Covid-19 : près de 1.900 morts, les grands groupes inquiets d'un impact brutal sur leurs activités

 |   |  973  mots
Apple a annoncé lundi que sa prévision de chiffre d'affaires pour le deuxième trimestre ne serait sans doute pas atteinte en raison de l'épidémie en Chine, pays crucial pour l'entreprise américaine.
Apple a annoncé lundi que sa prévision de chiffre d'affaires pour le deuxième trimestre ne serait sans doute pas atteinte en raison de l'épidémie en Chine, pays crucial pour l'entreprise américaine. (Crédits : Reuters)
Alors que le bilan du nouveau coronavirus a atteint, ce mardi, 1.886 morts en Chine continentale, les grandes entreprises mondiales craignent une chute de la demande.

Le bilan du nouveau coronavirus a atteint, ce mardi, 1.886 morts en Chine continentale et plusieurs grandes entreprises mondiales, dont l'Américain Apple et le géant minier australien BHP, ont dit redouter un impact brutal sur leurs activités et leurs résultats.

En Chine continentale, 98 nouveaux décès ont été enregistrés mardi, dont 93 dans la province du Hubei, épicentre de l'épidémie où 1.807 nouveaux cas de contagion ont par ailleurs été recensés.

Hors du Hubei, seules 79 nouvelles personnes contaminées ont été dénombrées mardi, contre 890 le 4 février. Les autorités chinoises, qui ont bouclé le Hubei pour tenter de contenir l'épidémie, voient dans cette forte diminution du nombre de nouveaux malades le signe que la propagation du virus est sous contrôle.

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a toutefois mis en garde lundi contre un excès d'optimisme. Selon lui, la tendance à la baisse des nouveaux cas "doit être interprétée avec beaucoup de prudence".

"Les tendances peuvent changer quand de nouvelles populations sont affectées. Il est trop tôt pour affirmer que ce recul va se poursuivre. Tous les scénarios restent possibles", a-t-il déclaré à des journalistes.

Lire aussi : Covid-19 : il est "impossible de prévoir quelle direction l'épidémie prendra", estime le chef de l'OMS

Les autorités chinoises ont demandé lundi aux personnes guéries de donner leur sang afin d'en extraire le plasma pour soigner les malades.

Si le nouveau coronavirus n'a pas de vaccin, le plasma des anciens patients infectés par la maladie Covid-19 contient des anticorps qui pourraient permettre de diminuer la charge virale chez les personnes sévèrement atteintes, selon un responsable de la Commission nationale de santé.

Le nombre de contaminations s'élève à au moins 72.300 cas en Chine continentale et environ 900 ont été signalés dans une trentaine d'autres pays ou territoires. En dehors de Chine continentale, on ne recense que cinq décès: un à Hong Kong, un aux Philippines, un au Japon, un à Taïwan et un en France.

Le principal foyer de contamination hors de Chine reste le paquebot Diamond Princess, placé en quarantaine début février dans la baie de Yokohama près de Tokyo, après un test positif sur un croisiériste débarqué à Hong Kong.

Ses plus de 3.700 passagers avaient reçu l'ordre de rester dans leur cabine pendant deux semaines, mais cela n'a pas empêché la propagation du virus: au moins 454 personnes ont été contaminées, dont 99 cas révélés lundi.

"Une vraie quarantaine"

Alors que les critiques montent sur la gestion du paquebot, plusieurs pays ont commencé à évacuer leurs ressortissants coincés sur le navire.

Plus de 300 Américains ont ainsi été rapatriés par avion jusqu'à deux bases militaires, en Californie et au Texas, où ils ont entamé lundi une nouvelle quarantaine de 14 jours, la durée maximale supposée de l'incubation.

Avant d'embarquer, Sarah Arana avait confié à l'AFP être "heureuse de rentrer". "On a besoin d'une vraie quarantaine et ce n'en était pas une", avait-elle estimé.

Parmi les personnes évacuées, 14 ont appris pendant l'opération qu'elles étaient contaminées, a annoncé le département d'État. Elles ont été isolées des autres passagers dans les avions.

À leur arrivée, une partie a été transférée dans un hôpital universitaire d'Omaha, au Nebraska et placée à l'isolement.

Parallèlement, au moins 40 Américains contaminés à bord du paquebot sont hospitalisés au Japon, selon Washington. Une poignée d'Américains a refusé de quitter le navire.

Passagers traqués

Après Singapour, le Japon est le pays le plus touché par l'épidémie en dehors de la Chine. En plus des cas sur le navire, les autorités nippones ont répertorié 65 porteurs du coronavirus dans différentes régions du pays.

Lire aussi : Le Japon doit faire face à la pire chute de son PIB en 5 ans

Ailleurs, l'inquiétude monte en ce qui concerne les 1.200 passagers d'un autre paquebot, le Westerdam, qui ont débarqué vendredi au Cambodge après avoir passé - pour certains - un rapide examen médical et sont à présent traqués par la compagnie qui tente de les retrouver.

Près d'un millier de personnes se trouvent encore à bord du navire et vont subir des tests, après la découverte en Malaisie le weekend dernier de l'infection d'une ex-passagère américaine.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a toutefois estimé inutile de suspendre les croisières, soulignant son opposition à toute "mesure de portée générale".

Apple et BHP pessimistes

Le Parlement chinois envisage un report de sa session plénière, la grand-messe annuelle du régime communiste, a annoncé l'agence Chine nouvelle. Cette session devait s'ouvrir le 5 mars.

Le salon automobile de Pékin, prévu en avril, a été reporté sine die, tout comme un défilé Chanel prévu en mai dans la capitale chinoise.

La Banque centrale chinoise a de nouveau réduit lundi le coût de financement des banques commerciales pour soutenir l'économie paralysée par l'épidémie.

Les grandes entreprises mondiales craignent également une chute de la demande. Apple a annoncé lundi que sa prévision de chiffre d'affaires pour le deuxième trimestre ne serait sans doute pas atteinte en raison de l'épidémie en Chine, pays crucial pour l'entreprise américaine.

Lire aussi : Industrie, électronique, tourisme... L'épidémie du coronavirus affecte déjà les multinationales du monde entier

Et le géant minier australien BHP a prédit une chute brutale de la demande mondiale de pétrole, de cuivre et d'acier au cas où l'épidémie ne serait pas jugulée d'ici mars.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/02/2020 à 10:11 :
Peut-être qu'un nouveau modèle économique tant attendu par les citoyens du monde va venir étonnement de la Chine, parce que si ce virus qui ne tue que les chinois n'est pas vaincu tôt cela va imposer au parti communiste chinois de faire des concessions à un peuple sacrifié dans le seul nom des paradis fiscaux des propriétaires de ce monde, à savoir injustifiables.

"Si vous ne trouvez plus rien, cherchez autre chose" B. Fontaine

Sachant que l'on trouve bien des trucs parce que creusant toujours plus profond la stupidité du dogme néolibérale mais ce n'est que la mort que l'on y trouve dorénavant dans cette religion économique nauséabonde.
a écrit le 18/02/2020 à 10:01 :
Pour comprendre comment cette situation a pu se produire, il faut lire "Mémoires chinoises" de Jean Tuan, chez C.L.C. Editions. L'auteur évoque l’évolution à marche forcée de la Chine dont il a été témoin depuis 1980. Marie Holzman, sinologue de renom, a préfacé le récit. Les derniers exemplaires sont disponibles via fnac.com et amazon.fr / Lecture à ne pas manquer...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :