La croissance chinoise accélère fortement

La Chine a enregistré au premier trimestre une nette accélération de sa croissance (4,5%), selon des chiffres officiels publiés ce mardi, les premiers à évaluer un trimestre complet sans l'impact de la politique zéro Covid. Le pays vise désormais 5% de croissance de son PIB cette année, un objectif qui pourrait être difficile à atteindre tant de nombreux obstacles se dressent sur la route, entre la récession qui guette les pays occidentaux et les tensions géopolitiques avec les Etats-Unis.
Les Chinois consomment à nouveau des services, mais la consommation n'a pas retrouvé ses niveaux pré-pandémie.
Les Chinois consomment à nouveau des services, mais la consommation n'a pas retrouvé ses niveaux pré-pandémie. (Crédits : THOMAS PETER)

Sans les confinements à répétition, la Chine retrouve une croissance digne de son rang. La fin des mesures coercitives liées à la crise sanitaire a permis à l'activité économique du géant asiatique de nettement repartir au premier trimestre. Ainsi, le produit intérieur brut (PIB) de la Chine a progressé sur un an de 4,5% sur cette période. C'est bien plus qu'anticipé par les analystes interrogés par l'AFP qui tablaient un rebond plus modéré, soit 3,8%.

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Les ventes au détail, principal indicateur de la consommation des ménages, ont confirmé leur reprise en mars (10,6% sur un an). Elles avaient connu quatre mois de contraction fin 2022, avant de rebondir en janvier-février cumulés (3,5%).

Les Chinois retournent au restaurant

Ces dernières semaines, les Chinois retournent dans les restaurants, ils recommencent à prendre le train ou l'avion, contribuant ainsi à relancer les services.

« La consommation a connu une reprise au premier trimestre en partie en raison d'un rattrapage, mais elle n'a pas encore retrouvé ses niveaux pré-pandémie », souligne Teeuwe Mevissen, analyste chez RaboBank.

La crise de l'immobilier, qui a fait perdre de la valeur à de nombreux biens, et des pertes de revenus dues à la pandémie expliquent en partie ce phénomène. L'immobilier, qui représente avec la construction environ un quart du PIB de la Chine, constitue pour beaucoup de Chinois un investissement et un passage obligé avant le mariage.

« Les ménages ont la mémoire longue et il leur faudra du temps pour oublier les difficultés » de ces dernières années et retrouver un niveau de dépenses pré-pandémie, estime l'économiste Harry Murphy Cruise, pour l'agence de notation Moody's. Et de relever que près de 60% des ménages en ville souhaitent davantage épargner qu'investir ou consommer, selon une enquête de la banque centrale chinoise. Ils étaient environ 45% avant la pandémie.

Du mieux du côté de l'immobilier

Le secteur de l'immobilier est toujours fragilisé par une faible demande, au moment où de nombreux promoteurs luttent pour leur survie dans un contexte de méfiance des acheteurs et de baisse des prix de la pierre. La situation tend toutefois à s'améliorer partiellement grâce à un soutien des autorités, qui a permis une stabilisation des prix en mars, selon les derniers chiffres du Bureau national des statistiques (BNS).

De son côté, la production industrielle s'est affichée le mois dernier en hausse de 3,9% sur un an - inférieure aux attentes des analystes, qui tablaient sur 4,4% -, contre 2,4% en janvier-février. Le taux de chômage s'est, pour sa part, établi à 5,3% en mars, contre 5,6% un mois plus tôt. Il est toutefois resté particulièrement élevé le mois dernier chez les 16-24 ans (19,6%). Quant à l'investissement en capital fixe, sa croissance depuis le début de l'année s'affichait fin mars à 5,1%.

De nombreux obstacles

La Chine vise 5% de croissance de son PIB cette année, un objectif qui pourrait être difficile à atteindre, a déjà averti le Premier ministre chinois Li Qiang. Les tensions géopolitiques avec les Etats-Unis, la menace de récession dans les principales économies et l'inflation au niveau mondial vont peser ces prochains mois sur la croissance de l'atelier du monde, préviennent des analystes.

Les experts tablent cette année sur une croissance en Chine de 5,3%, une estimation proche de celle du Fonds monétaire international (5,2%). Ce dernier mise sur la reprise chinoise pour donner un coup d'accélérateur à l'économie mondiale. L'an dernier, le PIB avait progressé de 3%, loin de l'objectif officiel de 5,5% et l'un des rythmes les plus faibles depuis quatre décennies.

« La reprise est réelle mais elle n'en est qu'à ses débuts », synthétise l'économiste Larry Hu, de la banque d'investissement Macquarie. « Elle sera graduelle, en grande partie à cause d'un manque de confiance » des consommateurs, qui alimente en retour une « réticence » des entreprises à davantage embaucher.

« Le développement de la Chine ouvrira de nouvelles opportunités au monde »

Le président chinois Xi Jinping a déclaré vendredi dernier à son homologue brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, à l'occasion de sa visite dans le pays, que le développement de la Chine ouvrirait « de nouvelles opportunités » pour le Brésil et le monde.

« La Chine poursuivra un développement de haute qualité, accélérera la création d'un nouveau paradigme de développement et s'engagera dans la promotion d'une ouverture de haut niveau », a affirmé le ministère des Affaires Etrangères dans un communiqué diffusé par les médias d'Etat.

En outre, les deux dirigeants ont appelé les pays développés à tenir leur promesse de fournir 100 milliards de dollars par an aux pays les plus pauvres pour lutter contre les effets du changement climatique.

(Avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 18/04/2023 à 11:10
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