Chine: l'inflation tombe sous la barre des 0% et c'est loin d'être une bonne nouvelle
latribune.fr

Etats-unis: les depenses de consommation inferieures aux attentes en juillet, l'inflation recule
SARAH SILBIGER
latribune.fr

Etats-unis: les depenses de consommation inferieures aux attentes en juillet, l'inflation recule
SARAH SILBIGER
Alors que la plupart des pays du monde sont toujours confrontés à une inflation positive, celle de la Chine est, elle, négative. L'indice des prix à la consommation en octobre a en effet reculé de -0,2% sur un an, selon les chiffres du Bureau d'État des statistiques publiés ce jeudi 9 novembre. Un peu plus d'ailleurs que ce qu'attendaient les analystes, qui tablaient sur une baisse de -0,1%.
Les prix de l'alimentation ont enregistré l'une des baisses les plus importantes en octobre, avec notamment le prix du porc en chute de -30,1% sur un an, la viande la plus consommée dans le pays. Ceux du tabac et de l'alcool ont aussi particulièrement reculé.
C'est la deuxième fois cette année que l'inflation en Chine passe sous la barre des 0%, signe d'une « déflation ». L'indice s'était, en effet, déjà contracté en juillet, de -0,3% sur un an, avant de repasser dans le vert en août et septembre.
Ce n'est pas la première fois que la Chine connaît une période de déflation. Ce fut notamment le cas durant une courte période fin 2020 et début 2021, déjà en grande partie due à l'effondrement du prix du porc. Avant cela, la dernière période déflationniste remontait à 2009.
Pour Zhiwei Zhang, économiste en chef chez Pinpoint Asset Management, les données communiquées ce jeudi montrent que « la demande intérieure reste atone ». Cette contraction est en effet liée à la baisse de la demande des consommateurs après la période de congés de la mi-automne, a indiqué dans un communiqué Dong Lijuan, statisticien du bureau des statistiques. Mais d'autres facteurs, comme une offre élevée de produits agricoles, peuvent expliquer cette déflation.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

un signal positif pour le pouvoir d'achat, peut néanmoins représenter une menace pour l'économie, notamment parce que les consommateurs ont tendance à reporter leurs achats dans l'espoir de nouvelles réductions. Une faible demande peut alors obliger les entreprises à réduire leur production, à geler les embauches ou licencier, et à accepter de nouvelles réductions pour écouler leurs stocks, ce qui freine la rentabilité même si les coûts restent les mêmes.
Le gouvernement a donc annoncé, fin octobre, l'émission d'obligations souveraines d'une valeur de 1.000 milliards de yuans (130 milliards d'euros) afin de stimuler les dépenses d'infrastructure. Il a également mis en place des mesures de relance ciblées pour divers secteurs, en particulier le marché immobilier en difficulté.
Prudence tout de même. Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu qu'il s'attendait à ce que « le secteur immobilier reste faible et la demande externe modérée ».
Pas de quoi néanmoins montrer des signes d'inquiétude de la part de l'institution internationale. Au contraire même. Cette dernière a revu en hausse, mardi dernier, sa prévision de croissance pour la Chine en 2023, s'attendant désormais à +5,4% (contre 5% initialement prévus) sur fond de reprise de la consommation et des récentes mesures de soutien du gouvernement. Le FMI a aussi relevé ses attentes pour 2024, prédisant une hausse du PIB chinois de 4,6%, contre 4,2% auparavant.
L'amélioration des prévisions reflète « un rebond fort de la demande domestique, en particulier de la consommation, après la réouverture » post-Covid, a expliqué lors d'une conférence de presse à Pékin Gita Gopinath. Elle s'explique aussi par « une croissance plus forte que prévu au troisième trimestre et les nouvelles mesures de soutien récemment annoncées », a-t-elle résumé.
À lire également
Au troisième trimestre, le PIB de la Chine a progressé de 4,9% sur un an, un rythme inférieur à celui du trimestre précédent (+6,3%) mais supérieur aux attentes des analystes grâce à une reprise de la consommation. Les ventes au détail, principal indicateur de la consommation des ménages, ont ainsi fortement accéléré en septembre (+5,5% sur un an), selon le Bureau national des statistiques (BNS).
(Avec agences)
latribune.fr
Après chaque consultation médicale, le gouvernement veut afficher la facture de la Sécu par SMS
Transparence salariale : la France accélère la transposition sous pression européenne
Budget : le gouvernement pris dans un scénario noir
Moins nombreux et plus diplômés : le profil des nouveaux immigrés en France