Europe. La crise Grecque et Chypriote qui sont par ailleurs complètement liées, ne sont qu?une goutte d?eau, dont le vrai mal vient plutôt d?une très mauvaise gestion politique de la crise par l?Europe.
- Enfin, mettre sur le dos de l?Allemagne la crise actuelle est un raccourci intellectuel de bas étage. En effet la stratégie de l?Allemagne est de clairement positionner l?Europe face à ces concurrents, ceci de manière compétitive, et dans une démarche de long terme. La France est un des rares pays à ne pas le comprendre, ce qui me fait dire que la France vit une récession pour rien, alors que d?autres se prépare un avenir bien meilleur.
En conclusion le sursaut des places boursières n?est que le résultat d?un dysfonctionnement entre l?abondance de liquidité sur le marché et d?une croissance mondiale atone. Le monde de la finance sait parfaitement que le marché obligataire est une bulle prête à exploser, que le marché des matières premières n?a pas de potentiel à moyen terme et donc qu?il ne lui reste plus que le marché action pour placer sa liquidité abondante.
Réponse de le 24/05/2013 à 19:53 :
Sauf qu'il y a un mais dans la situation allemande, si il n'y en a qu'un. Je passerai le couplet sur la démographie qui est systématiquement repoussé comme négligeable. Je vais me contenter de pointer le niveau désastreux des investissements dans les infrastructures en Allemagne. Actuellement le bon élève, le modèle à suivre n'investit même pas suffisamment pour maintenir l'état de ses infrastructures vieillissantes, comment peut on la citer en exemple ?
Ajoutons la progression fulgurante de la misère dans le pays, son endettement (cité plus haut), son manque cruel de personnels qualifiés dans la santé et l'ingénierie.
a écrit le 24/05/2013 à 14:17 :
Votre analyse est tout à fait juste et ne nous laisse malheureusement pas beaucoup de portes de sortie. J'en vois quand même une : une meilleure redistribution des fruits de la croissance entre pays européens et entre les différentes couches de la société afin de relancer la demande, car c'est bien la demande qui fait défaut. Faire une politique de l'offre sans demande comme on le fait en Europe est d'une absurdité totale.
Réponse de le 25/05/2013 à 16:40 :
@Jane Golt la doxa de la commission est la suivante diminuer votre dette,faites des réformes structurelles et aprés une fois que votre pib aura diminué de 10 à 20% ça ira mieux.
La seule solution sortir de ce piége à cons européens qui entraine tous le monde dans le précipice y compris l'Allemagne qui va ce retrouver face à des pays en faillites,qui sont ne l'oublions pas ses clients à 60%..
a écrit le 24/05/2013 à 14:16 :
Je suis certainement bête et ne comprends rien, mais dans les informations d'aujourd'hui on dit que les Allemands consomment beaucoup, et les Français mettent tout leur argent sur leur Livret A. Qu'est-ce qu'il faut faire alors, consommer ou épargner???
Réponse de le 24/05/2013 à 14:31 :
@Ginette: envoie-moi l'argent que tu épargnes et je vais le consommer, comme cela t'auras à la fois un sentiment d'épargne et de consommation :-)
Réponse de le 24/05/2013 à 15:04 :
T'inquiet Ginette, l'état français se charge de dépenser ton épargne à la BPI, qui est une filiale de la CDC qui centralise le livet A "dans l'intérêt exclusif des épargnants". Tu peux compter sur Ségo.
a écrit le 24/05/2013 à 14:00 :
La politique de l'offre, c'est bien sur le papier. Ensuite, on offre quoi, et à qui, (sous-entendu qui peut le payer). S'il n'y a pas de demande, ni un marché, ça ne fonctionne pas.
La demande est par contre toujours présente et constante, la seule condition pour que cette demande devienne un marché, c'est qu'elle ait les moyens de se payer les produits qu'on lui offre. Faut-il rappeler que Ford avait compris que ses ouvriers étaient aussi ses clients et qu'ils ne l'auraient jamais été s'ils ne leur avait pas donné les moyens de s'acheter une voiture. L'austérité assèche la demande, même en Allemagne. On continue?
Réponse de le 24/05/2013 à 14:21 :
Vous avez raison : il faut revenir au fordisme car celui-ci est à l'opposé de la voie néo-libérale qui est suivie actuellement et qui nous mène à la déflation et à la ruine.
Réponse de le 24/05/2013 à 14:25 :
Ford était un patron charismatique qui inspirait confiance. La Chine a augmenté ses salarires, perdu en compétitivité, et ses citoyens ne consomment pas plus. Merkel est le seul dirigeant européen qui inspire confiance.
Réponse de le 24/05/2013 à 14:28 :
@JB38: c'est sûr qu'une société de consommation sans consommateurs ne peut survivre éternellement, mais pour l'instant ceux qui se font du fric en vendant au prix fort des marchandises fabriquées au prix faible par des esclaves ne se soucient pas du tout du problème à plus long terme.
Réponse de le 24/05/2013 à 14:48 :
@JB38 : D'accord avec vous Ford avait compris, c'est logique.
a écrit le 24/05/2013 à 13:57 :
compléter absurdité sans aucune expertise des exportations allemandes
a écrit le 24/05/2013 à 13:56 :

Cet article à thèse qui réécrit l'histoire récente à sa façon pour conclure contre l'Allemagne mérite-t-il un antithèsee et un synthèse. Que néni tant des affirmations du style "le moteur chinois est aujourd'hui le seul capable de faire repartir l'ensemble de la machine économique mondiale" paraissent absurdes. La Chine a éte l'usine du monde à bon marché et maintenant le monde (vu de France) lui demanderait de sauver le monde. L'ouvrier viendrait au secours du patron? La Chine est un pays de 1 milliards d'habitants dont 200 millions jouissent du même niveau de vie que les européens. La Chine est un monde en soi. Elle ne s'en sort pas plus que la France parce qu'elle est dirigée par des fonctionnaires. Son modèle est celui de la croissance administrée et de la dette publique. C'est le modèle français. Arrêtons de dire que c'est la faute de l'autre. Le seul pays capable de sortir le monde de l'ornière est USA car il ne compte que sur lui-même.
Réponse de le 24/05/2013 à 16:36 :
Sauf que contrairement à l'Europe, eux (la Chine) ont des devises en pagaille de côté, et ne fonctionnent, pour le moment, pas en s'endettant justement. Les USA sont encore moins un exemple que l'Europe, car ils ont besoin des Chinois qui financent leur dette en achetant leur dette et leur devise, alors franchement s'il faut compter sur eux, qui ont un endettement record comparer aux pays de l'Europe, on est pas sortis de l'auberge ...

De toute façon, si ça ne tourne pas rond, c'est d'une à cause des pratiques de la finance, et des politiques trop laxistes des états, qui n'ont tous, pour la plupart, fait que s'endetter, et ne se souciant guère du futur et du jour ou il faudrait rembourser celle-ci.

On peut aussi dire merci à Giscard, grâce à qui notre dette nous coûte encore plus, en effet au lieu de générer nous même l'argent, on le génère, mais on ne peut l'emprunter qu'aux banques, qui prennent donc leur pourcentage dessus, à partir de rien. Résultat le système est pareil qu'avant, sauf qu'on doit payer aux banques qui elles n'ont rien à faire à part encaisser. Il y a de quoi se demander comment à-t-on pu en arriver la ...
a écrit le 24/05/2013 à 13:51 :
On a tjrs designe un bouc emissaire pour disculper ses propres fautes. Lisez Lebon 1820 Il parlait de la manipulation des foules...on sait ou cela mene...alors medias complices ou incompetents?
Réponse de le 24/05/2013 à 14:35 :
Les médias complices sont ceux qui colportent et répètent chaque jour la propagande de l'oligarchie.
a écrit le 24/05/2013 à 13:42 :
article interessant. par contre il ne va pas jusqu au bout: si on critique l allemangen pour avoir menee une politique qui vise a privilegier les exportations, quid de la chine ???
la chine c est une super allemagne qui ne vit que de l export (et donc logiquement boit le bouillon quand ses clients doivent cesser de vivre a credit)
Réponse de le 24/05/2013 à 14:11 :
Nous voilà à l'heure des rééquilibrages nécessaires ... le "modèle allemand" comme les autres devra se réformer et s'ajuster à la nouvelle donne. Cessons la quête du sacro saint grâle de la compétitivité à l'export qui mène à la déflation et au cercle vicieux de la contraction de la demande. Le moteur de croissance à notre portée , c'est l'achèvement du marché intérieur.
a écrit le 24/05/2013 à 13:40 :
Il n'est nullement gravé dans le marbre qu'un pays, ou ensemble de pays, puisse importer durablement plus qu'il n?exporte. Ce serait d'ailleurs malsain puisque cela voudrait dire que ce pays bénéficierait d'un droit quasi-aristocratique sur les autres, qui donc devraient, pour une part, travailler gratuitement pour lui ! Par contre, un déséquilibre temporaire (de quelques années) est évidemment possible. Il semble que cette période bénie soit terminée pour l'Europe, et que ce soit à son tour maintenant d'exporter plus qu'elle n'importe...
a écrit le 24/05/2013 à 13:34 :
Accuser l'Allemagne est un peu facile! Les autres pays se sont mis dans le pétrin parcequ'ils ont joué pendant des décennies aux cigales. Si en 2007 la dette de la France, l'Espagne, l'Italie ou la Grèce avait été maitrisée, ces pays auraient pu affronter la crise facilement en s'endettant. Mais pendant les années de croissance on a vu des politiques sociales inefficaces (en France: 35h, retraite à 60ans, emplois jeunes, ...). On a dilapidé les fruits de la croissance sans mettre de côté pour faire face à des crises (qui sont récurrentes: c'est normal et bon qu'il y ait des corrections de temps en temps!).
L'Allemagne n'est pas le fautif principal de ce qui arrive. Sans politique de "rigueur" (que nous n'avons encore JAMAIS connu en France il faut le souligner) et en ouvrant les vannes du crédit à la place, on aurait connu d'autres maux pas moins dangereux! Cette analyse est bien trop caricaturale et propose un bouc-émissaire trop simple en ces temps populistes.
Soulignons enfin qu'en ce moment les salaires progressent fortement en Allemagne.
Réponse de le 24/05/2013 à 13:49 :
+1
Réponse de le 24/05/2013 à 14:24 :
Ne pas tout melanger svp... " les salaires progressent fortement en Allemagne " = certains salaires dans des industries en manque de main d' oeuvre, comme l' industrie automobile allemande.
A cote de ca, c est mini jobs a gogo et dumping social a tous les etages.
Réponse de le 24/05/2013 à 14:24 :
Accuser l'Allemagne est un peu facile en effet. Les autres états européens (et du monde) se sont endettés pendant les années 2000 et ont accru leur importations. Allemagne s'est réformée et a profité de cette conjoncture européenne et mondiale pour augmenter ces exportations. Au bon endroit au bon moment: l'occasion fait le larron. Elle a profité de cette occasion, mais ne l'a pas créée. Là où Allemagne a eu tort, c'est de penser que son cocktail réformes+exportations serait efficace pour tous les pays en même temps; c'est faux. Elle a imposé ses vues à l'Europe et tout le monde se rend compte aujourd'hui que l'austérité à outrance imposée au autres ne mène nulle part.
Réponse de le 24/05/2013 à 14:33 :
"Les salaires progressent fortement en Allemagne" : surtout les salaires à 1 euro des mini jobs ?
Réponse de le 24/05/2013 à 16:25 :
C'est bien Français de critiquez des jobs mal rémunérés! Vous préférez nos 10% de chômage?
La vérité c'est que le modèle Allemand ce sont des salariés en moyenne mieux payés, avec un meilleur pouvoir d'achat (pas de bulle immobilière), plus de facilité à trouver du boulot, et un état bien moins en faillite!
Mais bon, l'extrème gauche (et droite) préfère faire peur en jouant sur le fantasme de millions de job mal payés. Après tout c'est bon pour elle : tremblez pauvre gens, on s'occupe du reste!
Réponse de le 24/05/2013 à 17:38 :
Votre patron me souffle que vu qu'à 16:25 vous devriez travailler plutôt que de commenter sur le net, il compte vous remplacer par quelqu'un de plus jeune qui acceptera un salaire inférieur en plus.
a écrit le 24/05/2013 à 13:30 :
Pourtant l'exemple allemand est le bon. On a fait de la croissance à crédit depuis 30 ans, les taux d?endettement sont record. Que faire? accélérer? Et c'est un nouveau crack, aujourd'hui on peut emprunter pas cher parce que la BCE inonde le marché de liquidité et que l'on donne des signes de sagesse budgétaire. Et mutualiser la dette ne fait que répartir la charge, elle en la fait pas disparaître.
Il faut réduire le niveau de vie des assistés pour qu'ils se remettent au travail. Par ricochet il celui des autres baissera un peu. Aujourd'hui on regarde sans rien faire la France s'enfoncer (le PIB par habitant diminue car la croissance du PIB est inférieure à celle de la population). Combien de temps avant que le système revienne à un équilibre acceptable? Il faut gérer la décroissance pas la subir.
Plus pragmatiquement, quand on voit les émeutes en Suède on sait pas où commencer (10% de chômeurs vs 10% d'immigrés).
a écrit le 24/05/2013 à 13:16 :
Les prévisions optimistes de la Commission européenne sont TOUJOURS explosées par la réalité. Et, aujourd'hui encore, les prévisions optimistes de la Commission européenne sont hilarantes. Ou alors terrifiantes de bêtise, au choix. Petit rappel de la soi-disant "croissance qui devait revenir en Europe" comme l'avait prévu la Commission européenne l'année dernière : résultats du premier trimestre 2013 : Pourcentage de variation du PIB par rapport au même trimestre de l?année précédente :

Hongrie : - 0,3%.

Allemagne : - 0,3%.

France : - 0,4%.

Belgique : - 0,5%.

Pays-Bas : - 1,3%.

République tchèque : - 1,9%.

Finlande : - 2%.

Espagne : - 2%.

Italie : - 2,3%.

Portugal : - 3,9%.

Chypre : - 4,1%.

Grèce : - 5,3%.

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-15052013-AP/FR/2-15052013-AP-FR.PDF
a écrit le 24/05/2013 à 13:09 :
Quand on assèche la demande intérieure pour rendre l'offre plus compétitive et que les clients potentiels font la même chose, on ne risque pas d'échanger quoi que ce soit!
a écrit le 24/05/2013 à 13:02 :
Aucun pays Européen y compris l'Allemagne n'est capable de rembourser la dette. Dans ces conditions, il faut mutualiser les dettes et allonger considérablement les échéances.
En allégeant les remboursements, les États retrouveraient de la marge budgétaire.
Ce qui permettrait de réduire les impôts et de baisser les charges des entreprises. Dans le cas de la France, un État qui prélève 60 % de la richesse nationale n'est pas tenable et ne permettra jamais de retrouver la croissance.
Réponse de le 24/05/2013 à 13:21 :
"Changer...", ce n'est pas en répétant de manière incantatoire que l'Allemagne ne remboursera jamais sa dette que votre proposition deviendra vraie... La réalité est qu'une grande majorité des créditeurs croient le contraire... et ce sont eux qui tiennent les cordons de la bourse...
Réponse de le 24/05/2013 à 13:28 :
Personne ne demande de rembourser les dettes des états! Il faut arrêter avec ce fantasme! Le problème n'est pas de rembourser les dettes, le problème est de contrôler ces dettes et de rembourser les intérêts.
Dans le cas de la France, si on stabilise, ou mieux, on baisse légèrement le niveau de la dette, et que celui-ci reste à 70%-80% ces 10 prochaines années, on aura gagné! PERSONNE n'imagine le faire baisser au-delà.
a écrit le 24/05/2013 à 12:53 :
Ce qui est bien avec Romaric Gaudin, c'est que, dans chaque article, l'on comprend ce qu'il écrit. Merci

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :