Syrie : la guerre a coûté 35 milliards aux pays et à ses voisins

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Alep, au nord de la Syrie, a été l'une des villes les plus touchées par les destructions, cumulant à elle seule près de 40% des dommages.
Alep, au nord de la Syrie, a été l'une des villes les plus touchées par les destructions, cumulant à elle seule près de 40% des dommages. (Crédits : Abdalrhman Ismail/Reuters)
Le chiffre, issu des estimations de la Banque mondiale, représente la perte de production causée par le conflit syrien, en Syrie, mais aussi dans les pays de la région, comme la Turquie, le Liban, la Jordanie, l'Egypte et l'Irak.

C'est un chiffre qui devra être réévalué à la hausse d'ici la fin du conflit, prévient la Banque mondiale. Selon des estimations publiées jeudi 4 février par l'agence spécialisée de l'ONU, le coût économique de la guerre en Syrie et de ses retombées dans les pays de la région s'est chiffré à 35 milliards de dollars à la fin de l'année 2014. Cette somme représente le manque à gagner en production, subi par la Syrie, la Turquie, le Liban, la Jordanie, l'Egypte, et l'Irak, frappés plus ou moins directement par la guerre.

Calculé sur la base des prix de 2007 en Syrie, ce chiffre est équivalent à celui du PIB du pays durant cette même année. L'estimation, dévoilée dans un rapport trimestriel sur le Moyen-Orient, est publiée le jour même où la communauté internationale s'est engagée à Londres à débloquer plus de 10 milliards de dollars d'ici à 2020 pour aider les Syriens. Elle ne prend pas en compte les ressources allouées par les pays voisins de la Syrie pour fournir les services de base aux réfugiés qui ont afflué notamment au Liban et en Jordanie, selon la Banque mondiale.

Depuis le début de la guerre civile syrienne en mars 2011, 260.000 personnes ont perdu la vie.

40% des dommages concentrés à Alep

En plus de l'impact régional de la guerre, la Banque Mondiale détaille le coût des dommages dans six villes du pays (Alep, Dar'a, Hama, Homs, Idlib et Lattaquié), estimé à une somme totale comprise entre 3,6 à 4,5 milliards de dollars. Alep, située au nord de la Syrie, est de loin la ville la plus durement touchée à ce jour, concentrant à elle seule 40% des dommages.

La Grande mosquée d'Alep (Syrie) en 2013 et en 2010

La Grande mosquée d'Alep en 2013 et en 2010. Crédits : Reuters. Montage : La Tribune.

La Banque mondiale estime que parmi tous les secteurs affectés par le conflit, le logement est le plus lourdement impacté, totalisant plus de 65% du total des dégâts. Les auteurs de l'évaluation alertent aussi sur la situation désastreuse du système éducatif (près de 15% des établissements scolaires endommagés) ou de la santé, avec un tiers des infrastructures (hôpitaux, pharmacies...) partiellement ou totalement détruites.

| Lire En Syrie, l'économie s'écroule, les taxes s'envolent

Intense pression budgétaire sur le Liban

Les pays voisins de la Syrie sont, eux, confrontés à une "pression budgétaire immense" alors que leur économie était déjà sous tension, indique la Banque qui chiffre à 2,5 milliards de dollars par an le coût des réfugiés pour le seul Liban.

Par ailleurs, "le chômage est élevé parmi les réfugiés, note l'institution, spécialement pour les femmes, et ceux qui travaillent sont souvent employés dans le secteur informel, sans protection", a souligné Shanta Devarajan, le chef économiste de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient.

Un "règlement de paix" en Syrie, en Irak, en Libye et au Yémen pourrait notamment entraîner, selon la Banque mondiale. Elle estime qu'"un rapide rebond de la production et des exportations pétrolières" permettrait à ces pays de disposer d'un plus grand volant budgétaire et, à terme, de stimuler la croissance économique à moyen terme.

 (Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 06/02/2016 à 14:31 :
On a aussi ce que l'on sème, la bonne mauvaise idée a été de s'interposer dans les régimes dictatoriaux sans rien y comprendre.
La souveraineté même d'un pays sous dictature si elle ne menace pas directement un autre pays ne doit pas être attaquée directement militairement. Bien souvent chaque pays a le régime qu'il mérite même si c'est difficile à admettre, et même si la colonisation dont les pays occidentaux sont les responsables a historiquement une part de responsabilité.
Des relations diplomatiques adaptées et limitées appropriées avec chaque pays sont suffisantes et peuvent monter la direction à ces pays, voir l'URSS, Cuba dont les régimes fianalement isolés sont tombés.
a écrit le 06/02/2016 à 12:41 :
CE QU IL NE DISENT PAS C EST COMBIEN A RAPORTE LES VENTES D ARMES A CEUX QUI ONT ARMES TOUS CES PEUPLES EN GUERRE? ET COMBIEN VAS LEURS RAPORTEZ LES RECONSTRUCTIONS ? DEJA ILS EN A QUI SE FROTENT LES MAINS EN Y PENSENT? CAR LES GUERRES SONT DES GRANDS MARCHES COMMERCIAUX???
a écrit le 05/02/2016 à 15:44 :
Une faute dès le titre, vivement la réforme de la langue !

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