Moscou a prévu de doubler l'américain SpaceX et vise la conquête de Vénus

 |  | 545 mots
Lecture 3 min.
(Crédits : Reuters)
Bousculée par les avancées de la société d'Elon Musk, Roskosmos promet mieux. L'agence spatiale russe veut développer une fusée au méthane réutilisable plus de 100 fois.

L'agence spatiale russe Roskosmos, malmenée par la concurrence de la société SpaceX d'Elon Musk, a annoncé vendredi qu'elle envisageait de ramener des échantillons du sol de Vénus et de développer un engin spatial réutilisable pour une centaine de lancements. Le procédé de fusées réutilisables a été créé et utilisé par la firme américaine dès 2017 avec le lancement de la Falcon 9.

"Pour remplacer l'actuel fusée Soyouz-2, nous élaborons une fusée au méthane. Elle sera développée dès le départ comme un ensemble réutilisable. Pas semi-réutilisable comme chez Space-X, mais réutilisable, le premier étage sera réutilisable plus d'une centaine de fois", a affirmé le patron de Roskosmos, Dmitri Rogozine dans un entretien à l'agence Ria Novosti.

Lire aussi : La capsule de SpaceX s'est bien amarrée à l'ISS

SpaceX vient de réussir son premier lancement et retour sur Terre d'un vaisseau Crew Dragon avec deux astronautes à bord pour le compte de la Nasa. Comme la Falcon 9, la capsule habitable est partiellement réutilisable, de quoi réduire les coûts.

"Nos ingénieurs (...) ne veulent pas répéter ce que leurs collègues de SpaceX font, mais les surpasser", a ajouté M. Rogozine. Il a par ailleurs moqué l'amerrissage "grossier" de Crew Dragon, estimant que seule une arrivée sur la "terre ferme" est "comme il faut", utilisant l'expression française.

Musk cible Mars, Rogozine Vénus

L'entreprise du milliardaire Elon Musk, qui a pour ambition de coloniser Mars un jour, a porté un coup au secteur spatial russe, déjà miné par les scandales et la corruption, en mettant fin au monopole des vols habités vers la Station spatiale internationale, détenu pendant près de dix ans par Moscou.

Autre priorité russe, selon M. Rogozine, retourner sur Vénus, planète où seules des sondes soviétiques se sont posées. L'objectif serait d'en ramener des échantillons et d'étudier et comprendre son atmosphère où l'effet de serre est considérable, à l'heure où la Terre est menacée par le changement climatique.

"Vénus est plus intéressante que Mars (...) si nous n'y comprenons pas les processus (climatiques), comment comprendre, comment empêcher une tel scénario sur notre planète?", a dit le chef de Roskosmos.

Selon lui, il ne faut pas se contenter "de poser un appareil sur Vénus mais aussi ramener des échantillons de son sol sur Terre. Ce serait une vraie percée". "Nous savons comment le faire", a soutenu M. Rogozine.

Il a jugé préférable d'agir "indépendamment" plutôt que dans le cadre d'une coopération avec les Etats-Unis.

Bémol, Dmitri Rogozine a cependant relevé que les coupes budgétaires menacent ses ambitions. Le ministère des Finances prévoit de réduire de 60 milliards de roubles (690 millions d'euros) le budget spatial russe, ce qui s'ajoute à des coupes précédentes plus importantes encore. "Je ne comprends pas comment on pourrait travailler dans de telles conditions", a déclaré M. Rogozine, relevant que "le montant final ne peut être déterminé que par le président" Vladimir Poutine.

Lire aussi : SpaceX/Russie : la guerre des déclarations entre Dmitri Rogozine et Elon Musk

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/08/2020 à 16:23 :
Apparemment en russie, le ridicule ne tue pas..
a écrit le 09/08/2020 à 11:24 :
Il me semble qu'un lanceur entièrement réutilisable sur la base de moteur utilisant du méthane comme carburant correspond au concept du Starship dèjà en cours de développement chez SpaceX. Les Russes et Etats-Uniens considèrent donc que c'est le concept le plus prometteur, d'où la "course". Que faisons-nous en Europe ?
a écrit le 08/08/2020 à 23:11 :
Paroles, paroles, paroles, encore des paroles...
C'est bien, c'est la méthode Poutine pour son public. Dire qu'ils sont les meilleurs, promettre la grandeur de la Grande Russie.
Au final, le pays s'enfonce, et à part dans le domaine militaire, on ne voir rien de bien intéressant sortir de ce pays...
Réponse de le 09/08/2020 à 8:12 :
Oui, ça rappel beaucoup la france... "à part dans le domaine militaire, on ne voir rien de bien intéressant sortir de ce pays", j'en veux pour preuve le deficit commercial gigantesque et creusant chaque jour un peu plus ayant trouvé le fond....

Arianespace est bien placé pour observer, commenter les déboires russes vis à vis des americains, étant impactés de la meme façon...

C'est marrant cette capacité à voir tous les défauts des autres et être completement aveugles aux siennes propre...
a écrit le 08/08/2020 à 11:09 :
Comme si les Russes avaient encore le moyen de leur ambition...
Réponse de le 09/08/2020 à 5:58 :
On sait ce que veulent faire les russes dans l'espace. Et aussi la banlieue spatiale de la terre. Objet destructeur de satellites, armes laser, autres ? La Russie veut elle retourner sur mars ? Sur vénus ? Développement des armements spatiaux pour attaquer les usa ou l'Europe ?
a écrit le 08/08/2020 à 9:44 :
Explorer le mont de Vénus est tout de même plus attirant que se frigorifier sur Mars...
Pour être encore plus dans le sens de l'aménagement durable , je propose que le méthane censé propulser la fusée réutilisable soit issue du météorisme , sans distinction d'origine sociale,ethnique, nationale ou autre.La France pourrait lancer une collecte de méthane en région productrice du cassoulet.Cela serait aussi de nature à favoriser le partenariat franco-russe.
Réponse de le 08/08/2020 à 13:19 :
Je ne comprends pas comment on peut laisser ennoyer tant de ressource pour explorer pour rien (juste pour dire c'est nous qui l’avons fait...), on manque cruellement de ressources, matières rare... et là on va envoyer des fusées sur d’autres planète et perdre définitivement ces ressources pour notre planète?
a écrit le 08/08/2020 à 9:08 :
La Russie a surpris beaucoup de monde avec sa modernisation militaire plutôt réussie, aussi côté doctrine que technologique. Cela a été éprouvé en Syrie et Ukraine.
Néanmoins il y a eu des nombreux échecs. Sans compter les échecs de la décennie précédente : supeejet100, retard et imprécision sur glosnass, problème de qualité sur les fusée soyouz...
J'ai du mal à imaginer, même avec un espionage industriel, la Russie capable de faire mieux que les US. Il est souvent possible de faire aussi bien que les USA avec 10x moins de budget, car les américains sont toujours dans la démesuré des dépenses. Mais le rapport est plutôt 20 ou 30.
Enfin cela ne présage rien de bon pour l'avenir.
Réponse de le 09/08/2020 à 8:06 :
C'est ce qui se dit tout le temps, les USA sont inefficace.
C'est un mensonge entretenu par les derniers de la classe qui cherchent des poux au leader..
Si les USA dépensent plus c'est par ce que ce sont les pionniers, les découvreurs, ils essuyent les platres comme on dit... les autres arrivant toujours après bénéficie des déboires des US qui sont infestés d'européens (sic) américanisés, de diaspora communautaires, qui renseignent l'ancien monde sur les voies de garage à ne pas prendre.
a écrit le 08/08/2020 à 8:09 :
J'avais cru comprendre que la fin du bloc soviétique était due à la concurrence dans le domaine spatial militaire que la Russie ne pouvait plus suivre. Quel sera le résultat de cette nouvelle guerre, que Poutine ne peut que perdre?
Réponse de le 08/08/2020 à 13:53 :
J'ai toujours pensé que le rôle de Reagan dans la fin de la guerre froide avec son bouclier antimissile avait été franchement exagérée. A l'époque l'URSS était gangrenée par la corruption, la bureaucratie, le poid de l'armée dans le PIB, la mise au pas de l'Europe de l'est. Sur le plan symbolique la catastrophe de Tchernobyl avait déjà franchement démoli le prestige de l'URSS. Or malg
a écrit le 07/08/2020 à 18:27 :
Encore une promesse, et si tout le monde s'y met maintenant... -_-
a écrit le 07/08/2020 à 16:45 :
Au Méthane ? Mais que voilà une excellent idée qui permettra d'une pierre deux coups vu les réserves monumentales que le sous-col sibérien recèle. Il y a juste à attendre le réchauffement climatique pour remplir les réservoirs, mais il ne saurait tarder.
Réponse de le 07/08/2020 à 18:37 :
le gaz que les russes vendent, c'est pas déjà du méthane ? Le pipeline que Trump veut torpiller (il faut plutôt acheter le méthane US, deux fois plus cher vu les frais, liquéfaction, transport par méthanier, etc) c'est pour l'acheminer (surtout en Allemagne ? Sais plus). On en reçoit déjà par un autre tuyau.
Ah zut, ça va faire baisser la pression dans le pipeline, s'ils mettent tout dans leurs fusées. :-) Russia First ! :-)
a écrit le 07/08/2020 à 16:40 :
Ds l'escalade des dépenses inutiles, on est comblé entre l'US le champion et ses 2 challenger, la Chine et la Russie.
La phrase historique prémonitoire de feu Chirac au congrès de Johannesburg en 2002, nous revient plein pot en boomerang
Réponse de le 09/08/2020 à 11:09 :
Plus serieursement. la russie n'est en rien un challengeur credible des USA ou alors l'Espagne l'est aussi.
Réponse de le 10/08/2020 à 14:41 :
Tout ne résume pas à un PIB,la Russie à des possibilités que l'Espagne n'a pas.
L'Espagne comparé à la Russie sur le PIB,c'est pareil,pourtant sur le plan technologique ou industriel,l'Espagne est inexistante face à la Russie.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :