L'empire de Donald Trump, un château de cartes ?

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Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle aux Etats-Unis prétend produire les meilleurs steaks du monde, les Trump Steaks.
Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle aux Etats-Unis prétend produire les meilleurs steaks du monde, les "Trump Steaks". (Crédits : Youtube)
Le candidat républicain Donald Trump, devenu une figure incontournable des médias ces dernières semaines, ne cesse de faire parler de lui pour ses provocations et propos déplacés. S’il fonde sa légitimité sur son passé d’homme d’affaires, il traîne pourtant d’importantes casseroles derrière lui et tire surtout sa fortune de ses investissements immobiliers et de son émission de télé-réalité.

La confrontation est proche : dans la nuit de jeudi à vendredi 7 août, le premier débat entre candidats républicains sera diffusé sur la chaîne Fox News aux Etats-Unis. Contrairement à ses concurrents, Donald Trump n'a pas de bilan d'élu à son actif. L'homme de 69 ans se sert donc de ses succès entrepreneuriaux pour tenter de convaincre les américains.

C'est d'ailleurs de la "Trump Tower", un gratte-ciel de Manhattan construit à son nom, qu'il a fait son discours de lancement de campagne, avec pour slogan l'invective "Make America great again" (restaurer la grandeur de l'Amérique). Et pourtant, son empire compte aussi son lot de projets commerciaux avortés.

Un empire gonflé

Une bouteille de vodka, une marque de steaks, un jeu de société, des casinos, de l'eau, du parfum, une compagnie aérienne, un magazine, une université... Le magnat de l'immobilier n'a cessé d'utiliser son nom au cours de sa carrière pour lancer des projets commerciaux parfois absurdes, à la durée de vie très limitée.

Le candidat républicain détient par exemple trois casinos à Atlantic City qui ont déjà fait 4 fois faillite depuis les années 90. Il est aussi le créateur de Trump Airlines, une compagnie aérienne qui a fermé après 4 ans d'existence faute de clients. Par ailleurs, Donald Trump a été condamné par la justice américaine en 2013 à une amende de 40 millions de dollars (36 millions d'euros) pour avoir fondé une université sans accréditation de l'Etat.

Dans une déclaration de biens le 23 juillet 2015, l'homme annonçait occuper 515 fonctions et avoir 168 sources de revenus différentes. Sa fortune - qu'il estime à 10 milliards mais qui vaut 4 milliards (3,6 milliards d'euros) selon Forbes -, provient essentiellement de ses activités immobilières. En effet, Donald Trump détient 23 biens immobiliers, chacun d'une valeur supérieure à 50 millions de dollars (45 millions d'euros).

Cependant le candidat bénéficie aussi du monde du divertissement : créateur de l'émission de télé-réalité "The Apprentice" sur la chaîne NBC, il touche plus de 15 millions de dollars (13 millions d'euros) par épisode soit près de 214 millions de dollars par saison. Le concept fonctionne d'ailleurs si bien qu'il sera exporté à la rentrée prochaine sur la chaîne française M6.

L'étiquette du candidat inclassable

Connu pour son populisme et ses déclarations choc, Donald Trump a récemment déclaré que "les mexicains immigrés aux Etats-Unis sont trop souvent des violeurs et des criminels". Parmi les quelques propositions du candidat figure d'ailleurs la construction d'un mur entre la frontière Mexicaine et Etasunienne. Cependant, il est d'un des rares candidats républicains à défendre l'Obamacare, la réforme du système de santé opérée par l'actuel président.

Proche de Sarah Palin, la chef de file du Tea Party, le candidat républicain milite contre l'avortement et le contrôle des armes à feu. En 2012, lors de la précédente élection présidentielle, il soutenait activement Mitt Romney.

En tête dans les sondages, il est crédité de 24 % des intentions de vote, contre 13 % pour Scott Walker, selon un sondage WashingtonPost/ABC publié le 23 juillet. Donald Trump devra affronter 17 autres candidats pour les primaires républicaines, parmi lesquels Jeb Bush, Ted Cruz ou encore Mike Huckabee.

Des hommes qui ont tous une expérience politique significative, contrairement à Donald Trump qui devra convaincre une nation à partir de rien, ou, du moins, de nombreux échecs et une réussite dans l'immobilier. Pas sûr que cela suffise pour avoir l'étoffe du président des Etats-Unis.

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a écrit le 08/08/2015 à 17:02 :
donald trump comme représentant des républicains c'est comme une cerise sur un gâteau
il semble avoir tous les défauts nécessaires!!!!
a écrit le 08/08/2015 à 0:22 :
Et Obama avait quoi comme expérience ? Rien!
Je pense que Trump est largement plus qualifié.
a écrit le 07/08/2015 à 0:45 :
A ajouter à la liste des marronniers journalistiques français : décortiquer les moindres faits et gestes des divers candidats à l'élection présidentielle US (dont tout le monde se fout ici !). Période de déclenchement : jusqu'à deux ans avant la fameuse élection...
a écrit le 06/08/2015 à 21:27 :
Donald Trump en bonne compagnie de Jeb Bush, Ted Cruz entre autres soutiens du Tea Party de Sarah Palin. La représentation détestée de l'Amérique par des conservateurs puritains, populistes,va-t-en-guerre, pro NRA, pro-life, "America first", néo-libéraux jusqu'à la damnation. Des apprentis sorciers bien capables de conduire le Monde au bord de l'apocalypse. De quoi renforcer mon antiaméricanisme primaire.
Réponse de le 07/08/2015 à 4:51 :
Perso j'aimerai bien l'équivalent de la NRA en France.

Sinon même si l'empire trump est "gonflé", il a quand même un empire enviable, il faut savoir échouer, perdre, se casser la gueule pour réussir...

C'est prendre des risques...

Surement une notion étrangère pour certaines personnes à l'abri...
a écrit le 06/08/2015 à 21:12 :
et la faillite de F. Hollande coutera combien ..? le pire ....c'est qu'il n'a rien investi....!
Réponse de le 08/08/2015 à 12:37 :
L'acharnement des médias à vouloir protéger vaille que vaille le pouvoir Hollande nonobstant les erreurs de stratégie me rend malheureux
a écrit le 06/08/2015 à 20:02 :
merci de rappeler le nombre de faillites, on oublie souvent ca, les gens qui laissent les ardoises aux autres, puis recommencent une danse grace a leurs reseaux
a écrit le 06/08/2015 à 19:34 :
Ce qui compte aujourd'hui pour êre élu, c'est une bonne com et Donald est un expert en la matière :-)
a écrit le 06/08/2015 à 18:06 :
Peut il etre pire que Sarko ou Hollande????
a écrit le 06/08/2015 à 17:54 :
Chateau de cartes... Franchement , faut revoir votre titre ! La vie entrepreneuriale est faite d'échecs et de succès ce que l'on a du mal à voir en France ... Son bilan est positif .. Je ne cautionne pas ses propos mais il a plus apporté à l'économie américaine que l'ensemble de la classe politique did ce pays ! Tous bords confondus ... Et de ces sénateurs tous millionnaires sur le dos des bons contribuables américains
a écrit le 06/08/2015 à 17:44 :
Un château de carte, probablement, tout comme tous les "empires" équivalents. Plus près de chez nous, voyez l'ascension irrésistible de M. Patrick Drahi. Tous ces aventuriers sont totalement dépendants des financiers qui dictent leurs conditions. C'était déjà vrai d'un industriel comme Henri Ford, au début du siècle dernier.

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