3,3 millions de chômeurs supplémentaires en une semaine: du jamais vu aux Etats-Unis
Jérôme Marin

Photo d'illustration
Lucy Nicholson
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C'est un chiffre d'une ampleur inédite: la semaine dernière, 3,3 millions d'Américains ont effectué une demande d'allocations chômage. Ce chiffre est à comparé aux 281.000 inscriptions effectuées la semaine précédente. Et au précédent record de 695.000 demandes, enregistrées en octobre 1982, au plus fort de la récession consécutive au second choc pétrolier.
Or, aucun dispositif de chômage partiel n'est inclus dans la législation américaine. Les employés des restaurants fermés, par exemple, qui ont perdu leur travail ou été placés en congés sans solde
, doivent s'inscrire aux allocations chômage.Aussi mauvais soient-ils, ces chiffres pourraient en outre être sous-estimés, préviennent plusieurs économistes. "Les lignes téléphoniques se sont bloquées et les sites internet effondrés lorsque les gens se sont inscrits. Des millions d'autres déposeront leurs demandes dans les semaines à venir", souligne la banque ING dans une note publiée en amont des chiffres.
La question est de savoir quel pourcentage de ces suppressions de postes ne seront que temporaires: pour rouvrir ses portes dans quelques semaines, un restaurant devra réembaucher. Mais comme les pays européens, les Etats-Unis pourraient aussi connaître une contraction marquée de leur activité. Le cabinet Oxford Economics, le plus pessimiste, anticipe que le PIB américain pourrait se contracter de 12% au deuxième trimestre en rythme annualisé, soit un repli de 3% par rapport au trois premiers mois de l'année. De quoi menacer la survie de nombreuses entreprises.
500 dollars supplémentaires par enfant. Un moyen de soutenir la consommation, espère les parlementaires.
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Le projet de loi, qui pourrait être promulgué d'ici à la fin de la semaine, inclut également 367 milliards de dollars de prêts pour les petites entreprises. Ces prêts n'auront pas à être remboursés si le bénéficiaire ne licencie pas ses salariés pendant la période de crise. En outre, 500 milliards de dollars supplémentaires seront alloués aux
secteurs touchés de plein fouet par l'épidémie de coronavirus, comme les compagnies aériennes, les groupes hôteliers ou les croisiéristes. Pas forcément suffisant, estiment les économistes, alors que personne ne sait quand redémarrera véritablement l'activité.Jérôme Marin