« A Paris, nous voulons que les gens entendent notre douleur, qu'ils comprennent combien c'est difficile, qu'on nous pose la main sur l'épaule pour nous signifier : nous sommes avec vous. » Vendredi soir, à l'occasion d'un entretien téléphonique qu'il nous accordé depuis Shamir, un kibboutz de Haute Galilée, Ishay Dan, l'oncle d'Ofer Kalderon, l'un des trois otages franco-israéliens - avec Orion Radoux Hernandez et Ohad Yahalomi- toujours détenus à Gaza, ne cachait pas sa lassitude. A l'issue de quatre mois de lutte effrénée, menée aux côtés des proches de quelque 130 otages (dont une centaine estimés en vie) encore détenus dans l'enclave palestinienne, cet homme de théâtre et thérapeute - dont la belle-sœur Carmela Dan, 80 ans, et sa petite-fille autiste, Noya, 12 ans, ont été assassinées le 7 octobre par le Hamas, au Kibboutz Nir Oz (frontalier de la bande de Gaza) - se préparait à reprendre son bâton de pèlerin.
Comme les autres membres d'une trentaine de familles franco-israéliennes, ayant perdu des proches lors des massacres commis par le Hamas, Ishay Dan s'envolera en début de semaine pour la France, afin d'assister à l'hommage national rendu aux victimes françaises du 7 octobre. Sa nièce Hadas Kalderon, l'épouse d'Ofer, ne sera pas du voyage. Ses plus jeunes enfants Erez (12 ans) et Sahar (16 ans), qui ont passé 52 jours en détention à Gaza et ont été relâchés fin novembre par le Hamas, lors d'une courte trêve militaire, « sont encore très affectés », précise Ishay Dan, et leur mère ne veut pas les laisser seuls. Comme les autres membres traumatisés du kibboutz Nir Oz, dont un tiers des résidents ont été soit massacrés, soit pris en otages, ils ont été relogés dans des immeubles résidentiels de la ville du sud de Kiryat Gat. « Sur ce plan, l'Etat hébreu a fait ce qu'il fallait pour prendre en charge ces réfugiés, ajoute-t-il, même si rien ne pourra jamais réparer ce qu'ils ont vécu ».