En Ukraine, la guerre contre la Russie est aussi sur Internet : Facebook et Google suspendent les revenus pub, menace sur l'Otan

Le conflit russo-ukrainien se joue également sur Internet et ses différentes composantes : l'information, les infrastructures et les cyber-attaques qui menacent les systèmes informatiques ukrainiens et pourrait même présenter un risque de contagion aux pays de l'Otan, alerte le sénateur américain démocrate Mark Warner et président de la commission parlementaire sur le renseignement. Les géants de l'internet mondial ont annoncé des premières restrictions sur leurs services en Russie tandis que le milliardaire Elon Musk affirme avoir lancé son Internet par satellites hier soir, afin de permettre à l'Ukraine de rester connectée.

5 mn

(Crédits : Reuters)

Quatre jours après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les affrontements se multiplient dans le pays, de Kiev à Kharkiv, dans le nord-est de l'Etat. Si les images des bombardements terrestres et aériens sont impressionnantes, meurtriers et déstabilisent l'Ukraine qui résiste, un autre front, moins visible, alimente le conflit entre les deux puissances et font l'objet de mesures occidentales visant à étouffer la Russie : la bataille de l'Internet et ses différentes composantes : l'information, les infrastructures et les cyber-attaques qui menacent les systèmes informatiques ukrainiens.

A LIRE AUSSI | Une coupure d'Internet par la Russie : le cauchemar de l'Europe

Si pour le moment Internet fonctionne encore en Ukraine, "on sait que c'est très fragile et c'est la raison pour laquelle il faut avoir des infrastructures souveraines", a souligné le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, ce dimanche. Des attaques informatiques ont lieux contre l'Ukraine, notamment par déni de service distribuées pour paralyser les sites officiels du gouvernement.

Kiev demande aux Gafam de rompre avec Moscou

Samedi matin, le vice-Premier ministre ukrainien Mykhailo Fedorov avait interpellé le milliardaire Elon Musk sur le réseau social Twitter, lui demandant de fournir à l'Ukraine des stations Starlink. "Pendant que vous essayez de coloniser Mars, la Russie essaye d'occuper l'Ukraine ! Si vos fusées atterrissent avec succès depuis l'espace, des roquettes russes attaquent des civils ukrainiens ! Nous vous demandons de fournir à l'Ukraine des stations Starlink", a écrit le responsable ukrainien, en charge du secteur numérique.

En réponse, le patron de Tesla et Space X a affirmé samedi que son groupe avait activé le service Internet par satellite Starlink en Ukraine et que la société envoyait des équipements dans le pays. "Le service Starlink est maintenant en fonction. D'autres terminaux sont en route", a affirmé sur Twitter le patron de Tesla et du groupe astronaunique SpaceX.

Le responsable européen Thierry Breton a dit s'être "entretenu cette nuit [celle de samedi à dimanche] avec le vice-Premier ministre ukrainien, Mykhailo Fedorov, pour faire le point sur l'état de la situation informationnelle" en Ukraine. "Il m'a indiqué que c'est avec YouTube qu'il y avait le plus de problèmes aujourd'hui en matière de propagande" et "j'aurai un entretien dès cet après-midi avec la présidente de YouTube parce qu'il faut impérativement que les plateformes jouent leur rôle".

Depuis que Moscou a attaqué son voisin cette semaine, la nation assiégée a exhorté ces groupes, d'Apple à Google en passant par Netflix, à rompre leurs liens avec la Russie.

Des premières mesures de Google et Facebook

Ce dimanche, le géant américain de l'Internet Google a annoncé avoir "suspendu" la possibilité pour les médias financés par l'Etat russe de générer de l'argent sur ses différentes plateformes. "Nous surveillons activement les nouveaux développements et nous prendrons d'autres mesures si nécessaire", a ajouté le groupe. Cette décision fait suite à des mesures similaires prises par sa filiale YouTube. Quelques heures plus tôt, YouTube avait déjà annoncé qu'il empêcherait certaines chaînes russes de générer de l'argent via les vidéos diffusées sur sa plateforme.

"Nos équipes ont commencé à suspendre la possibilité pour certaines chaînes de générer des revenus sur YouTube, dont les chaînes de RT à l'échelle mondiale", a précisé le porte-parole, en faisant référence au média d'information financé par l'État russe. Sur YouTube, les chaînes gagnent de l'argent grâce aux publicités qui apparaissent lorsque les utilisateurs regardent leurs vidéos.

Vendredi, Facebook avait déjà annoncé qu'il interdisait aux médias d'État russes de diffuser des publicités et de monétiser leur activité sur sa plateforme. En réponse, le régulateur russe des communications entend limiter l'accès au réseau social s'il ne cesse pas de "censurer" des messages publiés par plusieurs médias d'Etat. Refusant de modifier sa politique, Facebook a interdit à ces médias de monétiser du contenu sur sa plate-forme.

Un sénateur américain alerte sur le risque de contagion des cyber-attaques russes

Le combat se mène également sur les infrastructures. Depuis plusieurs années, l'OTAN redoute que la Russie s'en prenne, un jour, aux câbles sous-marins, ces autoroutes de fibre optique reposant au fond des mers et qui assurent les communications intercontinentales. Or ces infrastructures sont essentielles pour l'Internet européen et le bon fonctionnement de son économie.

Alors que la Russie possède un arsenal cyber très développé, un responsable américain s'inquiète d'une escalade grave dans ce domaine, qui pourrait entrainer l'entrée des puissances occidentales dans le conflit.

Le sénateur démocrate Mark Warner et président de la commission parlementaire sur le renseignement, a mis en garde contre cette éventualité dans une interview à Axios le 24 février, repérée par le site français Numerama. L'élu note que l'escalade militaire entre la Russie et l'Ukraine, notamment dans le domaine cyber présente un risque de contagion aux autres pays. En effet, l'envoi d'un virus sur une cible pourrait se propager à l'Internet mondial et paralyser d'autres administration, estime l'élu.

"Les États ont conservé ces outils malveillants. Ils les ont stockés, tout comme nous, pendant des années. Si vous en lancez non pas un, mais cinq, ou 10, ou 50, ou 1 000 contre l'Ukraine, les chances que cela reste à l'intérieur de la frontière géographique ukrainienne sont assez faibles", a prévenu Mark Warner dans son échange avec le site américain.

Cette cyber attaque "pourrait se propager aux États-Unis, au Royaume-Uni, mais l'effet le plus probable sera la propagation à un territoire géographique adjacent comme la Pologne. On entre soudain dans une zone grise : quelle serait la réaction du peuple polonais ? Quelle serait la réaction de l'OTAN ? Quelle serait la réaction de l'Amérique ?", interroge l'élu.

5 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 2
à écrit le 27/02/2022 à 17:43
Signaler
A noter que l'embargo technologique est une vaste blague de Biden qui ménage la silicon valley notamment Intel. En effet, l'embargo empêche le fourniture de puces Intel à des fins militaires donc à destination de l'armée russe tandis que Poutine...

à écrit le 27/02/2022 à 14:58
Signaler
arpanet a ete cree precisemment pour continuer de fonctionner en cas de guerre, avec des trajets de paquets plus ou moins verifies ( selon qu'on est sous tcp ou udp).....pres c'est sur, les videos de chats sur facebook, c'est un autre probleme

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.