Le « village global » frappé par la guerre en Ukraine

Marc Endeweld
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C'est un étrange enchaînement. Cette semaine, deux événements pourtant situés à des milliers de kilomètres de distance se sont littéralement percutés. Alors que les dirigeants des vingt plus grandes économies du monde étaient réunis à Bali en Indonésie pour le G20 (sans Vladimir Poutine), ces derniers ont dû se résoudre dans l'urgence à se pencher sur la guerre en Ukraine, du fait d'explosions survenues en Pologne causées par des tirs de dispositifs anti missiles ukrainiens.
Dans les heures qui ont suivi, la panique a gagné les chancelleries et les militaires de l'OTAN : car, pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, il ne faisait aucun doute que ces explosions étaient le résultat de frappes russes. Les médias occidentaux ont alors embrayé sur les paroles du chef d'État ukrainien, accréditant une éventuelle agression russe d'un pays membre de l'OTAN. Sur les plateaux de télévision, certains commentateurs appelaient déjà les Américains et les Européens à répliquer avec la plus grande sévérité. L'article 5 de l'OTAN, qui consacre le principe de défense collective de l'Alliance, est alors évoqué. On parle déjà du spectre déjà d'une « guerre mondiale ».
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Par le passé, des conflits mondiaux ont démarré sur de tels événements. On se souvient encore du rôle de l'attentat de Sarajevo, l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, dans le déclenchement de la Première guerre mondiale. Dans notre société monde du tout médiatique, la tension était donc à son comble mardi soir. Les premiers retours factuels n'allaient pourtant pas dans le sens des déclarations ukrainiennes. La presse américaine, notamment la prestigieuse agence Associated Press, cita rapidement trois sources officielles américaines expliquant qu'il ne s'agissait pas de projectiles tirés par les forces russes. Le président polonais, Andrzej Duda, est intervenu devant les caméras expliquant, tout en reconnaissant qu'il s'agissait de missiles « de fabrication russe », qu'il lui était impossible d'affirmer qui les avaient tirés, et qu'il s'agissait d'un épisode « ponctuel ». Car, ne l'oublions pas, les forces ukrainiennes utilisent du matériel de guerre russe (et pas uniquement américain...) pour se défendre face aux forces de Moscou. L'Elysée appela alors à « la prudence ». Bref, il était urgent de temporiser après les déclarations tonitruantes du président ukrainien. Et le lendemain matin, les déclarations officielles de l'OTAN et de Washington mirent définitivement fin au doute : il s'agissait bien d'un accident, provoqué par des dispositifs anti-missiles utilisés par l'armée ukrainienne. Et pourtant : malgré ces déclarations sans ambiguïté, le président Zelensky persiste et signe, réclamant que des enquêteurs ukrainiens puissent accéder au site polonais où eurent lieu les explosions (qui firent deux morts).
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