Londres prend les rênes de la lutte contre la corruption

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La légitimité de David Cameron sur ce dossier a néanmoins été mise en cause par le scandale des Panama Papers, le Premier ministre britannique ayant dû admettre qu'il avait détenu des parts dans la société offshore de son père décédé en 2010.
La légitimité de David Cameron sur ce dossier a néanmoins été mise en cause par le scandale des "Panama Papers", le Premier ministre britannique ayant dû admettre qu'il avait détenu des parts dans la société offshore de son père décédé en 2010. (Crédits : Reuters)
Un sommet international réunissant quelque cinquante pays doit se tenir ce jeudi à Londres, sous l'impulsion de David Cameron, qui compte aboutir à la signature d'une déclaration commune. Le Premier ministre britannique a profité de l'occasion pour annoncer des mesures contre l'investissement de sociétés off-shore dans l'immobilier, au Royaume-Uni.

Le sommet est censé représenter l'aboutissement des efforts de David Cameron, qui a mis la lutte contre la corruption au cœur de son programme international depuis 2013. Cinquante États se réuniront ce jeudi 12 mai à Londres, afin de souscrire une déclaration promettant de nouvelles actions contre ce fléau qui, selon un rapport publié mercredi par le Fonds monétaire international, engloutit chaque année 2% de la richesse mondiale.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, ainsi qu'un vice ministre russe des Affaires étrangères seront présents, tout comme les présidents de l'Afghanistan et celui du Nigeria, pays que David Cameron a qualifié mardi devant la reine Elizabeth -- dans une vidéo enregistrée par la télévision britannique ITV -- de parmi "les plus corrompus du monde", pour ensuite essayer de se rattraper en déclarant que les deux dirigeants "avaient fait des efforts remarquables" pour combattre ce phénomène.

44.000 logements détenus à Londres par des sociétés off-shore

Le Premier ministre britannique a saisi l'occasion pour annoncer, dans un communiqué publié quelques heures avant l'ouverture du sommet, une série de mesures censées faire du Royaume-Uni le modèle de cette lutte. Les sociétés étrangères possédant ou voulant acheter des biens immobiliers en Grande-Bretagne devront notamment désormais divulguer le nom du véritable propriétaire dans un registre.

"Le nouveau registre pour les entreprises étrangères signifie que les individus et les pays corrompus ne pourront plus transférer, blanchir et cacher des fonds illicites à travers le marché immobilier londonien, et ne bénéficieront pas de fonds publics".

Quelque 100.000 logements en Angleterre et au Pays de Galles, dont 44.000 rien qu'à Londres, sont actuellement détenus par des sociétés offshore sans qu'on ne connaisse l'identité réelle de leur bénéficiaire, explique le communiqué du gouvernement britannique. Selon l'association Transparency International, citée par L'Express, entre 2004 et 2014, des biens immobiliers d'une valeur totale de 180 millions de livres ont été visés par des enquêtes de la police pour corruption: et il ne s'agirait là que "de la partie émergée de l'iceberg".

 16.000 entités au propriétaire inconnu en France

"La France, les Pays-Bas, le Nigeria et l'Afghanistan suivront le modèle du Royaume-Uni et  s'engageront à lancer" de tels registres, affirme par ailleurs le communiqué du Premier ministre britannique.

"L'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Jordanie, l'Indonésie, l'Irlande et la Géorgie accepteront de faire les premiers pas vers des mesures similaires".

Un décret instituant ce registre a été publié mercredi en France, rappelle L'Express. Il doit regrouper "16.000 entités aujourd'hui en France dont le public ne connaît pas les propriétaires ou les bénéficiaires", a précisé le ministre des Finances français Michel Sapin.

Un Centre de coordination internationale établi à Londres

Le Royaume-Uni créera également le premier Centre de coordination internationale anticorruption, en partenariat avec les États-Unis, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Suisse et Interpol, a déclaré David Cameron. Il aura son siège à Londres et pour mission d'aider la coopération entre les diverses autorités nationales.

La légitimité de David Cameron sur ce dossier a néanmoins été mise en cause par le scandale des "Panama Papers", le Premier ministre britannique ayant dû admettre qu'il avait détenu des parts dans la société offshore de son père décédé en 2010.

Lire: Panama Papers : Cameron dit qu'il "aurait dû mieux gérer cette affaire"

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Commentaires
a écrit le 17/05/2016 à 22:41 :
Le royaume des rosbifs le paradis de le corruption , les milliards d'argent sale qui font les beaux jours d'al Camerone ,comme a Chicago au bon temps de la prohibition , .......
a écrit le 12/05/2016 à 20:13 :
La meilleure défense, c'est l'attaque, mais son discours ressemble un peu à « mon ennemi, c'est la finance » :-)
a écrit le 12/05/2016 à 18:41 :
C'est une blague, Londres est la ville la plus corrompu du monde !
a écrit le 12/05/2016 à 17:18 :
et il a été élu par qui cameron? C'est l'homme de paille du lobby financier qui parle de guerre contre la corruption? il fait dans le comique?
a écrit le 12/05/2016 à 10:09 :
je trouve particulièrement savoureux que celui qui est à l'initiative de cette opération "mains propres" soit celui qui avait quelques économies placées au Panama. Je retiens donc pour l'instant le côté communication de la procédure. Quant aux résultats, il vaut mieux attendre et rester très circonspect. On nous a tellement raconté de "salade" pour amadouer l'opinion publique que le doute est forcément présent.

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