"Au Venezuela, ce sont les militaires qui gèrent le pays"

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Juan Carlos Rodado, économiste spécialiste de l'Amérique latine chez Natixis.
Juan Carlos Rodado, économiste spécialiste de l'Amérique latine chez Natixis. (Crédits : Reuters)
La chute du prix du baril de pétrole va accentuer les difficultés de l'économie du Venezuela. Quelles sont les marges de manœuvre du président Maduro qui doit faire face à un parlement désormais dominé par l'opposition ? Entretien avec Juan Carlos Rodado, économiste spécialiste de l'Amérique latine pour la banque Natixis.

Face au double défi de l'effondrement des recettes du pétrole et du changement de majorité parlementaire, quelles sont les possibilités qui s'offrent au président Nicolás Maduro ?

Aucune. Parce que c'est très difficile de faire quelque chose. Il n'a plus la majorité au Congrès, et le nouveau Congrès va très probablement faire un référendum pour qu'il ne soit plus président. Je ne vois pas ce qu'il peut faire à part des mesures « cosmétiques », comme nommer un nouveau gouvernement. Pour l'instant, ce sont les militaires qui gèrent le pays. Nicolás Maduro, c'est un écran de fumée. Il prend toute la responsabilité alors que ce sont les militaires qui gèrent le pays.

Que peuvent proposer le membres de la nouvelle majorité parlementaire pour régler la crise économique ?

Ils vont essayer de mettre en place des réformes macroéconomiques. La Banque centrale est notamment dans la ligne de mire car Nicolás Maduro a retiré au parlement le pouvoir de désigner le président et les directeurs. Cette loi a permis aussi de suspendre la publication de statistiques sous prétexte que celles-ci représentent une menace. Mais pour l'instant, leur action se concentre en priorité sur la libération des prisonniers politiques. Comme ils ne détiennent pas l'exécutif, ils sont en situation de cohabitation, leurs marges de manœuvre sont faibles.

Si la situation politique et économique continuait à se détériorer, d'autres pays pourraient-ils être amenés à intervenir ?

J'espère, mais pour l'instant ils ne l'ont pas fait. Barack Obama ne l'a pas fait jusqu'à présent, alors que les militaires gèrent le pays et que le trafic de drogue est très important. Le Venezuela, c'est un narco-État.

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Commentaires
a écrit le 08/01/2016 à 10:33 :
ils ont un budget bati sur un baril a 110 dollars; ils seraient a priori en faillite en mars ( c'est la que leurs reserves de change seront a plat)...
et personne ne va venir investir chez eux, vu comme ils traitent les boites depuis chavez.... va y avoir des emeutes, puis des tensions sur les appros de petrole ( ils produisent 2.5 millions de barils/j)
on va rire...
a écrit le 08/01/2016 à 9:38 :
Comment ce jeune homme assis derrière son ordinateur toute la journée peut avoir de telles affirmations et d'où prend il ses sources ? Que vient faire Obama dans cette minuscule analyse ? surtout quand je lis sur les blogs de journalistes indépendants vénézuéliens, que la totalité des médias privés ont pour actionnaires des multinationales américaines
a écrit le 08/01/2016 à 8:32 :
Quel gachis. Voila un pays qui a tous les arguments d'un pays de cocagne totalement gangrene par le politique qui en veut encore et encore.
A croire que l'homme est une engeance.
Et c'est partout comme ca, affligeant.
a écrit le 07/01/2016 à 20:03 :
Désolé de vous le dire mais on apprend vraiment pas grand chose de ce témoignage...

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