Regain de tensions entre les deux Corées : Pyongyang rompt un accord militaire avec Séoul
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La situation s'envenime entre les deux Corées. Pyongyang a annoncé mercredi 22 novembre qu'elles suspendaient un accord bilatéral signé en 2018 pour réduire les tensions militaires à la frontière, en créant notamment des « zones tampon » maritimes.
Selon l'agence officielle nord-coréenne, KCNA, Pyongyang « ne sera plus jamais liée » par cet accord « réduit depuis longtemps à un vulgaire bout de papier », a affirmé le ministère dans un communiqué.
Une déclaration qui fait suite à celle de la Corée du Sud qui avait annoncé, dans la même journée, la suspension partielle de cet accord militaire et a immédiatement déployé des « moyens de surveillance et de reconnaissance » à cette frontière. Mais un porte-parole du gouvernement sud-coréen avait indiqué à l'AFP que Séoul n'avait pas pu notifier directement à Pyongyang la suspension de cet accord, car « les lignes de communication avec la Corée du Nord sont coupées ».
A l'origine de ce regain de tension entre les deux pays, le lancement, mardi 21 septembre, d'un satellite espion par Pyongyang. Selon les experts, la mise en orbite réussie d'un satellite espion améliorerait les capacités de collecte de renseignements de la Corée du Nord, en particulier au-dessus de la Corée du Sud, et fournirait des données cruciales en cas de conflit militaire. Après deux échecs en mai et en août, une fusée a décollé mardi de Corée du Nord et a placé en orbite le satellite d'observation militaire « Malligyong-1 », selon les médias d'Etat.
Sauf que la lancement a eu lieu en violation des résolutions de l'ONU qui interdisent à Pyongyang de se servir de technologies de missiles balistiques. Il a été condamné par la Corée du Sud, le Japon, les Etats-Unis et les Nations unies. Le lancement du satellite a également été condamné par les Etats-Unis, le Japon et les Nations unies. Quelques minutes après la mise à feu, le Japon a réagi. « Nous avons déjà fermement protesté contre la Corée du Nord, et nous avons condamné (ce lancement) avec la plus grande fermeté », a déclaré Fumio Kishida depuis son bureau à Tokyo. Tokyo a même pressé les habitants d'Okinawa de se mettre à l'abri après le tir en prévention d'un crash ou d'une explosion à proximité des côtes. « Pour le moment, nous attendons de savoir s'il y a eu des dégâts. Et même s'ils appellent cela un satellite, le lancement d'un objet qui utilise la technologie des missiles balistiques est clairement une violation des résolutions des Nations Unies », a mis en avant le Premier ministre.
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De son côté, en réponse à l'action de Pyongyang, la Corée du Sud prévoit pour sa part de lancer son premier satellite espion, via une fusée SpaceX, dans le courant du mois de novembre.
Les relations diplomatiques entre la Corée du Nord et ses voisins alliés des Etats-Unis sont d'autant plus diminuées que Pyongyang s'est récemment rapproché de la Russie. Ce lancement intervient, en effet, alors que le président russe Vladimir Poutine a suggéré en septembre, après une rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, que son pays pourrait aider Pyongyang à construire des satellites. Le Service de renseignement national sud-coréen a confirmé qu'« après le sommet » entre le président russe Vladimir Poutine et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un en septembre, « le Nord a fourni à Moscou le plan et les données concernant les premier et deuxième lancements de satellites. La Russie a, à son tour, analysé ces données et communiqué au Nord des retours », a soutenu l'agence devant des législateurs, d'après un briefing du député Yoo Sang-bum.
Séoul et Washington ont par la suite affirmé que Pyongyang expédiait des armes à la Russie, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken avertissant que les liens militaires entre la Corée du Nord et la Russie étaient « de plus en plus nombreux et dangereux ». Début novembre, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken avait également dénoncé les liens militaires « croissants et dangereux » entre Pyongyang et Moscou, à l'issue d'une visite en Corée du Sud.
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Forte de cette nouvelle amitié, la Corée du Nord montre les muscles et a procédé cette année à un nombre record d'essais de missiles, en dépit des sanctions internationales et des mises en garde des Etats-Unis, de la Corée du Sud et de leurs alliés. Elle a également déclaré « irréversible » son statut de puissance nucléaire. La semaine dernière, Pyongyang a annoncé avoir effectué avec succès des essais au sol d'un « nouveau type » de moteur à combustible solide pour ses missiles balistiques à portée intermédiaire (IRBM) interdits, les qualifiant d'étape cruciale dans « le contexte grave et instable en matière de sécurité ».
(Avec AFP)
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